France : Agroalimentaire : pas de reprise avant 2011

L'agroalimentaire a enregistré en 2009 une baisse de son chiffre d'affaires, une première depuis près de 10 ans. Une réelle reprise n'est attendue qu'en 2011, annonce l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).

Le secteur a vu ses ventes reculer de près de 8%, à 139 milliards d'euros, en raison notamment d'une forte diminution des prix agricoles (-7,4%), précise Jean-René Buisson, président de l'Ania. L'agroalimentaire a toutefois mieux résisté en 2009 que d'autres secteurs, notamment automobile (-17%). Mais le recul du chiffre d'affaires de l'industrie alimentaire est une «vraie rupture», a-t-il ajouté, soulignant qu'il s'agissait d'une première depuis «une bonne dizaine d'années».

Les investissements sont en recul de 16% à 3,8 milliards d'euros par rapport à 2008: «un déclin inquiétant surtout pour les petites entreprises» qui constituent le gros des troupes du secteur (72% des sociétés ont moins de 20 salariés).

2010 plus difficile que 2009

L'année 2010 devrait être plus difficile que 2009, estime même M. Buisson qui met en avant « la morosité au niveau mondial ou encore la consommation en berne qui entraînent une grande prudence des patrons du secteur ». Le redémarrage ne devrait avoir lieu qu'en 2011 avec un redressement des marges qui reviendraient au niveau de 2008, toujours selon M. Buisson.

A souligner également, le recul des exportations en raison du «manque de compétitivité» du secteur agroalimentaire. En 2009, la France a vu ses exportations baisser de 9,2% à 32 milliards d'euros. Depuis 2008, l'Hexagone se retrouve 4e exportateur mondial derrière les Pays-Bas, les États-unis et l'Allemagne après avoir occupé la première place il y a quelques années. Malgré une forte baisse de 30,4% à 5 milliards d'euros, la France a généré en 2009 le 2e excédent agroalimentaire européen derrière les Pays-Bas.

Pour une modification de la LME

Outre la baisse des prix agricoles, les effets sur un an de l'application de la loi de modernisation de l'économie (LME) expliquent le repli de cette branche d'activité. La LME a toujours été très critiquée par le secteur de l'agroalimentaire qui considère qu'elle profite à la grande distribution en position de force de négocier les prix à la baisse, sans que pour autant celle-ci respecte ses obligations, notamment dans les contrats de vente.

René Buisson a renouvelé ces critiques et a annoncé qu'il demandait des modifications à la LME à l'occasion du projet de loi sur la modernisation de l'Agriculture et de la Pêche (LMAP). Trois amendements ont été déposés en ce sens, amendements retirés à la demande du gouvernement, selon l'Ania. M. Buisson a d'ores et déjà averti qu'ils seront représentés devant l'Assemblée nationale.

Source d'après AFP

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