GVA de Massiac - Coup de projecteur sur la méthanisation

15 UNION DU CANTAL

 La visite de l’unité de méthanisation par les adhérents du GVA.

Une visite d’exploitation en Haute-Loire le 10 janvier a permis d’illustrer l’assemblée générale du GVA de Massiac axée sur le thème de la méthanisation.

L’idée germait depuis les années 80 dans la tête de Maxime Lèbre (le père des associés du Gaec des deux prés en Haute-Loire). C’est la chute du prix du lait en 2008 qui décide la famille à se doter d’une unité de méthanisation : “Pour compléter notre revenu, nous avions tout essayé : le tabac, le poulet, l’entreprise agricole… Au bout du compte, on n’a plus de vie, les années passent et on n’a pas plus d’argent”, explique Xavier Lèbre. Fin 2008, les Lèbre construisent donc une nouvelle stabulation sur un site spacieux en prévision de l’installation de l’unité de méthanisation(1). La méthanisation est obtenue à partir d’intrants majoritairement issus de l’agriculture. Le digesteur est alimenté par le fumier, le lisier, les déchets d’oignons d’une usine d’Issoire, les déchets de céréales des coopératives locales. Introduits quotidiennement dans le digesteur, ils(2) produisent un gaz utilisé pour alimenter un moteur (Dual fioul) couplé à une génératrice produisant une électricité vendue à EDF(3).

Tout se transforme

Depuis 2016, un nouveau moteur a été installé avec une génératrice de 250 kWatt /heure (investissement total pour le développement de la production : 500 000 €). Le tarif de rachat est de 22 cts par kWatt. “Le fonctionnement du moteur génère par ailleurs de la chaleur, laquelle, récupérée par une circulation d’eau, permet le bon fonctionnement du digesteur, de chauffer neuf maisons d’habitation et de nettoyer la salle de traite”, explique Xavier Lèbre. En matinée, les agriculteurs, plutôt intéressés par la méthanisation, avaient pu entendre l’exposé de Caroline Léger, conseillère bâtiment énergie à la chambre d’agriculture du Cantal. En priorité, “un agriculteur qui envisage de se lancer dans ce type de production doit, explique-t-elle, connaître la matière organique disponible sur l’exploitation à mettre dans le méthaniseur, sachant que le Cantal, riche en pâturage, implique que lisiers et fumiers produits le sont souvent seulement la moitié de l’année…” Autre contrainte, l’agriculteur doit savoir qu’il devra effectuer un certain travail pour que ça tourne : “Comme une panse de vache, le méthaniseur demande à ce qu’on lui apporte sa ration…” Dans le Cantal, une production de méthane va démarrer à Saint-Bonnet-de-Salers. Quatre à cinq autres projets sont bien avancés, dont l’un à Pierrefort. “À ce jour, il n’y a pas sur le secteur du GVA de Massiac, de projet de méthanisation, mais cette production peut être un complément de revenu en collectif ou en collaboration avec des collectivités”, explique Serge Gaydier, animateur du GVA, qui souligne néanmoins l’existence d’unités adaptées à des exploitations de taille plus modeste.

(1) L’investissement initial était de 720 000 €, le Gaec a pu bénéficier d’une aide à hauteur de 45 %. Aujourd’hui, le taux d’aide est 15 %. (2) Il faut 6 000 t de matière organique. 3 000 t de fumier et lisier produits sur l’exploitation, 1 300 t d’ensilage d’herbe, 1 300 t de déchets de betterave à sucre, 200 t de déchets de céréales, 200 t de déchets de fruits et légumes. (3) Le Gaec vend 40 000 € d’électricité par mois à ERDF. Les charges annuelles de fonctionnement hors annuités sont d’environ 30 000 €.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires