François Hollande au salon face aux crispations du monde agricole

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François Hollande au salon face aux crispations du monde agricole

François Hollande a sonné samedi les trois coups du 51e Salon de l'agriculture, ouvert à Paris dans un climat de crispation du monde agricole entre le mal-être des éleveurs, la guerre des prix avec la grande distribution ou les normes jugées trop lourdes.

Au ras-le-bol de la profession s'ajoute, pour le chef de l’État, une cote de popularité au plus bas et les mouvements d'humeur du moment, qu'il s'agisse de "bonnets rouges", de militants de la Manif pour tous ou de l'opposition susceptibles de faire entendre leur voix lors de ce grand rendez-vous populaire.

Arrivé sur place dès 07H00 pour la traite des vaches, le président de la République a été chaleureusement accueilli par un éleveur de Bergerac (Dordogne), qui lui a présenté une Blonde d'Aquitaine.  Il a ensuite entamé son parcours dans un climat serein, sans effusion mais sans hostilité, entouré de plusieurs ministres, dont Stéphane Le Foll (Agriculture) et Guillaume Garot (Agroalimentaire).

"C'est une visite de travail", dont l'objet est aussi de "prendre en compte les problèmes, de les régler", a déclaré le chef de l'Etat. Exprimant sa "fierté" de voir "autant de producteurs de qualité, d'éleveurs qui se dévouent pour leur métier", il a salué "un secteur  d'excellence", "qui exporte considérablement, qui est reconnu partout dans le monde".

Le pacte de responsabilité s'applique aussi à l'agriculture

Malgré le contexte morose, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a assuré aborder le rendez-vous de cette année "dans un état d'esprit positif", évoquant les "très bons échanges" des États généraux de l'agriculture, tenus la veille par le premier syndicat du secteur.  "Je suis de bonne humeur. Le climat est serein", a renchéri François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs (JA). "On a un certain nombre de rendez-vous avec les services publics, c'est plus apaisé", a-t-il estimé.

Vendredi, le patron de la FNSEA avait évoqué un "ras-le-bol" généralisé en critiquant une accumulation depuis quinze ans de "beaucoup trop de contraintes qui pèsent sur les entreprises".

"Vous avez soulevé beaucoup d'espoirs, mais on a l'impression qu'ils ne sont pas récompensés", a reproché à François Hollande samedi Jean-Pierre Fleury, patron de la Fédération nationale bovine (FNB).  "Ce président, il fait plus de choses pour les profs que pour les agriculteurs", a regretté Simon, 14 ans, un fils d'éleveur parvenu à passer en force avec son taureau Rouge des Prés pour approcher le chef de l'Etat. "Le pacte de responsabilité s'applique aussi à l'agriculture", a répondu M. Hollande en rencontrant dans la foulée des jeunes en formation.

Entre le monde agricole, dans sa diversité, et le pouvoir, les sujets de contentieux sont multiples. La redistribution des aides européennes de la PAC en faveur des éleveurs en difficulté irrite les céréaliers. L'écotaxe a été suspendue après la révolte bretonne mais le gouvernement n'a toujours pas garanti aux agriculteurs l'exonération qu'ils réclament.  Et c'est sans compter le serpent de mer des normes environnementales ou la guerre des prix entre enseignes de grande distribution qui étrangle les producteurs.

 

 

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Commentaires 5

mgmt26

@Alan, tu as bien raison, plante des peuplier et arrête de te crever pour des consommateurs qui n'en valent pas la peine. Moi j'ai tout arrêté, comme toi j'ai fait l'idiot a défendre mes produits pendant des années pour un salaire de misère et surtout au final pour voir des consommateurs qui achetaient des fraises d'espagne ou du maroc au mois de fevrier, les memes qui sont sans cesses entrain de dire qu'il faut manger des fruits et légumes de saison. Bref, je crois qu'a un moment ou à un autre il faut aussi que les consommateurs soient cohérents avec eux mêmes, mais nous en sommes à des années lumières.

Sebastien

Si les agriculteurs avaient "plus" l'esprit révolutionnaire comme il y a 15 ans cela serait peut être mieux?

jobi

Les normes il en faut mais ce qu'il faut surtout c'est des prix que les grandes surfaces ne raisonnent pas toujours dans le sens des consomateurs mais des producteurs et de la qualitè des produits,des filieres ou alors qu'ils laisssent leur gondoles aux producteur pour vendre leur travail au prix de revient plus marges si plus personne ne veut distribuer des primes

alan

les normes environnementales, des outils roulants ou porté ne me dérange pas je demande juste que l'on me paie le lait 400 €/t , les veaux et les vaches a leurs justes valeurs aussi.
Aujourd'hui je vend mes veaux 50€ piece il y a 30 ans 150€ mes mes charges elles, elles ont été multiplier par 5 et on ne veut pas que j'augmente mon pris de vente au nom d'un soit disant pouvoir d'achat et donc je creve a petit feu. C'est decidé si les pris et l prochaine PAC ne me permet pas de vivre de mon metier je planterai 50Ha de peuplier et basta que la populasse mange des produits qui arriveront dont on ne saura rien de leurs qualitées et de leurs provenances.

Éjoui

Les normes environnementales moi quand je gagne 100 000 euros par an ça n est vraiment pas un problème mais j imagine que pour les éleveurs le ras le bol doit être grand. On peut penser que si les éleveurs étaient payés à leur juste valeur les normes seraient peanuts

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