Fruits et légumes : Comité franco-espagnol

B.BOUCHOT d'après AFP

Un comité franco-espagnol se réunira « en début de semaine prochaine » sur les fruits et légumes afin de « faire retomber la pression » après le blocage de la frontière franco-espagnole par des agriculteurs, a annoncé le ministre français de l'Agriculture.

Ce groupe travaillera sur « la question des phytosanitaires et l'impératif de réciprocité totale en matière de commerce international des fruits et des légumes », a affirmé le ministre français Bruno Le Maire, à l'issue d'une réunion de travail avec son homologue espagnole Elena Espinosa.

Les fruits et légumes français pénalisés par un coût de travail trop élevé

Les producteurs de fruits et légumes souffrent principalement d'un coût du travail qui reste trop élevé par rapport à leurs concurrents européens, a expliqué le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire. « Le coût horaire de travail, pour la cueillette, le ramassage des fruits et légumes, en France se situe entre 11 et 13 euros de l'heure. En Allemagne, c'est 6 euros de l'heure, en Espagne, c'est 7 euros de l'heure » a indiqué le ministre. Selon M. Le Maire, la raison de cette différence de coûts est « très simple : l'Allemagne et l'Espagne ont des systèmes dans lesquels les travailleurs saisonniers ne payent pas les charges sociales, avec un niveau du salaire minimum qui est plus bas, ce qui fait qu'ils ont un coût du travail beaucoup plus faible ». En France, « le coût du travail représente près de 50% du coût du produit » a-t-il dit.

Les ventes au déballage prolongées

En attendant de trouver de vraies solutions, le ministre s'est dit prêt à prolonger les ventes au déballage de fruits et légumes jusqu'à la fin du mois d'août, alors que celles-ci avaient été initialement autorisées jusqu'au 8 août. L'objectif est de favoriser, par un déstockage rapide, la régularisation des cours du marché, alors que les prix de ces produits sont faibles.

Crise du lait

Concernant la crise du lait, les deux ministres s'accordent sur la « gravité de la crise que traversent les producteurs de lait en France et en Espagne ». « Le rapport de la commission apporte de premiers éléments de réponse, mais ils ne sont pas suffisants » pour régler la crise, a estimé M. Le Maire qui a proposé « une réunion technique avec l'ensemble des pays producteurs de lait d'ici le 7 septembre ».

La Commission européenne a refusé de céder à la pression des agriculteurs qui manifestent face à la chute des prix du lait, rejetant toute idée de baisse contraignante de la production et affirmant n'avoir guère de moyen pour les aider à traverser la crise. Bruxelles refuse l'idée d'une prime à l'abattage des vaches et surtout rejette tant une baisse des quotas de production -demandée par une partie de la profession- qu'un gel, suggéré par l'Allemagne et la France.

Source AFP

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