France : Grève du lait : info ou intox ?

SC avec AFP

Depuis plusieurs mois, des producteurs laitiers mécontents de la chute des prix brandissent la menace d'une grève du lait pour faire pression sur les politiques et les industriels. D'autres crient à l'inefficacité d'une telle mesure et à l'intox.

Mardi soir, lors d'une réunion de l'Association française des producteurs de lait indépendants (APLI), plusieurs responsables ont évoqué le possible déclenchement d'une grève du lait européenne autour du 7 septembre.

Née en décembre 2008, l'APLI, soutenue par la Coordination rurale, a jeté toutes ses forces dans la grève du lait depuis la crise du printemps : multiplication des réunions (jusqu'à 23 en France la dernière semaine d'août), retransmission en direct sur son site internet ; campagne de messages le long des routes de l'ouest de la France... Quant aux arguments et à la logistique, comme le téléchargement d'affiches, tout est disponible sur l'adresse « grevedulait.com ».

L'Association revendique un nombre d'adhérents en progression exponentielle depuis sa création: 2.500 en juin, 10.000 aujourd'hui... chiffres difficilement vérifiables. L'APLI affirme pouvoir compter sur le soutien de 25.000 producteurs sur les quelque 90.000 que compte la France.

Grève : 1.500 euros de perte de revenus par semaine

L'Apli s'appuie sur le mécontentement de la base face à l'accord signé en juin par la Fédération nationale des producteurs de lait, affiliée au syndicat agricole majoritaire. A la FNSEA, on martèle que la grève du lait n'est pas une solution. « Cela n'aura aucune efficacité sur le prix vu l'ampleur des stocks de beurre et de poudre de lait », tranche Laurent Kerlir, président la FRSEA Bretagne, et producteur de lait dans le Morbihan.

De surcroît, elle pourrait coûter très cher aux éleveurs. Pour une exploitation moyenne, 300.000 litres annuels, «l'impact est de 1.500 euros de perte de revenus par semaine», a-t-il calculé.

Qualifiant les membres de l'APLI de « doux rêveurs », Laurent Kerlir ne voit pas les producteurs se lancer dans une grève. « Cela fait six mois qu'ils l'annoncent, cela fait six mois qu'ils reportent... », explique-t-il. «C'est une chose d'assister aux réunions de l'APLI, de dire qu'on va faire grève, et une autre de vraiment ouvrir les vannes», estime de son côté Nathalie Macé, présidente des Jeunes Agriculteurs d'Ille et Vilaine.

La Confédération paysanne met, elle aussi, en avant le danger financier, mais affirme qu'elle soutiendra ses adhérents qui choisiront d'y participer.

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Publié par SC avec AFP

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