Gel printanier dans la Vallée du Tarn : Mission d'enquête chez les arboriculteurs sinistrés

Isabelle SICARD

Gel printanier dans la Vallée du Tarn : Mission d'enquête chez les arboriculteurs sinistrés

Alertée par les professionnels de la FDSEA, une mission d'enquête diligentée par la DDEA s'est rendue mardi 2 juin sur le secteur de Rivière sur Tarn, Paulhe et Millau pour constater les dégâts du gel survenu les premiers jours du printemps.

Il n'aura fallu que quelques heures de gel intense pendant la nuit du 20 au 21 mars dernier pour provoquer d'importants dégâts sur les arbres fruitiers de la vallée du Tarn. Ce sont essentiellement les cerisiers et les mirabelliers qui ont visiblement été le plus sensibles aux gelées du bout de l'hiver. Première étape pour la mission d'enquête le secteur de Boyne et Mostuéjouls sur la commune de Rivière sur Tarn. Avec des dégâts variables selon la variété des cerisiers, de 70 à 90 % pour les cerisiers et de 60 à 70 % pour les pruniers, la mission a constaté que toutes les parcelles étaient touchées. Les températures relevées lors de cette nuit affichaient entre - 5 et - 6 degrés. Et même la mise en place de chaufferettes pour gagner quelques degrés a été inefficace.
Sur le secteur de Paulhe et Millau, les dégâts atteignent des seuils encore un peu plus élevés quasiment 100 % de perte sur tous les vergers de cerisiers sur lesquels s'est rendue la mission. Seule la variété de cerisiers «burlat» semble avoir été quelque peu épargnée par le froid. Par ailleurs la superficie de la zone dévastée est bien plus étendue que l'an dernier avec quasiment 90 % des parcelles sinistrées. Là encore la production de mirabelles devrait connaître une baisse significative.

Le désarroi des producteurs

La mission d'enquête a mesuré le désarroi profond des arboriculteurs, qui subissent une nouvelle fois et pour la deuxième année consécutive, une catastrophe climatique. L'un d'entre eux récemment installé et spécialisé à 100 % dans cette activité confiait, totalement anéanti, que cela faisait deux ans qu'il vivait sans revenu et qu'il lui faudrait de nouvau s'endetter pour faire face aux traitements et au ramassage des quelques fruits encore sur les branches, pour conserver la potentialité de son verger. D'ailleurs, la plupart des arboriculteurs de la vallée s'interrogeait sur l'utilité de ramasser les fruits compte tenu des coûts générés par la main d'oeuvre et de la non attractivité de cet emploi pour les cueilleurs saisonniers qui sont payés au rendement.
Pour l'heure, une fois remis le rapport de la mission d'enquête, la commission départementale d'expertise agricole décidera ou non de transmettre le dossier auprès du Comité National de l'Assurance Agricole afin d'obtenir une reconnaissance de la calamité gel et permettre aux arboriculteurs d'être indemnisés.

Source La Volonté Paysanne

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