France : Le secteur de l'alimentation animale en difficulté

Claudine Gérard

Avec 21,2 millions de tonnes en 2009, la France reste le plus gros fabricant d'aliment complet de l'UE, devançant de très peu l'Allemagne et l'Espagne. Mais le pays enregistre une chute de 6,2 % de ses volumes par rapport à l'année précédente, une chute supérieure à celle enregistrée dans les autres bassins européens.

« Si la crise économique actuelle est à l'origine de ce repli généralisé, le différentiel constaté entre la France et les autres pays nous interpelle sur la compétitivité relative de nos filières », commente Adolphe Thomas, président du Snia, Syndicat national de l'industrie de l'alimentation animale, dans son rapport d'assemblée générale. « Dans ce contexte, les productions animales françaises perdent régulièrement des parts de marché au profit de nos voisins, entraînant par effet mécanique une réduction de la demande en aliments composés. » Et ceci dans toutes les espèces. Entre 2008 et 2009, la baisse des fabrications d'aliments a en effet été de - 11,1 % pour les bovins, - 2,9 % pour la volaille et - 6,5 % pour le porc.
Et la tendance se poursuit.

Le dernier rapport de Coop de France et du Snia fait état d'une baisse des volumes d'aliment entre janvier et avril 2010 de - 5,6 % pour les bovins et - 3,4 % pour le porc. Seul l'aliment volaille se maintient, les aliments poulet enregistrant même une hausse de 3,4 %. Dans ce contexte, et s'agissant d'un métier où c'est essentiellement le volume qui permet d'écraser les charges, la concentration des outils se poursuit.

En 2008 déjà, le Snia recensait 301 usines d'aliment pour 210 entreprises. Mais 65 % des volumes étaient fabriqués dans 74 usines, 29 entreprises seulement. Et le mouvement se poursuit. Fusion des coopératives Garun Paysanne, arrivée de la Coop de Broons dans le groupe Cecab, et, surtout, reprise de Nutrea par Coopagri Bretagne et Terrena…

 

 

 

Source Réussir Porcs Septembre 2010

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