Glyphosate : des eurodéputés Verts saisissent la Cour de justice de l'UE

AFP

Glyphosate : des eurodéputés Verts saisissent la Cour de justice de l'UE

Des eurodéputés du groupe Verts-ALE ont saisi la Cour de justice de l'UE afin de forcer l'Agence européenne de la sécurité des aliments (Efsa) à publier toutes les études qu'elle a utilisées, y compris celles faites par des entreprises privées, dans son évaluation du glyphosate.

Cette plainte a été déposée le 24 mai, a précisé l'eurodéputée finlandaise Heidi Hautala jeudi lors d'un point presse à Bruxelles. La Cour de justice (CJUE) a confirmé l'avoir enregistrée. Depuis plusieurs mois, des parlementaires demandaient à avoir accès à l'ensemble des études sur lesquelles l'Efsa a basé son opinion sur le glyphosate, herbicide controversé qu'elle a catégorisé comme non-cancérogène, ouvrant la voie à une demande de renouvellement de sa licence dans l'UE.

Or les Verts, de nombreuses ONG ainsi qu'une partie de la communauté scientifique s'inquiètent du fait que certaines de ces études ont été effectuées par des fabricants de pesticides eux-mêmes. Et l'Efsa refuse de rendre publiques ces études au nom de la protection des intérêts commerciaux de ces entreprises privées. Seuls de brefs extraits ont été communiqués, après une longue bataille administrative.

Sur cette base un scientifique, le Dr Chris Portier, a estimé que l'agence européenne n'avait pas réussi à identifier tous les cas "statistiquement significatifs" de cancer sur les rats.

Avis divergents

Les avis scientifiques divergent sur le glyphosate. Le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), une branche de l'OMS, a notamment évalué le risque cancérogène comme "probable". "Un dossier jugé devant une cour assurerait de la clarté juridique" dans ce genre d'affaires, a expliqué Heidi Hautala.

S'appuyant sur le "réglement Aarhus", une convention qui garantit aux citoyens le droit de saisir la justice sur les questions environnementales, les Verts estiment que le glyphosate entre dans la catégorie des cas où les informations concernent la "diffusion d'un produit dans l'environnement" puisque les pesticides sont pulvérisés. Et dans cette situation, stipule le réglement Aarhus, les intérêts commerciaux doivent passer après le droit du public à accéder à l'information.

"La science secrète est mauvaise pour notre santé", a regretté l'eurodéputée française Michèle Rivasi. "Il en va de l'avenir de nos institutions et de la sauvegarde de la validitité de nos avis scientifiques", a-t-elle  ajouté. Pour les Verts, les agences européennes devraient appliquer le même réglement interne que le CIRC, à savoir de ne s'appuyer que sur des études publiques.

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Commentaires 18

PàgraT

Assez des donneurs de leçons; l'agriculture ce n'est pas si simple. Pour rien au monde je n'aurai voulu consommer du pain issue de certaines parcelles de blé bio roses de fusarioses de la récolte 2016. La quasi totalité des agriculteurs font de leur mieux pour produire des aliments de bonne qualité sanitaire. Chaque mode de production y compris bio, a ses propres limites. L'agriculture doit tenir compte d'une foule de paramètres qui dépasse de très loin l'utilisation des pesticides. Aussi, le public devrait se montrer plus humble dans ses exigences et faire davantage confiance aux agriculteurs. Nous aussi sommes des consommateurs et nous aussi avons des enfants.

Pipi

On sait que les phyto s sont mauvais pour la santé
Arrêtons les sotises et essayons de respecter le mieux possible notre terre !
Encadrons l usage des phytos

Titidu26

Une majorité est surtout contre Monsanto au même titre que McDo!
Supprimer le Glyphosate c'est un peu comme interdire le ciment aux maçons à la fin!
Y'en a marre de laisser croire qu'on est les seuls à utiliser des produits dangereux.
Sinon effectivement on peut toujours manger bio, des bananes BIO de République Dominiquaine par exemple, avec 14 pesticides autorisés là-bas en bio mais interdit en conventionnel en France, cherchez l'erreur!

Phil

Le glypho n'est il pas l'arbre qui cache la forêt ? Combien d'antigraminés et antidico seront utilisés pour le remplacer ? De plus sont interdiction condannerai l'agriculture de conservation qui permet de stocker du carbone. Le retour au labour même pour une production bio serait une catastrophe pour les sol. Alors ne jettons pas le bébé avec l'eau du bain, encadrons l'utilisation de ces produits en limitant les doses .

@tata et colt

En bio j ai suivi des tours de plaine des conventionnels faisant du semis directe sous couvert , ils utilisent du glyphosate et autres joyeusetés mais bon sang j ai ete sur les fesses de voir la vie du sol , la structure grumeleuse , la fertilité, le drainage coulait clair quand le mien coulait marron , ca laisse interrogateur

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