Focus sur la SARL Talon de Lafeuillade-en-Vézie : Les Parisiens friands de la yole grasse du Veinazès

P. OLIVIERI

Les produits de la SARL Talon de Lafeuillade-en-Vézie ont trouvé leur place dans les brasseries parisiennes.

Lui aussi fait partie de la France qui se lève tôt : ses journées débutent généralement vers 5 h 30 pour se finir aux alentours de 19 heures. Mais Pierre Talon ne se plaint pas : il sait que c'est le prix à payer pour asseoir son activité en expansion depuis 2001 (chiffre d'affaires actuellement en progression de 3 à 4 % / an). Chaque semaine, son entreprise transforme ainsi une vingtaine de porcs charcutiers et une à deux coches, qui partiront en saucisses fraîches ou sèches, jambons secs, boudins, andouillettes, mais aussi en conserves ou encore en yole grasse. Une recette ancienne de ce coin de Châtaigneraie remise au goût du jour, et devenue très “tendance” dans les 150 à 200 brasseries parisiennes clientes des Salaisons du Veinazès, la SARL créée par Pierre et son père Jean-Louis, voilà huit ans. Pierre Talon écoule ainsi aujourd'hui près de la moitié de ses produits frais découpés et mis sous vide dans son atelier de la zone d'activité du Camps, en région parisienne. Une clientèle qu'il a développée à partir d'un petit réseau de contacts, jadis déjà clients de la boucherie de son père à Lafeuillade-en-Vézie. “Ça s'est fait ensuite par le bouche à oreille et bien sûr le démarchage”, relate le jeune chef d'entreprise. Et de fait, dès 2002, la société, qui compte alors déjà un salarié, embauche un commercial, puis un second. L'un s'occupe de la région parisienne, le second est basé à Aubière, dans le grand Clermont-Ferrand.

Image artisanale et cantalienne

“C'est vrai que l'activité sur Paris a tendance à se développer, analyse Pierre Talon. Je pense, et j'espère, qu'il s'agit d'un retour en force des produits du terroir, des produits tout simples comme la saucisse fraîche qui marche très bien en ce moment”. Sa montée en puissance parisienne, le salaisonnier du Veinazès l'attribue d'abord à la qualité de ses produits : “Sans colorants, sans conservateurs, pas trop gras”. “On s'applique à répondre à la demande du client, poursuit Pierre Talon. En maîtrisant l'ensemble du process de fabrication, on bénéficie aussi d'une image artisanale, et de celle du Cantal, à laquelle les gens attachent beaucoup d'importance.” L'origine Auvergne, Cantal et Veinazès semble en effet séduire : “On insiste sur les Salaisons du Veinazès pour se démarquer un peu tant que l'IGP (NDLR : Indication géographique protégée) n'est pas aboutie”, explique le chef d'entreprise, dont les produits sont aussi reconnus du côté de Clermont-Ferrand et des sites thermaux et touristiques puydômois : La Bourboule, Orcines, Orcival,... La maison Talon travaille en outre avec des bouchers locaux, sur Aurillac et Clermont-Ferrand, de même qu'avec quelques grandes surfaces clermontoises et le centre Leclerc d'Aurillac. “Mais je n'ai pas souhaité être référencé en centrales de distribution”, précise P. Talon, très attaché à son indépendance. Ses projets ? “D'abord asseoir et maintenir l'activité en continuant à sortir régulièrement des produits nouveaux pour suivre le marché, projette P. Talon. Mais pas sur le sec, car on fait attention à assurer un produit régulier, issu d'une recette ancienne”, expose le salaisonnier, qui a pu constater que malgré la crise, les brasseries parisiennes ne baissaient pas leurs commandes.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires