Foncier : Repenser intelligemment la gestion du territoire agricole et rural

Patricia Olivieri

Foncier : Repenser intelligemment la gestion du territoire agricole et rural

La Chambre d'agriculture souhaite renforcer son action pour un aménagement harmonieux du territoire, en lien avec le Conseil général et les autres usagers.

L'agriculture s'est invitée depuis plusieurs mois au coeur de grands enjeux de société : avec, notamment, la redécouverte pour certains de son rôle central pour l'alimentation des populations et les solutions qu'elle pourrait apporter en matière de ressources énergétiques. Il est un aspect moins médiatisé qui la place néanmoins au centre du développement des territoires : l'aménagement foncier. Trop souvent perçu sous le seul angle du remembrement des exploitations, cet aménagement dépasse le seul enjeu agricole pour rejoindre celui du développement économique des territoires. C'est sur cette interconnection entre usages et usagers de l'espace rural que la Chambre d'agriculture souhaite s'impliquer davantage encore à l'avenir. Son président, Louis-François Fontant, milite en effet pour faire reconnaître “qu'organiser l'espace agricole et rural, c'est aussi contribuer à créer des zones constructibles, artisanales..., en lien avec les collectivités et avec le souci de ne pas miter le territoire”.

Organiser collectivement le territoire

La volonté partagée des membres du bureau de la chambre consulaire, réuni sur le sujet en début d'année, s'avère ainsi conforme aux ambitions du grand ministère de Jean-Louis Borloo, à savoir celles d'un “aménagement durable”. Et si M. Fontant compte bien profiter de la présidence par la Chambre d'agriculture de l'interconsulaire pour relancer ce dossier auprès du Conseil général, qui en a la charge depuis le transfert de compétences de l'État, il ne cache pas que le chemin sera long, tant la question est sensible. Malgré les difficultés inévitables dès lors qu'on parle de cette terre qui attise bien des convoitises, le président appelle à une mobilisation de tous les partenaires, à commencer par la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural), créée justement dans cet objectif il y a plus de 40 ans. Et de la même façon que la place de l'agriculture dans la société a évolué, L.-F. Fontant juge nécessaire que l'ensemble des organisations, dont la Safer, s'adaptent au nouveau contexte. “En lien avec la FDSEA et les JA, nous avons effectivement demandé à la Safer de revoir son fonctionnement, rappelle le président. C'est vrai que cela s'est passé avec des tensions au départ mais nous avons abouti sur trois points principaux”.

Tenter de calmer l'inflation

En premier lieu, une meilleure information des membres de la Safer sur le marché foncier, y compris la part qui échappe à la société. Il a par ailleurs été convenu que la Safer pratiquerait en moyenne des tarifs inférieurs de 5 % à la moyenne des prix des terres observés sur le secteur. Enfin, “pour favoriser des avis non partisans”, les commissions locales se tiendront à l'échelle de la petite région agricole et non plus au canton. De même, le protocole signé entre la profession et la Safer en janvier dernier prévoit une rotation régulière des techniciens. De quoi ramener selon M. Fontant plus de sérénité sur le “terrain”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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