Google Ventures investit dans le « Big Data » Agricole

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Google Ventures investit dans le « Big Data » Agricole

Google a investi 15 millions de dollars (via son fonds de placement Google Ventures) dans la startup étasunienne Farmers Business Network (FBN), aux côtés d’autres partenaires financiers comme Kleiner Perkins Caufield & Byers, ou l’investisseur DBL, portant le total de capital risque de FBN à plus de 28 millions de dollars. Le géant de l’internet suit en cela l’intérêt pour ce nouvel univers dématérialisé déjà amorcé par des acteurs plus traditionnels du monde agricole comme John Deere avec son logiciel APEX et surtout Monsanto, à travers les acquisitions de ce dernier dans le domaine de l’analytique agricole depuis 2012 (Précision Planting, Climate Corporation, Solum...). En France, le groupe InVivo n’est pas en reste et a décidé également d’investir dans le Big Data agricole, avec pour objectif d’en devenir le champion européen.

Commentaire

Toutes les solutions sont à explorer afin de répondre au principal défi de l’agriculture dans le monde : continuer à pouvoir assurer l’alimentation d’une population mondiale qui pourrait dépasser les 9 milliards d’individus d’ici 2050 selon la FAO, tout en respectant la préservation des ressources de notre planète. En parallèle, les développements technologiques facilitent désormais la collecte et le traitement d’une quantité exponentielle de données (cf. article sur les drones dans ce numéro de PRISME), et le monde agricole ne fait pas exception : fertilité des sols, pluviométrie, types de plantations, rendements... jusqu’à présent exploitées de manière plutôt empirique et dispersée. L’une des voies les plus prometteuses réside dans l’exploitation intelligente de ces masses de données, afin d’en sortir des modélisations fiables grâce aux technologies du « Big Data » qui ont déjà fait leurs preuves dans d’autres domaines. Les espoirs reposent sur l’agrégation de données disponibles en quantité, auxquelles sont appliqués des traitements analytiques adaptés, grâce à l’utilisation de technologies informatiques massivement parallèles désormais plus aisément accessibles techniquement et financièrement. Cependant, au-delà de la multiplication des solutions proposées et des beaux discours (cf. le « Don’t be evil » de Google), se posent les questions sensibles de la propriété, de la protection et de l’utilisation des données récoltées, qui en sont à un stade relevant plutôt du flou artistique. Les données permettent en effet la photographie plus ou moins complète d’une exploitation à un instant donné, ainsi que son évolution en quasi temps réel. Seront-elles revendues à des acteurs tiers ? Leur utilisation pourrait-elle être détournée à d’autres fins (exploitations concurrentes, assurance « à la carte », tarification fournisseurs...) ? Aux États-Unis, l’American Farm Bureau Fédération a d’ores et déjà lancé une alerte l’an dernier sur le sujet en estimant que les données recueillies auprès des propriétaires des exploitations individuelles doivent rester la propriété des agriculteurs et en recommandant l’instauration de compensations pour les agriculteurs dont les données privées sont partagées avec des tierces parties qui exploitent ces données. Comment donc réconcilier agrégation de données et utilisation équitable de l’information ? La solution pourrait s’inspirer du mouvement « open source » déjà bien établi dans le domaine informatique. C’est d’ailleurs la voie proposée par l’Open Ag Data Alliance.

Source : Prisme : la note de la conjoncture Agriculture et Agroalimentaire - n° 09 - Juin 2015

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