Haute-Marne : CDPO cherche pondeuses en tout genre

G.CONIL

L'entreprise C.D.P.O d'Esternay, centre de conditionnement, distribution et production d'oeufs, propose des visites de poulaillers pondeuses. Le 20 octobre, deux agriculteurs de Haute-Marne déjà bien avancés dans leur projet d'installation et deux conseillères « diversification » de la chambre d'agriculture de Haute-Marne qui visitaient le centre de conditionnement et un élevage de Seine-et-Marne.

A Esternay, CDPO est une entreprise familiale créée en 1993, qui conditionne et distribue 800 millions d'oeufs par an. C'est le plus gros centre de conditionnement d'oeufs indépendant de France
80 % des 2 à 2.5 millions d'oeufs traités chaque jour proviennent de Bretagne. Des oeufs de poules élevées en cage, au sol, en volière avec ou sans parcours il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses, avec ou sans label, kasher ou non, avec ou sans oméga 3 .

Pas tous dans le meme panier

Emballés sous les marques Pleine Forme, Les Oeufs d' Emilie ou encore Perle de rosée déposées par CDPO, ou sous des marques de distributeurs telles AUCHAN, CORA, MATCH et E.D, les oeufs sont livrés dans les 3 jours qui suivent la ponte auprès de commerces de la région parisienne, et du grand-est. Fêlés et déclassés sont dirigés vers des unités de transformation.
C.D.P.O compte plus d'un millier de clients dans un rayon de 200 km autour d'Esternay, une clientèle fidélisée par la qualité des produits et des services comme par le succès des produits car outre la qualité de l'oeuf et sa fraîcheur le packaging influence fortement les clients dans le choix de la boite… Les mots « Pleine forme », « Bons oeufs de nos provinces de France », et maintenant « élevées en volières », les codes couleur et le graphisme des étiquettes retiennent l'attention sur le marché certes très porteur de l'oeuf mais aussi très diversifié et très complexe.
La gamme est étoffée de diverses marques sous certification AB pour des oeufs « made in Bretagne » fournis déjà emballés par le groupement de producteurs des Fermiers d' Argoat, équipé de son propre centre de conditionnement car le cahier des charges AB oblige à un centre de conditionnement dédié exclusivement aux oeufs bio. Comme pour les oeufs conventionnels, un même oeuf peut être vendu sous plusieurs marques « Les fermiers d' Argoat », « Bio-Auchan », et autres marques d'enseignes.

Et si CDPO compte une multitude de clients, c'est à autant d'acheteurs que ces dirigeants et commerciaux doivent aujourd'hui expliquer la répercussion du prix de céréales sur le prix de l'oeuf car il faut environ 2.3 kg d'aliments contenant 2 tiers de céréales pour produire 1 kg d'oeuf

Des réorientations nécessaires

La réglementation applicable au logement des pondeuses va imposer de nouvelles règles dès 2012, et si l'élevage en cage ne sera pas interdit il faudra néanmoins réduire la densité des élevages en réaménageant les cages pour une surface au sol minimum de 0.2 m² et une hauteur minimale de 45 cm. Il faudra les équiper de nids, de dispositifs de raccourcissement des griffes, de perchoirs…. 3 élevages sur 10 sont conformes à ces règles, pour les autres il faudra investir de 15 à 20 € par poule. Ceci laisse prévoir un renouvellement de 50 % du parc de poulaillers alors CDPO mise sur la relocalisation de la production dans l'est, de préférence à 250 km d'Esternay, gain de carburant et de personnel à la clé.
Un français mange en moyen 265 oeufs par an dont 55 % achetés frais et en boite. Comme les consommateurs sont de plus en plus attentifs au bien être animal et à la qualité du produit et comme les règles d'étiquetage en place depuis 2004 imposent d'afficher le mode de d'élevage sur la boite et sur l'oeuf, à la demande CDPO, depuis un an, les agents des groupes COPAM, SOREAL, AGRALIS recherchent des investisseurs pour des bâtiments avec parcours logeant 15 à 30 000 poules afin de produire de l'oeuf plein air.

En complément aujourd'hui CDPO souhaite un approvisionnement local en oeufs Label Rouge et en oeufs certifiés AB, lesquels représentent aujourd'hui 40 % de son activité. Dans un premier temps, sans envisager abandonné le partenariat avec Les fermiers d' Argoat. L'objectif affiché est de 250 000 pondeuses label rouge soit environ 40 poulaillers de 6 000 poules avec 3 ha de parcours et de 50 000 pondeuses élevées en mode biologique soit une demi douzaine de bâtiments comptant 6 à 9 000 poules à 2 ou 2.5 heures de route d'Esternay . Pour le conditionnement des oeufs bio, CDPO s'apprête à investir dans un deuxième centre bien sûr à Esternay.
Toujours en avance sur leur temps, Jean Marc PHILIPPE et ses associés planchent déjà un nouveau produit l'oeuf de poules élevées en volière sans parcours. Etiqueté «volière» l'oeuf plait tout autant qu'estampillé« plein air » et les investisseurs sont libérés de la contrainte du parcours car 30000 poules nécessitent 12 ha de terrain.

