IBR : En route vers l’éradication. Chaque éleveur concerné

Christian PETIT & Dr Didier GUERIN

IBR : En route vers l’éradication. Chaque éleveur concerné

Arrêté ministériel IBR => Dans le cadre de la refonte du dispositif de prévention, de surveillance et de lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), un nouvel arrêté ministériel a été signé le 31 mai pour une entrée en vigueur le 1er juillet 2016.

IBR : En route vers l’éradication. Chaque éleveur concerné

Ce nouvel arrêté a pour objet l’éradication de l’IBR. Il met en place l’attribution d’un statut IBR à chaque élevage, le renforcement de la surveillance et de l’assainissement avec des restrictions à la circulation des bovins issus de cheptels non-indemnes d’IBR. Il est favorable pour les cheptels indemnes d’IBR (plus de 95 % des troupeaux creusois) et beaucoup plus contraignant pour ceux en assainissement ou non-conformes.

Chaque élevage concerné, un classement IBR en 4 catégories

Chaque élevage sera répertorié vis à vis de l’IBR avec un classement en 4 catégories :

-       Troupeau indemne d’IBR : il respecte les conditions d’introduction et de prophylaxie de cheptel avec résultats favorables à deux séries analytiques sur sang de tous les bovins âgés de plus de 24 mois ou résultats favorables consécutifs à quatre séries analytiques de lait de mélange.

-       Troupeau en cours de qualification d’IBR :il respecte les conditions d’introduction et de prophylaxies de cheptel avec résultats favorables à une des épreuves ci-dessus.

-       Troupeau en cours d’assainissement : il détient des bovins positifs en IBR et valablement vaccinés.

-       Troupeau non-conforme :il ne respecte pas les conditions réglementaires de suivi IBR de son cheptel. Le risque IBR est considéré comme non-maîtrisé. 

Un allègement des mesures lors de situations favorables 

Dans les départements à situation épidémiologique favorable (taux de cheptels positifs inférieur à 1 % ou taux de nouveaux cheptels positifs inférieur à 0,2 % pendant deux ans), la qualification de l’IBR est maintenue par contrôle de 20 % des bovins âgés de plus de 24 mois ou par contrôles annuels du lait de mélange. Les troupeaux d’engraissement dérogataires exclusivement entretenus en bâtiments dédiés (bâtiment sans accès aux pâtures et sans détention d’autres animaux) dérogent à l’obligation du dépistage annuel.

Le dépistage des 12-24 mois pour les situations défavorables avec une transition jusqu’au 31/12/2017

Tout troupeau en cours d’assainissement ou non-conforme devra contrôler ses bovins à partir de 12 mois et non à partir de 24 mois comme les élevages indemnes ou en cours de qualification. Par mesure de transition, jusqu’au 31 décembre 2017, les troupeaux en cours d’assainissement et ayant éliminé la totalité des animaux reconnus positifs peuvent ne contrôler que les bovins de plus de 24 mois.

Pour le contrôle aux mouvements, un dépistage 15 à 30 jours après l’arrivée, un dépistage avant le départ pour tout bovin issu de troupeau non-indemne

Tout bovin introduit, quel que soit son âge, sera isolé et soumis à un dépistage IBR réalisé 15 à 30 jours suivant sa livraison pour prendre en compte le risque « transport » (cf. article du 17/06/2016). Des dérogations au contrôle à l’introduction peuvent intervenir si les bovins sont issus de troupeaux indemnes d’IBR avec des conditions de maîtrise de la biosécurité au cours du transport.

Si le cheptel d’origine est non-indemne d’IBR, un contrôle IBR sera à réaliser dans les 15 jours avant le départ du ou des bovins afin de ne mettre dans le circuit « propre » que des animaux négatifs en IBR. Les bovins destinés à un troupeau d’engraissement dérogataire en bâtiment dédié ou à l’abattoir peuvent déroger à l’obligation de dépistage à condition d’être transportés à destination par transport sécurisé. 

Une vaccination des positifs dans le mois suivant le résultat d’analyse

Afin de limiter le risque de contamination des congénères, tout bovin ayant présenté un résultat IBR défavorable sera vacciné par son vétérinaire sanitaire dans le mois suivant la notification du résultat d’analyse. Il peut être dérogé à cette obligation si l’animal est envoyé par transport sécurisé à l’abattoir. La vaccination sera entretenue par des rappels vaccinaux réalisés par le vétérinaire sanitaire. 

Les bovins infectés avec une ASDA marquée et une sortie vers l’engraissement ou l’abattoir

Lorsqu’un bovin est reconnu infecté d’IBR, pour faciliter son identification et la mise en place des mesures de restriction correspondantes, son ASDA (attestation sanitaire à délivrance anticipée) est marquée. Sa sortie n’est autorisée que pour son transport vers un abattoir ou un troupeau d’engraissement dérogataire en bâtiment dédié. Lorsque les mesures prévues par l’arrêté ne sont pas respectées (troupeau non-conforme), tous les bovins du troupeau sont considérés comme infectés. 

Une séparation des circuits pour le transport, les rassemblements, les pâturages collectifs, la transhumance…

Afin de limiter toute nouvelle contamination, tout bovin reconnu infecté d’IBR ne peut être introduit dans une exploitation ou mélangé à des bovins de statut différent, y compris lors du transport ou de tout rassemblement. Tout bovin entré en contact avec un bovin reconnu infecté sera considéré comme infecté.

Par mesure de transition, après avis du CROPSAV (conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale), les animaux infectés valablement vaccinés pourront accéder aux pâturages collectifs ou aux estives jusqu’en décembre 2021 sans que les bovins entrés en contact avec ces animaux ne soient considérés comme infectés. 

IBR : En route vers l’éradication. Chaque éleveur concerné

L’IBR, une composante incontournable de l’étape « J’apporte des garanties » de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! », chaque éleveur maintenant concerné

En raison de son impact clinique et des exigences commerciales qui en ont découlé, la lutte contre l’IBR s’est structurée collectivement dans les années 90 avec la mise en place des appellations puis en 2006 avec le dépistage obligatoire. Parti d’un besoin pour certains éleveurs (notamment vendeurs de reproducteurs), cela implique maintenant chacun dans un contexte européen où la lutte contre l’IBR se généralise. L’objectif de cette ultime étape, l’éradication, est une facilitation encore améliorée des circuits commerciaux vis à vis de cette maladie, y compris aux échanges et à l’export, et un allègement de la prophylaxie. Du fait de l’impact sur les tranches d’âges à dépister, le marquage de l’ASDA des bovins reconnus infectés, la séparation des circuits… chaque cheptel va être concerné dès la prochaine campagne. Face à ces évolutions, nous allons poursuivre notre information collective des éleveurs (notamment sur le passage du contrôle à l’introduction de 10 jours à 15 à 30 jours après l’arrivée) et individuelle de ceux en situation défavorable et renforcer nos échanges avec nos partenaires du transport et des rassemblements. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou nous-mêmes pour tout renseignement complémentaire.

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