Histoire de l'économie laitière du Cantal : Riche d'enseignements

P. Olivieri

Ancien chargé de mission au Cif, Georges Rolland réédite un mémoire sur l'histoire de l'économie laitière du Cantal.

Il vous parle d'un temps, le début des années 60, où le Cantal comptait encore 14 796 exploitations agricoles et 170 877 habitants, où la vache salers, promue alors comme “une race incontestablement laitière de montagne”, produisait en moyenne 3 000 kg de lait, où le département, avec 29 844 tonnes fabriquées, trônait sur la première marche des départements français fromagers, devant le Doubs, les Vosges et le Jura. Ce temps-là, Georges Rolland, fils de paysans sur Saint-Bonnet-de-Salers, a décidé de l'évoquer dans un ouvrage consacré à l'histoire de l'économe laitière cantalienne. Un livre qui est en fait la réédition de son mémoire de fin d'études paru en 1967 alors qu'il était élève ingénieur à l'école d'agriculture d'Angers. À l'époque, ce passionné d'agriculture et d'économie fromagère, toujours resté fidèle à son pays, est en poste au service économique de la Chambre d'agriculture et détaché auprès du Cif (Comité interprofessionnel des fromages). Une position privilégiée pour analyser la situation de la production et de la transformation laitières en pleine révolution, mais aussi en pleine crise.

Des années d'essor et de crise

C'est d'ailleurs une certaine analogie avec la crise que vit actuellement la filière laitière qui a poussé Georges Rolland, aujourd'hui retraité, à faire paraître son mémoire. “En 1963-1964, on a effectivement assisté à une crise forte, une crise de surproduction liée aussi à l'inorganisation du marché. Les ventes étaient très difficiles et les stocks s'accumulaient”, retrace celui qui intégrera par la suite la branche approvisionnement de Centre Lait. Un nouveau débouché est alors trouvé, celui du Cheddar, dont la production annuelle par la toute jeune usine Centre Lait a atteint 1 446 tonnes en 1965. Une “diversification” qui laissera place rapidement à un autre fromage à longue conservation, le Colby. Pour Georges Rolland, les causes des difficultés actuelles sont tout autres, et sont d'abord à rechercher dans la très grande variabilité des coûts de production au sein même de l'Union européenne. “Ce qui me frappe aussi, c'est de voir un prix du lait payé aux producteurs à 30 cts e, alors qu'il est quatre à cinq fois plus élevé à la distribution”.

 

Les débuts des ateliers de transformation privés ou coopératifs du Cantal

Pour autant, l'ingénieur de l'agriculture retraité se garde bien de se prononcer sur des solutions pour sortir la filière laitière de l'impasse. “Ce que j'ai souhaité faire en éditant ce livre, c'est montrer que la crise, ce n'est pas quelque chose de nouveau, qu'on s'en est relevé et qu'on va sans doute faire pareil aujourd'hui”, conclut Georges Rolland. Cet ouvrage est aussi l'occasion de se plonger dans les débuts des ateliers de transformation privés ou coopératifs du Cantal qui vont progressivement se regrouper. Mais aussi de découvrir les premières tentatives d'organisation interprofessionnelle départementale avec notamment le projet “Cantal-Bleu-Cil”, un comité interprofessionnel du lait dont le but était de garantir un prix du lait rentable aux producteurs tout en assurant aux transformateurs et affineurs la rentabilité de leurs outils, ceci aux moyens d'accords interprofessionnels sous forme... de contrats-types pour la commercialisation du fromage. L'histoire laitière est aussi un éternel recommencement...
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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