Filière laitière : une nouvelle ère de choix s’ouvre pour les producteurs

Propos recueillis par Patricia Olivieri

La section laitière de la FDSEA a entrepris de revisiter son projet laitier pour le Cantal au vu d’un contexte en mutation.
La section laitière de la FDSEA a entrepris de revisiter son projet laitier pour le Cantal au vu d’un contexte en mutation.

Dernières heures des quotas laitiers, libéralisation accrue des marchés, relance de la production... : face à un contexte en pleine mutation, les producteurs doivent se positionner.

 

Lors de la dernière réunion de la section laitière de la FDSEA fin avril, vous avez entrepris d’engager une révision du projet laitier cantalien. Pourquoi ? 

Chantal Cor, présidente de la section :

“Parce que les éléments du contexte laitier évoluent. En premier lieu la Politique agricole commune. Nous sommes à trois ans de la fin des quotas laitiers et à la veille d’une nouvelle Pac. Or, la production laitière française se caractérise par des exploitations qui emploient plus d’actifs que la moyenne nationale, c’est aussi la production qui installe le plus. Avec une autre caractéristique, celle de surfaces plus faibles que la moyenne mais des DPU plus élevés. D’où l’inquiétude de l’élevage laitier aujourd’hui face aux propositions de la Commission d’aller vers un DPU moyen unique. C’est la raison pour laquelle la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) travaille pour que soit pris en compte dans cette future Pac le nombre d’actifs et que l’élevage laitier ne soit pas le perdant de cette réforme. Dans le Cantal et à l’échelon du Massif central, nous militons parallèlement pour que l’aide de 20 € pour 1 000 litres à la production laitière de montagne obtenue dans le bilan de santé de la Pac soit revalorisée, tout comme les ICHN. L’autre élément de contexte, c’est la libéralisation du marché laitier qui va s’accentuer avec la sortie des quotas. Nous allons passer d’une situation relativement uniforme entre producteurs de lait à une diversité de situations. Le dernier élément, c’est la reprise de production à laquelle on assiste aussi bien dans le département qu’en France. On sent une redynamisation et des exploitations qui recommencent à investir. Pour nous, tout cela va obliger les producteurs à se positionner individuellement en fonction du marché, de la segmentation de la production, de leur entreprise... C’est pourquoi il nous a paru nécessaire de revisiter notre projet laitier cantalien”.

Dans quelles directions ?
Michel Lacoste, membre de la section :
“En réaffirmant que les AOC sont notre premier débouché avec 60 % du lait produit dans le Cantal transformés en appellation. Même si les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, il y encore un potentiel sous-exploité. Nos AOC ne sont pas destinées à rester sur le plateau de fromages de la fin du repas. Cela dit, il convient tout autant de s’intéresser à la valorisation des 40 % restant, jusqu’à présent transformés essentiellement en fromages et lait de consommation pour le marché intérieur. C’est un créneau à travailler avec la démarcation lait montagne pour ancrer la production au territoire et, dans un second temps, créer de la plus-value. Sur ce volet, on part d’une situation vierge pour aller vers une démarche d’investissement pour l’avenir. Et là encore, c’est de la responsabilité de chaque producteur de se positionner, sachant qu’à l’automne 2012 on verra dans les rayons les premiers produits sous la marque montagne détenue par les producteurs. Il faut aussi continuer d’accompagner le développement du lait bio, de la vente directe, laquelle représente aujourd’hui 10 % du quota départemental”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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