Gaec de l’Hermet-Chausy : ils allient souplesse et performances

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Gaec de l’Hermet-Chausy : ils allient souplesse et performances

Cantal conseil élevage a choisi de traiter d’un volet encore parfois tabou : la problématique du travail en s’appuyant sur les solutions mises en place au Gaec de l’Hermet-Chausy.

Dans un jeu des 7 familles laitières, on verrait bien les Raymond comme la famille “Engagement” : Suzanne, la mère, est vice-présidente de l’Udaf, Michel le père, président de la coop d’approvisionnement Centraliment, un chemin qu’a suivi Clément, leur fils, par ailleurs impliqué aux Jeunes agriculteurs mais aussi adjoint de sa commune... Quant à François Bonnet, associé du Gaec de l’Hermet-Chausy depuis 15 ans, c’est sur le terrain sportif qu’il s’oxygène.  Et la production laitière dans tout ça ? Loin d’être sacrifiée, elle bénéficie au contraire d’une organisation du travail, d’aménagements et de choix stratégiques qui ont permis au fil des ans aux quatre associés d’optimiser l’atelier laitier sans perdre en souplesse ni confort,... ni revenu. “Temps libre et performances technico-économiques, ça n’a rien d’incompatible ! assure Suzanne. Quant on revient d’un week-end, on est plus efficace le lundi matin.” Ce dont est complètement convaincu François Bonnet : “Si tu ne sors pas la tête de l’eau, que tu te crames au boulot, tu t’isoles ; au contraire, il faut aller chercher de l’info, assure-t-il. Nous, on suit tous les salons, on est abonné à toutes les revues spécialisées, et on met justement ce temps libre à profit pour suivre les évolutions techniques...”

S’aérer l’esprit pour rester performants

Être submergé par le travail, c’est ce qu’a voulu éviter François au départ de son père à la retraite et de l’apprenti avec lequel il envisageait de s’associer. Habitué à travailler en Cuma mais aussi en entraide avec les Raymond (site de Chausy à Labesserette), le rapprochement des deux structures se fait alors d’autant plus facilement que ses collègues de Labesserette peinent à donner un nouveau souffle à l’exploitation.  “On avait 160 000 litres de quotas, un atelier de 150 taurillons environ et une quarantaine d’hectares, retrace Michel Raymond. L’exploitation était fragile, il fallait réinvestir, anticiper et choisir entre le lait et la viande.” Le projet de Gaec se concrétise en 2000 avec le regroupement des laitières sur le site de Ladinhac (l’Hermet), le bâtiment d’engraissement accueille lui les génisses. Une salle de traite un peu plus grande - 2x8 - est installée. Dans le cadre d’une mise aux normes, la stabulation des laitières voit l’ajout de logettes et le passage au tout caillebotis. Suzanne a la responsabilité de la traite, Michel des génisses et vaches taries et François de l’alimentation et de la mécanique, avec chacun un week-end sur deux de libre. L’installation de Clément en 2005 marque une nouvelle étape avec une référence portée à 500 000 l et la réaffectation du capital social à parts égales entre les quatre associés. Le Gaec poursuit sa dynamique avec une montée en puissance du litrage via des attributions et achats de références pour atteindre 630 000 l en 2008. “L’objectif était de conforter l’exploitation qui n’avait que trois parts Pac en augmentant la production”, relève Michel Raymond. 2008 scelle un autre virage avec l’adhésion à la bien-nommée Cuma du temps libre qui gère désormais la distribution de l’alimentation en mettant à disposition de ses adhérents une mélangeuse et son chauffeur. Le Gaec continue parallèlement à­ recourir à un groupement d’employeurs afin d’écrêter les pointes de travail et se procurer davantage de souplesse. “On l’utilise à raison de quatre semaines dans l’année, c’est notre assurance”, glisse Suzanne. Le parc matériel de l’exploitation est lui réduit au strict minimum - un tracteur et un téléscopique - l’ensemble des chantiers étant conduits avec la Cuma des 3 L.

Cuma, emploi partagé...  et bientôt robot

D’autres dispositifs ont été adoptés pour gagner en temps et confort de travail via l’aménagement des bâtiments, mais aussi via techniques de semis simplifiés dans un souci également agronomique. Dernière évolution en date : l’acquisition d’une exploitation de 50 ha sur Senilhes qui permet au Gaec d’atteindre 960 000 l (pour 105 prim’holstein(1)) et d’être autonome en fourrages. Et ce n’est pas fini : depuis quelques semaines, à raison de deux jours par semaine, les associés vont visiter à tour de rôle des exploitations laitières qui ont adopté le robot de traite. “On est toujours à la recherche de plus de souplesse, mais aussi de davantage de bien-être pour les animaux et puis ça correspond à une période de fin d’amortissement et à l’opportunité du nouveau plan bâtiments”, explique la famille Raymond. Le Gaec s’est fixé l’échéance de la fin d’année pour arrêter son choix(2) qui supposera des aménagements internes au sein du bâtiment de l’Hermet mais aussi la conception d’une nouvelle fosse pour la gestion des effluents. “Ça va aussi permettre de monter le nombre de vaches, de rester dans une dynamique, c’est motivant !”, s’enthousiasme Suzanne, pour qui le robot va laisser plus temps au suivi du troupeau et alléger une astreinte de traite qui occupe actuellement plus de deux heures matin et soir. “La génération de nos parents a connu la révolution de la salle de traite, pour la nôtre ce sera le robot”, conclut Clément.

(1) 8 500 l de niveau d’étable. (2) Robot à deux stalles pour un investissement d’environ 300 000 €.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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