Hervé Pillaud, secrétaire général de la FDSEA : Paille : un appel solennel à la solidarité

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La FDSEA vient de recenser toute cette semaine les premiers besoins en paille. Y a-t-il le feu comme l'an dernier ? Entretien avec Hervé Pillaud, secrétaire général de la FDSEA.

Pourquoi avoir commencé le recensement des besoins en paille et des offres éventuelles en ha ?

Il n'y a pas encore péril en la demeure. Mais les premières indications en provenance du terrain nous appellent à la prudence. Et puis l'expérience de l'an dernier est encore dans toutes les mémoires. Nous avons voulu alerter avant les moissons sur l'importance de ne pas broyer la paille en plaine, mais aussi et surtout en bocage. Avec le renchérissement du carburant, il n'est pas question d'envisager une opération en Espagne comme l'an dernier. Il faut privilégier les échanges locaux, les mises en relations à l'échelle d'une commune ou d'un canton. Les échanges paille fumier doivent aussi être privilégiés et les éleveurs doivent s'engager à prendre l'intégralité de la paille réservée.

Mais les céréaliers vont aussi dire que le renchérissement des dérivés du pétrole et donc des engrais impactent leur trésorerie et ils pourraient ainsi être tentés de broyer ?

C'est pour cela que la chambre vient de nous indiquer les fourchettes de prix en andain si on tient compte des exportations en P et K. Il faut ajouter le pressage, et le transport, limité à l'échelle du département pour arriver à un prix négocié rendu cours de ferme. Ce calcul est mathématique. La revalorisation du prix du grain doit aussi amener à considérer les relations entre éleveurs et céréaliers avec plus de solidarité encore. Chacun doit avoir conscience que les productions animales sont les premières utilisatrices de céréales et toute diminution de l'élevage affecterait l'ensemble de l'agriculture vendéenne. Il y a des moments ou des signes forts doivent être donnés. C'est un appel solennel que je lance.

A combien estimer le prix de la paille aujourd'hui ?

C'est trop tôt pour annoncer des prix rendus cours de ferme. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. Tous les présidents de SEA sont amenés au cours des réunions de la semaine à faire un premier recensement dans leur commune et le remonter à la FDSEA avant le 30 juin. Les réunions autour de l'étude des dossiers CDOA sont un bon moyen pour faire ce recensement. A partir de ce moment là nous envisagerons une commande avec nos partenaires habituels. Les moissons approchent. C'est maintenant qu'il faut commander si le besoin s'en fait sentir. Une fois les moissons débutées ce sera trop tard.

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