FNSafer : "L’accès au foncier agricole se fait de plus en plus par l’achat de parts sociales"

Anne Sophie LESAGE

FNSafer : "L’accès au foncier agricole se fait de plus en plus par l’achat de parts sociales"

Les marchés du foncier rural ont continué de reculer en 2013 et même celui des vignobles AOP qui avaient flambé en 2012, a indiqué ce mercredi la FnSafer. Le nombre de transactions a reculé de 1,2%, avec des prix en repli de 2,8%, selon une étude réalisée par Safer-SSP-Terres d'Europe-Scafr.

C'est la seconde année de baisse pour le marché qui avait connu une embellie en 2010 et 2011. Le prix moyen de l'hectare de terres agricoles libres a augmenté de 6,2% à 5.750 euros. En revanche, les prix moyens dans les vignobles AOP est resté stable avec un prix à l'hectare de 131.600 euros. L'hectare en Champagne a, lui aussi, baissé de 1%, après avoir flambé de plus de 20% en 2012, où il se négociait plus d'un million d'euros. Sur les autres marchés, le prix de l'hectare de forêt a progressé de 1,6% à 3.990 euros l'hectare, avec des transactions en hausse de 1,8%. Les maisons de campagne se sont elles adjugées à 162.000 euros en moyenne (-3%) et les transactions ont progressé de 2,2%.

FNSafer : "L’accès au foncier agricole se fait de plus en plus par l’achat de parts sociales"

De plus en plus de terres agricoles passent entre les mains de sociétés, faisant courir le risque d'une "financiarisation de la propriété agricole", s'est inquiétée la FNSafer. De nouveaux investisseurs, étrangers à l’agriculture, apparaissent sur ce marché en développement. Outre que les Safer, non informées de ce type de transactions, ne peuvent pas assurer leur mission de transparence et de régulation, le modèle d’exploitation où l’agriculteur décide et connaît le contenu de son travail cède du terrain. En 2013, les sociétés d’exploitation agricole ont acheté de plus en plus de terres. Leur part de marché s’accroît d’année en année. Elles acquièrent en leur nom propre des terres libres, pour s’agrandir, et également les terres louées qu’elles exploitent, pour conforter leur assise foncière. En 2010, elles détenaient déjà 10 % des surfaces en faire-valoir direct. Elles recueillent par ailleurs de plus en plus de baux en leur nom.

Ces formes sociétaires agricoles facilitent "la transmission d'exploitations familiales au capital toujours plus important" mais offrent également "des opportunités à de nouveaux investisseurs". En conséquence, la FNSafer "alerte sur la nécessité d'une information sur le transfert des parts sociales pour garantir la transparence du marché, et permettre, le cas échéant, des interventions appropriées". Avant d'insister, "il en va de la maîtrise de l'une de nos rares ressources naturelles, à savoir le sol agricole, mais aussi de notre souveraineté alimentaire à long terme".

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