Fièvre catarrhale ovine : Une embellie commerciale malgré tout temporaire...

Patricia Olivieri

Fièvre catarrhale ovine : Une embellie commerciale malgré tout temporaire...

La dérogation accordée par l'Italie a permis l'export des premiers broutards, mais la situation est bien loin d'être rétablie pour les éleveurs comme les négociants.

La réouverture des frontières italiennes aux premiers broutards vaccinés aurait dû apporter une bouffée d'oxygène aux marchands de bestiaux positionnés à l'export qui ont subi près de trois mois d'inactivité forcée. Mais visiblement, à l'intonation de Jean-Luc Lacombe, tout n'est pas si simple, le marché risquant fort d'être déstabilisé pendant quelque temps. “Nous avons commencé les premiers chargements le 20 mai mais avec seulement 580 broutards pour une semaine, contre 1 500 la dernière semaine d'activité en février”, déplore le directeur de la SAS Parma Lacombe. Pourtant, comme il fallait s'y attendre, la demande est bien présente côté transalpin, avec des “prix qui grimpent” pour des animaux âgés désormais de 11 à 17 mois, soit deux de plus que ceux exportés en temps normal.

Des cours artificiels

Une hausse des cours marquée mais anormale, qui inquiète l'exportateur : “Alors que les cours se tenaient autour de 13,5 - 14 F au début de la réouverture (contre 12,5 F avant la décision italienne), deux jours après, ils atteignaient 14,5 voir 15 F pour les croisés charolais-salers”. Un franc supplémentaire au kilo que le négociant explique par le refus réitéré en milieu de semaine dernière par Rome de prolonger au-delà du 30 avril la date butoir d'application de la dérogation accordée mi-mai. “Tout le monde s'est laissé déborder. On pensait vraiment que l'Italie allait accorder cette prolongation. Cela s'est aussitôt ressenti sur les prix, qui sont complètement artificiels”, analyse Jean-Luc Lacombe qui estime que les cours devraient retomber en juillet quand le plus gros des broutards arriveront sur le marché. Selon lui, le retour à une stabilité du marché prendra du temps et pour l'heure cette fenêtre commerciale n'est que peau de chagrin après onze semaines sans activité durant lesquelles le chômage technique a été de mise.

« Encore deux à trois semaines creuses »

D'autant que les indemnisations prévues par les pouvoirs publics sur 2007 n'ont toujours pas été formalisées. “Le ministère s'est mis le doigt dans l'oeil en pensant que la dérogation avec l'Italie permettrait de relancer rapidement le commerce. Dans les faits, les rumeurs ont fait que tout le monde ne s'est pas rué sur le vaccin et que nous allons encore au devant de deux à trois semaines creuses”, constate, amer, le négociant. Comme le revendiquent les éleveurs, il espère, qui sait, que les autorités italiennes reviennent à de meilleurs dispositions ou que la France accélère la livraison des doses vaccinales pour débloquer au plus vite les broutards. Une requête entendue, semble-t-il, par le ministère de l'Agriculture, qui annonçait quelques jours plus tard une augmentation du nombre de doses, devant permettre de vacciner tous les broutard(e)s dès leurs cinq mois.

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