G20 : Nicolas Sarkozy dénonce la « financiarisation » des marchés

Le président français Nicolas Sarkozy veut « faire le ménage » sur le marché des matières premières et propose de resserrer les contrôles sur les spéculateurs.

Nicolas Sarkozy, qui préside le G20 en 2011, fait de la lutte contre la volatilité des prix des matières premières agricoles un de ses chevaux de bataille. Invité à Bruxelles par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, huit jours avant le «G20 agricole», il a plaidé pour une régulation plus étroite des marchés des matières premières.

« Le mot régulation n'est pas tabou », a-t-il lancé en insistant sur le lien entre les pratiques spéculatives et la volatilité des prix. Une des principales menaces qui pèse aujourd'hui sur la croissance, c'est la hausse des prix des matières premières« qui peut »accroître les déséquilibres mondiaux« et »maintenir dans la pauvreté des millions d'hommes et de femmes« , a mis en garde le président.

Pour instaurer les conditions d'une croissance durable, il veut appliquer au marché des matières premières »la même règle que nous avons tenté d'appliquer« aux marchés financiers, c'est-à-dire la »régulation« , a-t-il soutenu avant de rappeler que c'est »la dérégulation qui a conduit le monde au bord du gouffre« . »Un marché sans règle n'est plus un marché« , a-t-il dit.

« Régulation ne veut pas dire contrôle »

Mais « régulation ne veut pas dire contrôle, ça ne veut pas dire fixer des prix arbitrairement », ce qui serait « absurde », a tenu à préciser le président français, connaissant les grandes réticences de membres du G20, notamment des pays émergents, sur cette question. Le Brésil et l'Argentine ont mis ces derniers mois la France en garde contre toute tentative de limiter les prix agricoles.

Le président français a dénoncé la « financiarisation » des marchés qui fait que les spéculateurs peuvent échanger chaque année en produits dérivés jusqu'à « 46 fois la production annuelle mondiale de blé », « 24 fois celle du maïs » et 35 fois« celle du pétrole »! « Qu'est-ce qui peut justifier cela? », s'interroge-t-il.

A ses yeux, il ne s'agit pas d'interdire cette financiarisation, ni d'intervenir sur le niveau des prix mais de prévenir certains abus. Pour améliorer la « transparence » des marchés, il propose de « mettre en place un registre qui centralise les informations concernant les transactions » qui s'y déroulent. Car, il estime qu'il est pratiquement impossible actuellement de connaître l'état des stocks sur un marché ou d'identifier les donneurs d'ordre.

Transparence des stocks

De la même façon, pour en terminer avec « l'opacité » des stocks, qui permet toute sorte de spéculation, il souhaite que chaque pays du G20 s'engage à publier « dans les prochains mois un rapport national faisant état des progrès accomplis » en matière de transparence de leurs stocks.

Les ministres de l'Agriculture du G20 se réuniront la semaine prochaine à Paris pour discuter de ces sujets dans le cadre du G20 agricole. Nicolas Sarkozy prendra également la parole demain, devant plus de 120 organisations agricoles de 75 pays, à l'occasion d'un colloque international organisé par La Fnsea et les JA, les 16 et 17 juin.

Source d'après AFP

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