Filière AOP cantal : Les premiers contrôles sont lancés

R. Saint-André

Le président et le personnel du Cif vont à la rencontre des producteurs de lait inscrits dans la démarche AOP cantal pour présenter les nouveautés 2010.

Aux quatre coins du département et des départements limitrophes, le Cif organise une série de rencontres avec les producteurs de lait. L'occasion pour le président Michel Lacoste de retracer un rapide historique et de refaire le point sur le dernier décret en date. Pour entrer dans la démarche AOP cantal, il faut que chaque acteur de la filière se conforme à un cahier des charges. Naturellement, cela va de paire avec des contrôles visant la régularité, chez les affineurs, chez les transformateurs et bien sûr chez les éleveurs. C'est ce pan que développe, lors des réunions du Cif, Céline Gutierrez, chargée de la coordination au sein du service technique. Ces contrôles, qui auraient dû démarrer en 2008, ne sont effectifs que depuis le début de l'année 2010. Conformément au décret, il revient à chacun d'apporter la preuve d'un lait conforme à l'AOP. Sur les 3 000 producteurs installés sur la zone cantal, 2 200 sont engagés. Ils entrent de fait dans un plan de surveillance à trois niveaux.

Trois niveaux de contrôle

D'abord, l'auto-contrôle qui consiste à être en cohérence avec les critères du cahier des charges, en rapprochant des éléments comme les déclarations Pac, la tenue d'un registre bovins, etc. Ensuite, un contrôle interne, pratiqué par l'ODG qui vérifie l'autocontrôle et, le cas échéant, peut proposer un plan de progrès - 600 visites sont annoncées sur six mois - Enfin, un contrôle externe, qui concernera environ 5 % de la production annuelle (soit une autre centaine d'exploitations), sera réalisé par Aucert. “Vingt-neuf points sont à maîtriser”, souligne Céline Gutierrez. “En cas de contrôle sur site, il faut fournir : le registre d'alimentation, le carnet de pâturage, les quantités de fourrages récoltés et/ou achetés. Tout écart entraîne un traitement du manquement selon une grille qui prend en compte trois niveaux de gravité : mineur, majeur ou grave”. La technicienne illustre son propos de quelques exemples. La quantité d'aliments complémentaires ne doit pas excéder 1 800 kg bruts par vache laitière et par an. Jusqu'à 2 000 kg, c'est un avertissement ; entre 2 000 kg et 2 100 kg, cela entraînera forcément un second contrôle ; au- delà de 2 100 kg, l'éleveur risque une suspension.

De la plus-value en contrepartie

“Il n'est pas question de jouer les gendarmes, mais plutôt d'encourager les producteurs à être dans les clous”, tempère Michel Lacoste. “Une nécessité pour respecter l'engagement pris vis-à-vis du consommateur et pour l'équité entre producteurs”. Prévenus une semaine à l'avance d'un contrôle chez eux, certains producteurs ont d'ores et déjà préféré sortir de la démarche, sûrs qu'ils ne parviendraient pas à respecter tous les points. En contre partie d'un engagement formel et sérieux, une juste rémunération est attendue. Car l'objectif partagé par tous les acteurs de la filière, c'est bien “de vendre plus et de vendre mieux le fromage”. Michel Lacoste le réaffirme : “On n'imagine pas, nous producteurs, rester à une plus- value de 30 euros par 1 000 litres, même si le prix moyen du litre de lait devait repartir à la hausse”. Et de rappeler l'objectif de passer de 30 à 70 euros de plus-value aux 1 000 litres de lait certifié, d'ici cinq ans.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du CANTAL

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