France : La consommation de viande baisse depuis 10 ans

La consommation individuelle de viande (boeuf, agneau, porc, volailles) est en baisse depuis une dizaine d'années en France même si elle a augmenté de 13% entre 1970 et 2009, selon une étude FranceAgriMer.

En 1970, tous types de viandes, de préparation (fraîche, conserve) et de lieux d'achat confondus (commerce spécialisé, grande surface), il s'est consommé 77,6 kg.ec (kilogrammes équivalent carcasse) de viande par habitant. Ce chiffre prend également en compte les os et le gras, soit 20 à 25% du poids total suivant les espèces. La consommation réelle de chaque Français tournait donc autour 56 kg par an. En 1998, elle est montée jusqu'à 94,5 kg.ec avant de redescendre à 87,8 kg.ec en 2009.

L'étude montre qu'en 40 ans, la part de chaque viande a été modifiée. Ainsi, les Français ont abandonné le cheval (moins de 1% en 2009), réduit la part de boeuf (passé de 39% en 1970 à 29% en 2009), augmenté celle du porc, et fait exploser celle de la volaille (passée de 16 à 28% de la viande consommée).


Crise économique et discours nutritionnels

Les Français se sont tournés vers les viandes blanches moins onéreuses, selon FranceAgriMer puisque, en viandes fraîches, le poulet se vendait 5,9 euros/kg en moyenne en 2009 contre 12,4 pour le boeuf et 14,4 pour le veau.

La baisse de la consommation de viande ces 3 ou 4 dernières années s'explique par la crise économique qui a conduit les ménages à réduire les volumes achetés. Ceux qui consommaient du veau « sont toujours aussi nombreux » mais en ont acheté moins. En revanche, pour le boeuf, le nombre de ménages acheteurs a diminué mais les quantités achetées par chacun sont stables.

Autre explication à la baisse: les discours nutritionnels privilégiant les viandes blanches, moins grasses, des portions plus petites, voire des journées sans viande. Il est « peu vraisemblable, écrit encore FranceAgriMer, qu'une amélioration de la situation économique modifie les comportements observés depuis 3-4 ans ». « La croissance de la consommation au niveau national ne devrait donc se faire que grâce à la croissance démographique », conclut-il.

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