G20 agricole à Paris : La France veut un plan d'actions pour enrayer la flambée des prix

La France, qui préside actuellement le G20, va soumettre un plan d'actions destiné à lutter contre la volatilité des prix agricoles, lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture de ce groupe des vingt économies les plus puissantes de la planète, fin juin à Paris.

Ce plan d'action sera ensuite soumis aux chefs d'Etat et de gouvernement du G20, qui se retrouvent en novembre en sommet, a affirmé le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Les propositions de la France pour la stabilisation des cours des matières premières agricoles :

- La France souhaite l'instauration d'une « transparence » des marchés : mieux connaître la production, la consommation ainsi que l'état des stocks de cultures comme le blé ou le maïs, pour mieux anticiper les crises. Ces informations seraient regroupées sur des banques de données. Cette initiative serait chapeautée par la FAO. La Chine a fait part de sa « préoccupation », a toutefois averti M. Le Maire. « Le pays ne dispose pas des outils statistiques nécessaires pour informer sur ses stocks et pour la Chine il s'agit de données stratégiques et les rendre publiques peut poser des difficultés », a-t-il expliqué. M. Le Maire retournera en Chine « pour trouver un point de passage ».

- La deuxième proposition sur la régulation des marchés des matières premières agricoles est loin de faire l'unanimité même si Paris tente de désamorcer les réticences en assurant qu'elle ne veut pas d'une politique administrée des prix ou de vouloir « brider » les marchés. Paris souhaite un fonctionnement des marchés « plus équitable, plus juste ». Parmi les mesures avancées, limiter les positions sur les marchés. Sans surprise, l'Australie et la Grande-Bretagne figurent parmi les plus réservés, reconnaît M. Le Maire. L'Australie s'interroge même sur « la légitimité du G20 agricole », selon le ministre. Londres a « toujours laissé les marchés financiers libres de leurs faits et gestes », explique M. Le Maire qui a quand même bon espoir de « convaincre » la Grande Bretagne. Il compte d'ailleurs s'appuyer sur le « consensus très large » obtenu sur ce sujet avec le Brésil, tout récemment converti aux bienfaits d'une régulation des marchés, les Etats-Unis et l'Allemagne.

- Les ministres devront aussi se prononcer sur une meilleure coordination du G20 pour prévenir et gérer les crises. En bref, éviter une crise comme celle de l'été dernier lorsque la Russie et l'Ukraine ont décrété un embargo sur leurs exportations de blé, entraînant une flambée des prix.

- Les pays les plus pauvres pourraient ainsi bénéficier de stocks régionaux d'urgence, supervisés par le programme alimentaire mondial (PAM), afin d'être assurés d'être livrés même lorsqu'un pays décide un embargo sur ses exportations. « N'oublions pas que les émeutes de la faim sont encore une réalité aujourd'hui », a fait valoir M. Le Maire, pour justifier l'urgence de ces mesures.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier