GPA de Chaudes-Aigues : du bois dans la litière

C. Fournier

Afin de réduire les charges et d’utiliser les ressources en bois disponibles de l’exploitation, les copeaux de bois dans la litière constituent une alternative.

Les intervenants ont insisté sur la valorisation du bois, une ressource présente sur l’exploitation.

Daniel Bélard, du service Bâtiment de la chambre d’agriculture du Cantal, animait le 15 novembre une visite d’exploitation sur le thème du bois dans la litière, au Bousquet de Thérondels (Aveyron). L’intérêt de ce type de litière, indiquait-il, “est d’utiliser une ressource présente sur l’exploitation, de valoriser donc la biomasse et d’essayer ainsi de faire une économie sur les intrants de paille car la paille, c’est cher”. Des copeaux qui permettent aussi “de bénéficier d’améliorations sensibles sur l’aspect portance des litières, moins humides avec moins de risques sanitaires et d’une ambiance globale des bâtiments nettement améliorée, des points positifs signalés par les éleveurs”. Autre avantage, les copeaux de bois dans la litière peuvent venir en complément de la production de bois chauffage. Seul un changement des grilles des déchiqueteuses est nécessaire, “sachant que les déchets inutilisables en bois plaquette chauffage le seront pour la litière”.

De plus en plus d’utilisateurs

C’est simple, dès que le prix de la paille à l’achat est supérieur à 75 € la tonne, l’affaire est intéressante. Une limite cependant à l’exercice : “Pour obtenir un produit agronomiquement utilisable, poursuivait Daniel Bélard, nous conseillons plutôt d’utiliser, en alternance, du bois déchiqueté et de la paille et, accessoirement, soit un curage, soit une technique de millefeuille. Soit au bout de deux mois de paille, une couche plaquettes, puis une couche de paille à nouveau.” Dans le cas d’un mélange paille bois, au final, le produit va se valoriser comme du fumier “à condition de pratiquer un stockage temporaire au champ avant épandage classique. Par contre, s’il y a une très large dominante de copeaux dans la litière, il est conseillé de composter”. Les essences les plus favorables à cette pratique seront préférentiellement du saule, du peuplier, de l’aulne et autres bois blancs de grande productivité très intéressants en litière car pauvres en tanins. Autres élus des litières, les arbres têtards (frênes, saules blancs), les haies arbustives denses (noisetiers, pruniers, charmes, érables champêtres…). En forêt, les éclaircies de résineux sont bienvenues. À éviter par contre, le chêne et le châtaignier, pour leur trop grande richesse en tanins. Le séchage du bois est impératif et l’idéal consiste en la matière à “gerber les plaquettes en forme de pyramide durant quatre mois, dans un endroit à l’abri et ventilé”. Les copeaux sont ensuite disposés par godet, épandeurs à fumier, pailleuse. À noter que les plaquettes ne conviennent pas aux systèmes sur caillebotis. Reste à savoir, pour optimiser le coût du broyage, que le rendement optimum est atteint pour des bois de 20 à 30 cm de diamètre. Une opération pour laquelle enfin, “gérer la ressource en bois est important. La Mission haie permet, entre autres services, de faire le point sur la quantité de bois disponible”, précisait donc Caroline Barthélemy, animatrice du GPA de Chaudes-Aigues, organisatrice de cette journée à laquelle participaient une vingtaine de personnes. Un GPA qui “au vu de l’augmentation des utilisateurs du bois litière, réfléchit sur Chaudes-Aigues à la question d’un stockage plaquette bois de chauffage et copeaux de litière bois”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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