En savoir plus sur C.D.P.O : Conditionnement - Distribution - Productions d'Oeufs

- Création en 1993
- SAS familiale (société par actions simplifiées)
- Chiffre d'affaires 2008 : 500 000 €
- Chiffre d'affaires 2009 : 1 million d'euros
- 800 millions d'oeufs conditionnés par an
- Entreprise norme ISO 14000 certifiant la prise en compte d'aspects environnementaux dans le fonctionnement de l'entreprise tel les choix d'étiquetage, d'emballage, l'évaluation de la performance, l'analyse du cycle de vie.
- un PDG lui-même éleveur depuis 1993
- 120 salariés
- 5 groupes fabricants d'aliments
- plus de 1 000 clients
- 1 seule firme service en nutrition : le CSNE pour la conception des formules alimentaires en fonction du coût de matières premières et de la valeur ajoutée sur l'oeuf
- un prix de l'oeuf indexé sur celui de l'aliment

Voir les poules pour mieux choisir son poulailler

M. Philippe Lapie du centre CDPO organisait la visite de ce poulailler de 20 000 poules, en place depuis déjà une dizaine d'années. L'exploitation principalement céréalière voulait alors se diversifier et donc ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.
La visite de ce poulailler de 20 000 poules plein air illustrait très concrètement les aspects techniques de la production et a permis aux futurs éleveurs de se projeter dans leur futur élevage. Ces derniers ont été tout d'abord surpris de la propreté de l'élevage, très contradictoire avec l'idée que l'on se fait d'un poulailler. La ventilation dynamique dans ce grand bâtiment de 17m de large permet de limiter les odeurs et donc les problèmes de voisinage.
La production en cages étant vouée à disparaître du fait des normes européennes sur le bien-être animal, des modes de production alternatifs sont en plein essor. Les cahiers des charges pour chaque alternative : plein air, Label Rouge et bio sont très précis. Il faut donc bien raisonner son choix de mode d'élevage en fonction de son exploitation, des terres, de la main d'oeuvre disponible et des financements possibles. Les projets de poulaillers en cours en Haute-Marne, quatre pour l'instant, sont assistés par Philippe Lapie qui réfléchit avec chaque agriculteur au bâtiment et à la dimension de l'élevage les plus adaptés à chacun.
Ainsi, un futur éleveur de poules pondeuses, près de Chaumont, s'oriente sur une production Label Rouge de 6 000 poules. Le Label Rouge limite à deux bâtiments de 6 000 poules la taille de l'atelier par exploitation. L'intérêt d'une telle production est lié au signe de qualité et au prix d'achat..

L'éleveur nous explique : « Je souhaite m'installer dans la production d'oeufs sur l'exploitation familiale. La taille de 6 000 poules me convient parfaitement au niveau de la charge de travail. C'est le prix des oeufs Label Rouge qui rentabilise un poulailler de cette taille restreinte : 6,25 euros par poules de MB» Bien que Label Rouge exige plus de temps au ramassage des oeufs, M. Lapie précise: «Le travail est de l'ordre de deux heures quotidiennes pour collecter manuellement en bout de bâtiment les oeufs de 6 000 poules. Ce qui est tout à fait raisonnable»
Le deuxième projet de poulailler vient aussi conforter l'installation d'un jeune agriculteur près de Chaumont, il comptera 22 000 poules en volière. Il s'agit d'une vraie nouveauté, même si deux autres poulaillers sont déjà en cours de montage en Haute-Marne dont un en volière. Dans une volière, les pondoirs, perchoirs, mangeoires et abreuvoirs se superposent sur plusieurs étages. Les poules peuvent donc occuper le bâtiment dans les trois dimensions et l'espace utile est multiplié par le nombre d'étages installés L'autre intérêt de ce type de bâtiment est de pouvoir être équipé d'un racloir pour nettoyer les fientes ou d'un tapis d'évacuation pré-séchant sortant les fientes à 40% de MS. Séchées sous hangar, les fientes donnent un excellent compost. Cela évite à l'éleveur d'avoir à faire un plan d'épandage. Les futurs exploitants de cette volière sont vraiment impatients de pouvoir lancer leur production et de figurer parmi les pionniers dans ce type d'élevage.
Il existe donc plusieurs options pour créer un atelier de poules pondeuses : en plein air, en Label Rouge ou en bio et bientôt volière sans parcours, sachant que la demande pour ce type de produits va croissant au détriment des productions en cages et que CDPO n'attend plus que les producteurs pour lancer sa sous-unité spécialement dédiée aux Labels Rouges et oeufs bios.

Source AVENIR AGRICOLE

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier