Guillaume Garot lance un plan d’actions pour l’agroalimentaire

Catherine Perrot

L’agroalimentaire va faire l’objet à la fois d’un plan stratégique national, dévoilé le 4 avril par Guillaume Garot ( à droite ).
L’agroalimentaire va faire l’objet à la fois d’un plan stratégique national, dévoilé le 4 avril par Guillaume Garot ( à droite ).

Jeudi 4 avril, Guillaume Garot, ministre délégué en charge de l’Agroalimentaire, était à Nantes, à l’Hôtel de Région, pour assister à la restitution des rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois. À cette occasion, il a évoqué le futur plan d’actions pour l’agroalimentaire.

Le secteur agroalimentaire est l’un des rares secteurs industriels français dont la balance commerciale est positive. Cependant, il doit être modernisé et restructuré pour continuer à exister et être capable de relever le défi alimentaire qui va se poser demain. Non seulement à l’échelle du territoire français, mais également sur le marché mondial.
Pour atteindre cet objectif, le ministre délégué en charge de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, prépare un plan d’actions qui sera présenté d’ici la fin du mois de mai. Il était à Nantes, le 4 avril dernier, pour assister à la restitution des rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois et écouter les propositions issues des différents groupes de travail (lire ci-dessous).

Qualité et compétitivité

Dans son futur plan d’actions, le ministre veut « valoriser le modèle français », tout en lui opérant une « refondation nécessaire » après les crises de confiance récentes. Selon lui, pour rétablir la confiance, il faut que l’industrie alimentaire française fasse de la qualité et de la garantie de la qualité (notamment sur le plan de la sécurité alimentaire) un argument distinctif. Mais il précise qu’elle doit également améliorer sa compétitivité, en misant notamment sur l’innovation. Il a ainsi annoncé que 100 M € seraient déployés pour aider à des processus d’industrialisation issus des pôles de compétitivité.
Dans ce volet « compétitivité », le ministre a rappelé l’existence du Crédit impôt compétitivité, qui apporte un « ballon d’oxygène » aux entreprises em-ployeuses de salariés. « Ce crédit d’impôt, au total, c’est 20 Md d’€ pour les entreprises ; cela représente un effort considérable ! »
Enfin, à côté de ce plan d’actions, le ministre a aussi évoqué la révision de la LME (Loi de modernisation de l’économie, votée en 2008). « Actuellement, les négociations avec la grande distribution sont tout sauf simples, tout sauf sereines. Les producteurs sont étranglés, les PME ne peuvent pas passer leur prix ». Pour le ministre, les relations entre producteurs et transformateurs, comme celles entre PME et grande distribution doivent faire l’objet de contrats, comprenant des clauses de révision de prix, en fonction de la volatilité du coût des matières premières. Il a aussi demandé plus de clarté et de lisibilité dans les conditions de promotion de produits, qui manifestement servent souvent à contourner certaines dispositions de la Loi. Cette révision de la LME devrait intervenir dans le cadre d’une loi Consommation proposée par Benoît Hamon avant l’été.

Rencontres rÉgionales pour l’avenir de l’agroalimentaire

Lancées en novembre dernier, les rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire ont mobilisé plusieurs groupes de travail, composés de représentants des industries agro-alimentaires, mais également de l’agriculture ou de la recherche, et ont abouti à un certain nombre de propositions. Parmi les thèmes traités : la restructuration, l’amélioration de la compétitivité des IAA, l’innovation, l’export et la conquête de nouveaux marchés, la formation et les ressources humaines.
Pour la profession agricole, ces rencontres ont été l’occasion de réaffirmer l’importance de l’amont. Et ils se sont fait entendre ! « L’industrie agroalimentaire n’a de valeur que s’il y a des producteurs en face », a ainsi repris Dominique Tremblay, le conseiller régional délégué à l’agriculture et l’agroalimentaire. Toujours du côté de l’amont, l’importance du machinisme agricole et de l’innovation dans ce domaine a été plusieurs fois soulignée.
Ont été également rappelés, le sous investissement chronique en IAA, la mauvaise communication sur les métiers, ou encore la nécessité de « jouer collectif » et de développer une « culture de l’export ».
Dans sa présentation de « plan d’actions agroalimentaire », qui constitue la suite des rencontres, Christophe Clergeau, le premier vice-président du conseil régional, a d’ailleurs rappelé que « l’export était nécessaire en agroalimentaire, car la région a une production de masse ». Selon lui, cette production de masse, n’exclut pas une « qualité supérieure », sanitaire, nutritionnelle, mais aussi sociale : le lien au territoire en est un élément essentiel.
Dans ces discussions, même si le caractère particulier de l’IAA a été rappelé, il lui a été suggéré de prendre exemple sur d’autres secteurs : par exemple, sur celui des matériaux pour ce qui concerne l’innovation ; ou des semences pour ce qui concerne des marchés à l’export et la haute valeur ajoutée.
Autre suggestion intéressante faite par le président de Coop de France ouest, Jean-Marie Gabillaud : appliquer à une filière donnée toutes les dispositions envisagées, en faire un exemple. Cette filière serait celle de la dinde, dont la viande n’a jamais été autant consommée et qui pourtant, déserte le territoire régional.

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