Gérer les boiteries pour « parer » aux pertes économiques

Aurélien LEGRAND / Didier GUERIN

Gérer les boiteries pour « parer » aux pertes économiques

Boiteries des bovins => Le parage constitue la 1ère étape d’identification des causes des boiteries chez les bovins. Pour être pleinement efficace, il demande à être réalisé tôt et en respectant une méthodologie.

Les principaux facteurs favorisants de boiteries

Gérer les boiteries pour « parer » aux pertes économiques

En relation avec le type de pathologie du pied observée, la prévention des boiteries passe par l’identification des facteurs favorisants spécifiques de son troupeau :

Le bâtiment, sa conception

Mal conçu, un bâtiment peut engendrer des déséquilibres. Tout aménagement impliquant un report du poids sur les membres antérieurs ou postérieurs entraîne une modification des aplombs et une surcharge des onglons : logettes mal dimensionnées ou dotées d’une marche trop haute (> 20 cm), aires d’attente à pente trop forte (> 7%), position forcée vers l’avant pour s’alimenter…

Le bâtiment, son entretien et son ambiance

L’humidité est essentielle pour le développement microbien. Une ventilation défectueuse, un paillage inefficace (paille humide) ou insuffisant, un raclage trop rare de l’aire d’exercice constituent autant de facteurs responsables de boiteries d’origine infectieuse.

Le bâtiment, son sol, son aménagement

Un sol glissant perturbe la locomotion des animaux et peut être à l’origine de glissades, chutes avec comme conséquences : traumatismes de la sole, entorses, fractures… La présence d’objets coupants ou pointus peut provoquer des plaies conduisant à une infection plus ou moins grave selon la localisation et la précocité d’intervention (arthrite, pododermatite septique).

L’alimentation, acidose subaiguë, déficit énergétique, carences en minéraux

Le risque majeur est lié aux rations acidogènes, responsables de fourbure. Elle provoque une inflammation de la couronne (au-dessus des onglons) avec une douleur importante. Un déficit énergétique peut entraîner un état de cétose subaiguë, facteur favorisant de fourbure ou de maladies infectieuses du pied. Les carences en minéraux, tant en matière de macroéléments (P, Ca, Mg) que d’oligoéléments, constituent un cofacteur fortement favorisant.

La sous-détection des boiteries et le manque de précocité dans les interventions

Le repérage des animaux boiteux est essentiel pour une prise en charge précoce, facteur primordial de guérison et de limitation de l’impact sanitaire et économique de la boiterie. Le parage préventif permet de prévenir l’apparition des lésions de complications.

Les boiteries représentent la 3ème pathologie des bovins. Elles induisent de lourdes pertes économiques : diminution de production, retard de croissance, reproduction retardée, frais vétérinaires, temps passés aux soins, réforme anticipée… A titre d’exemple, un ulcère de la sole peut entrainer une perte globale de 300 à 600 euros. Dans 80% des troubles de l’appareil locomoteur, les affections du pied sont mises en évidence.

Une observation du comportement des animaux pour repérer les signaux d’alerte et limiter l’impact des boiteries

La boiterie est le symptôme principal d’un trouble locomoteur. C’est un réflexe, une réponse de l’animal, qui a pour but de soulager la douleur ressentie. Toutefois, certaines lésions n’ont pas suffisamment d’incidence pour se répercuter sur la démarche et provoquer une boiterie. Les aplombs de la vache, sa posture, la courbe de son dos ou encore le soulagement sur le côté opposé à la douleur sont d’autres moyens de déceler un problème de pattes. Temps de repos, d’alimentation, d’abreuvement… représentent autant d’éléments de diagnostic. Observer pour détecter, puis soigner est la base de la prévention. Cet examen, en apportant un précieux éclairage sur la santé des animaux, peut prévenir un préjudice économique considérable.

Gérer les boiteries pour « parer » aux pertes économiques

Des atteintes infectieuses ou mécaniques, d’où l’importance de lever le pied avant tout traitement

Les boiteries sont liées à 90% à des maladies du pied : panaris interdigité, fourchet ou dermatite interdigitée, fourbure, maladie de Mortellaro ou dermatite digitée. Interviennent aussi cailloux, graviers, abcès de la sole, ulcères, cerises… Face à toute boiterie ou tout signe d’alerte précurseur, avant tout traitement, le lever du pied est incontournable et sera effectué le plus précocement possible. Dans la grande majorité des cas, la solution passe par un bon parage fonctionnel, suivi éventuellement d’un parage curatif.

Des professionnels pour vous aider à sélectionner les animaux à parer…

Des pareurs de Farago Creuse, spécifiquement formés, peuvent vous aider à sélectionner les animaux nécessitant une intervention. Pour réaliser les parages, Farago Creuse dispose d’une cage hydraulique, dotée d’équipements spécifiques : anti-recul, levage des pieds postérieurs et antérieurs, qui permet de réaliser les interventions dans de bonnes conditions tout en veillant au respect du bien-être animal. En 2012, nous sommes intervenus sur plus de 3.500 pieds. L’activité est répartie sur l’ensemble de l’année avec des pics au moment de la mise à l’herbe. Afin que les délais d’intervention soient réduits et que le parage préventif soit réalisé dans les meilleures conditions, il est nécessaire d’anticiper pour pouvoir organiser son chantier.

… et organiser votre chantier pour agir dans de bonnes conditions

Le chantier de parage nécessite une organisation :

  1. Identifier les animaux nécessitant une intervention et les isoler.
  2. Agencer le parcours pour que l’accès à la cage semble le plus « naturel » possible pour limiter le stress.
  3. Prévoir après l’intervention un lieu avec des surfaces propres à sol meuble.

De plus, gardons à l’esprit que les bovins présentant d’autres traumatismes physiques ou une faiblesse trop importante ne peuvent subir d’intervention afin d’éviter tout risque lié à la contention et à la modification des aplombs.

Après le parage, une surveillance étroite des animaux

Lors de sa convalescence, l’animal doit pouvoir progresser sur des surfaces propres où le sol est meuble. Les dalles bétonnées et rugueuses s’avèrent donc à proscrire. Pour faciliter la surveillance, une parcelle enherbée à proximité des bâtiments d’élevage, permettra à l’animal d’évoluer plus favorablement. Certaines situations nécessitent une attention particulière. L’éleveur sera vigilant quant aux recommandations indiquées par le pareur pour le bon rétablissement de l’animal. Tout phénomène anormal représente un critère d’alerte impliquant un contact auprès de son vétérinaire ou pareur.

Une investigation globale pour une prévention adaptée lors de problèmes récurrents

Les affections des pieds présentent souvent un caractère collectif et multifactoriel. La résolution d’un problème récurrent demande une investigation globale pour mieux cerner les facteurs de risque et les moyens à mettre en œuvre pour une lutte et une prévention adéquates. Cela passe par une synergie d’action entre l'éleveur, le pareur, le vétérinaire et les techniciens d'élevage (bâtiment, nutrition ...). N’hésitez pas à nous contacter  et  à venir nous rencontrer lors de notre journée portes-ouvertes ce 16 mars pour échanger avec nos pareurs afin de mettre en place un plan d’action adapté à votre troupeau.

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