GIEE AUTONOMIE : Une optimisation des systèmes de production, un pas vers l’agroécologie

Emilie DENIS & Jeanne GUIHENEUX

GIEE AUTONOMIE :  Une optimisation des systèmes de production, un pas vers l’agroécologie

Le 22 février dernier avait lieu la réunion de lancement du Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental (GIEE) porté par le CIVAM AD 72 et axé sur la notion d’autonomie. Tous présents, les agriculteurs du groupe ont pu réaffirmer et partager leurs attentes communes vis-à-vis de ce projet.

Le projet en quelques mots

Créés à la suite de la loi d’avenir pour l’agriculture engagée dès 2012, les GIEE s’inscrivent dans le projet agro-écologique du Ministère de l’Agriculture, dont le but est de développer une agriculture performante sur les plans économique, environnemental et social, en s’appuyant sur des démarches collectives.

Après cette petite piqûre de rappel, place au GIEE Autonomie ! Celui-ci couvre l’ensemble du territoire de la Sarthe et concerne 21 exploitations, bio et non bio, en polyculture-élevage, qui vont travailler à modifier ou consolider leurs pratiques en matière d’autonomie, sur une période de quatre ans.

Le projet vise à montrer que l’approche globale de son système de production en polyculture-élevage et la recherche d’autonomie permettent : d’accroître l’efficacité économique et technique, d’améliorer les performances environnementales, de mieux en prendre en considération les facteurs humains et sociaux, et ainsi de s’inscrire dans une démarche agro-écologique.

Au sein de ce projet, l’autonomie est envisagée à différents niveaux : l’autonomie alimentaire et protéique pour le troupeau, l’autonomie semencière et azotée pour les cultures, l’autonomie énergétique pour les bâtiments d’élevage, et enfin l’autonomie décisionnelle pour les chefs d’exploitation.

Pour mener à bien le projet, le CIVAM AD 72 doit tout d’abord réaliser un état des lieux initial de chaque exploitation. Ce qui va permettre de définir un programme d’accompagnement adapté (formations techniques, journées d’échanges, visites …). Il s’agira ensuite de faire un bilan des évolutions et des changements de pratiques pour chaque exploitation à l’issue du projet, en 2019.

Une première photographie

Pour réaliser l’état des lieux initial, le CIVAM AD 72 a missionné Jeanne Guihéneux – étudiante en Licence Professionnelle « Gestion Agricole des Espaces Naturels Ruraux » de l'Institut d'Education à l'Agro-Environnement de Florac (en Lozère). Pour des raisons de temps, seules 11 des 21 exploitations du GIEE ont été diagnostiquées jusqu’à présent. Néanmoins, celles-ci constituent un échantillon représentatif du groupe qui a d’ores et déjà permis d’ébaucher des pistes d’amélioration concrètes.

L’outil retenu pour cet exercice est le diagnostic de durabilité du Réseau Agriculture Durable. Comme son nom l’indique, il évalue la durabilité – dont l’autonomie est la clé de voûte – selon les 3 piliers du développement durable : économie, social, environnement. Quoi de mieux pour appréhender la notion d’agro-écologie si chère au Ministère de l’Agriculture, et avoir une vision globale de son système de production ?! Pour plus d’informations :  http://www.agriculture-durable.org/lagriculture-durable/evaluer-la-durabilite.

GIEE AUTONOMIE :  Une optimisation des systèmes de production, un pas vers l’agroécologie

Des premiers enseignements

Aussi, pour compléter l’outil, un indicateur « autonomie » a été créé tenant compte de : l’efficacité économique, l’autonomie économique, la vulnérabilité commerciale, la sensibilité aux aides, l’empreinte foncière, l’utilisation de pesticides, l’utilisation de produits vétérinaires. Tous ces éléments traduisent une dépendance plus ou moins forte vis-à-vis de l’extérieur, et mettent ainsi en avant « l’autonomie plurielle » (Fig.1 – GIEE Autonomie : Moyenne du groupe de l’indicateur « autonomie »).

Le diagnostic de durabilité du RAD permet de faire ressortir des résultats sous forme de « radar » semblable à la Figure 2. Mais il importe d’illustrer ces résultats à la fois par les orientations du système de production, les commentaires de l’agriculteur et les données comptables.

Ainsi, les premiers résultats mettent en avant le coût élevé de certains postes, tels que les concentrés et les aliments de manière générale (notamment pour les volailles de Loué), les produits phytosanitaires et les produits vétérinaires. Il conviendra donc d’axer le travail d’accompagnement selon les objectifs suivants :

  • Diminuer la part des concentrés dans l’alimentation
  • Changer de stratégie de rotation et diversifier les cultures
  • Diminuer le recours aux produits phytosanitaires
  • Réduire l’usage des produits vétérinaires.

« Les réponses, on les a ! Il faut juste

les mettre en mouvement par le groupe … »

Benoît Hamon, agriculteur du GIEE

En parallèle, les entretiens menés avec les agriculteurs révèlent l’importance du groupe et des échanges entre pairs. Cette dynamique de groupe, c’est LE point-clé de la réussite pour atteindre les objectifs fixés d’ici fin 2019.

Suite à ces constats, le CIVAM AD 72 va proposer un programme de formations, commençant par reprendre les bases (agronomiques et agro-écologiques) pour finir par des thématiques plus spécifiques (la vente directe et la création d’un atelier de transformation) (Fig.2 – GIEE Autonomie : Programme prévisionnelle des formations et des rencontres).

GIEE AUTONOMIE :  Une optimisation des systèmes de production, un pas vers l’agroécologie

Par ailleurs, le CIVAM AD 72 prévoit de réunir le groupe tous les six mois. Ceci dans le but d’alimenter la dynamique collective, de faire un bilan des formations, ou bien de faire un point sur les avancées et/ou les difficultés de chacun. L’union fait la force !

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