Huile de palme et déforestation : Les producteurs sous pression

Après Unilever, Nestlé est le deuxième géant de l'alimentation à sanctionner un grand producteur indonésien d'huile de palme sous la pression de Greenpeace qui l'accuse de complicité dans la destruction des forêts tropicales.

Nestlé n'a pas attendu pour réagir à Greenpeace. Quelques heures après le lancement mercredi d'une vidéo choc liant sa barre chocolatée Kit Kat à la disparition des orangs-outans, le groupe suisse annonçait la suspension de ses contrats avec Smart, premier producteur indonésien d'huile de palme. Nestlé a réaffirmé son « engagement à utiliser uniquement de l'huile de palme certifiée d'ici 2015, lorsque les quantités suffisantes seront disponibles ».

Greenpeace avait ciblé de la même façon en décembre Unilever, qui avait également annoncé la fin de ses approvisionnements auprès de Smart, filiale de la holding Sinar Mas, basée à Singapour. En février, après le retrait d'Unilever, le groupe Smart s'était engagé à « ne pas convertir en plantation des terres présentant de fortes capacités de stockage de carbone, comme les tourbières et les forêts primaires ».

Déforestation à grande échelle

Les campagnes anti-huile de palme sont mal perçues en Indonésie qui, avec la Malaisie voisine, produit 80% de cette huile aux multiples usages (cosmétiques, alimentaires, bio-carburants). Sa culture, très rentable, fait travailler trois millions de personnes, dont de nombreux petits exploitants, et est devenue l'une des principales sources de devises pour le 4ème pays le plus peuplé au monde.

Mais, pour cela, les massifs forestiers qui recouvraient les îles de Sumatra et de Bornéo ont été en bonne partie remplacés par d'immenses plantations, où les singes, les éléphants et les tigres n'ont plus leur place. Cette déforestation à grande échelle a également contribué au bond des émissions de gaz à effet de serre par l'Indonésie.

Les experts prévoient que la croissance attendue de la demande en huile, portée par la Chine et l'Inde, va continuer à entraîner une augmentation des surfaces cultivées. Les grands producteurs « ont tout intérêt à montrer leur bonne volonté en cessant de déboiser et en plantant plutôt les millions d'hectares de terres dégradées disponibles en Indonésie », souligne Nazir Foead, de l'ONG WWF.

Source d'après AFP

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