Groupe Altitude : acteur attentif à l'évolution sociétale

P.Olivieri

Groupe Altitude : acteur attentif à l'évolution sociétale
Jean-Pierre Chateau et Olivier Voisin ont exposé les orientations de l’Union : multiactivités, engagement dans les filières et modernisation de l’esprit coopératif. - P.O

À l’occasion de son assemblée générale, l’Union Altitude a dévoilé les axes de son projet stratégique 2020 et affiché sa volonté de rester un acteur économique majeur du Cantal.

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,5 % (à 224 millions d’euros) et un résultat net de 312 000 euros, l’exercice 2013/2014 de  l’Union Altitude est jugé satisfaisant par Olivier Voisin, nouveau directeur général du groupe coopératif, arrivé au lendemain de la clôture de ses comptes, et Jean-Pierre Chateau, président, qui ont décrypté l’évolution des multiples activités de l’entreprise coopérative cantalienne à la veille de son assemblée générale qui se tenait jeudi à Arpajon-sur-Cère. “Avec  312 000 euros,  on équilibre”, précise cependant ce dernier avant d’indiquer que sans des provisions sur titres inscrites pour certaines des filiales d’Altitude, ce résultat aurait été meilleur que celui de l’exercice précédent. “L’Union est en bonne santé avec des résultats qui ont été portés principalement par l’activité laitière”, résume le directeur, évoquant néanmoins  des tendances  contrastées selon les branches.

Une croissance portée par la branche laitière

La branche laitière de l’Union, représentée par la coopérative Volcalis, a ainsi vu une forte progression des volumes collectés (+ 12 %, pour un total de 134 millions de litres) avec l’arrivée de 80 nouveaux producteurs en deux ans (dont des ex-Bouriannes). “L’élément marquant pour nous a été la signature d’un nouveau contrat de fourniture de lait avec Sodiaal Union, indique Olivier Voisin. Cela a du sens car Sodiaal est actionnaire majoritaire de LFO au capital duquel nous sommes aussi. Cela place LFO et le développement des fromages AOP au coeur de la stratégie commune portée par les  deux groupes.” Pour Jean-Pierre Chateau, l’arrivée de Sodiaal sur la scène auvergnate permet aussi de tourner une page du passé conflictuelle, après des décennies de dissensions avec 3A. La fin des quotas ? Elle n’est pas redoutée par Altitude qui explique l’avoir anticipée via la mise en place d’un cadre contractuel pour ses 650 adhérents laitiers. Le système  basé sur le principe du double quota - double prix devrait pour Olivier Voisin servir “de régulation des volumes par les prix et permettre de passer l’après-quotas en douceur”. Année en revanche plus contrastée pour la branche bovins viande. “L’activité broutards a été plus compliquée sur la seconde partie de l’exercice pour EPV (Éleveurs du pays vert) avec une très faible valorisation, une très forte concurrence sur la zone Cantal et des débouchés pas franchement dynamiques”, constate le DG. Face au recul des importations italiennes, les nouveaux marchés (Maghreb et Turquie) restent limités, estime Altitude qui a collecté 36 000 bovins maigres sur la période 2013/2014.

Le choix de “l’élevage authentique”

Mais l’Union coopérative espère rebondir sur 2015 en misant sur l’engraissement et s’appuyant sur son pôle d’abattage Covial pour les bovins de boucherie (19 000 traités en 2013/2014) avec un développement continu sur le steak haché frais. “On garde une forte spécificités sur les viandes rustiques, limousine et salers, un peu en aubrac, et notre savoir-faire est reconnu des clients avec lesquels on travaille qu’ils s’appellent Casino ou Carrefour”, analyse le directeur. Sachant qu’en parallèle, Altitude, également présent sur le marché des veaux naissants (13 000 têtes), peut se prévaloir d’une belle dynamique sur les veaux fermiers du Limousin (5 500), une filière à très forte valeur ajoutée qui compense des volumes limités et assoit l’assise de l’abattoir de Lubersac (19).“On est en viande bovine sur une consommation   qui   a   tendance à baisser, excepté pour les viandes de qualité où des niches apparaissent. C’est quelque chose sur lequel il faut qu’on capitalise dans les années à venir”, complète Jean-Pierre Chateau. Sexage, génotypage, suivi de la reproduction : l’enjeu pour la branche génétique est “d’être à la pointe des services et outils proposés” aux éleveurs en étant davantage présents sur les vaches allaitantes. La création de Créalim, nouvelle entreprise de sélection dédiée à la race limousine, devrait contribuer à cet objectif. Seul bémol dans ce secteur : un ralentissement des inséminations animales pratiquées, concurrencées par les IPE réalisées par l’éleveur lui-même. Enfin, si elle s’avère réduite en volumes (50 adhérents, 36 000 porcs charcutiers), l’activité porcine de l’entreprise est chouchoutée, symbolisant une synergie entre éleveurs et outil de transformation (Cantal salaisons). Une filière complète disposant de labels et d’une qualité reconnues dont l’image reste cependant à conforter. Une diversité de métiers et une polyvalence dont Altitude reste convaincue du bien-fondé avec une volonté affichée d’oeuvrer pour son territoire dans un “esprit de conquête”.

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