IGP génisse Fleur d'Aubrac : La fine fleur de l'Aubrac enfin reconnue

Eva DZ

Après 19 ans de travail, l'association interprofessionnelle des viandes bovines issues du troupeau Aubrac et l'association des produits de l'Aubrac ont réuni l'ensemble des acteurs qui ont oeuvré pour l'obtention toute récente de l'Indication géographique protégée (IGP) «génisse Fleur d'Aubrac».

Il aura fallu «une obstination proche de l'acharnement» pour que la démarche IGP génisse Fleur d'Aubrac aille à son terme. C'est en ces termes qu'Antoine Raymon, président de l'association interprofessionnelle des viandes bovines issues du troupeau Aubrac (AVBA) a décrit la démarche collective entamée il y a 19 ans. Aujourd'hui 250 éleveurs adhérents à Cémac-Cobévial ou à Bovi PC, deux sites d'abattage à Rodez et Marvejols, quatre principaux clients (Arcadie Sud-Ouest, SA Languedoc Lozère Viande, COBO Sud coopérative des bouchers de l'Hérault et le restaurant L'Aubrac à Laguiole) qui fournissent une cinquantaine de boucheries, plusieurs restaurants et trois supermarchés, sont concernés par l'IGP génisse Fleur d'Aubrac. Tous éprouvent une «certaine satisfaction» à la mesure de l'aventure «riche en péripéties», selon Antoine Raymon.

« Une étape de plus »

Ce très «grand moment pour la filière» a de même été salué par Raymond Fontugne, ancien président de l'association des produits de l'Aubrac, remplacé par Vincent Granier, éleveur lozérien. «Nous sommes partis de 5 à 6 carcasses par semaine pour atteindre aujourd'hui 26 à 27 animaux/semaine, soit entre 1400 à 1500 génisses Fleur d'Aubrac par an», explique Raymond Fontugne. «Des efforts ont été réalisés par les éleveurs dans le poids carcasse avec une production régulière sur l'année et une conformité avec les attentes des bouchers et des consommateurs», poursuit-il.
Avec l'obtention de l'IGP, une étape de plus est donc franchie pour la génisse Fleur d'Aubrac, issue du croisement entre une mère de race Aubrac et un père de race Charolaise. Cette génisse est abattue à un âge compris entre 24 et 42 mois et ne quitte jamais le territoire de l'IGP de sa naissance à son abattage.

« Donner le goût de l'engraissement »

«Le signe officiel de qualité n'est pas une solution à tous les problèmes», avance Antoine Raymon. «Nous avons toujours quelques difficultés à développer la filière car l'engraissement n'est pas la vocation première de nos éleveurs. Or les cours des animaux gras semblent moins volatils que ceux du maigre et l'engraissement, bien qu'il constitue un coût supplémentaire pour l'éleveur, peut constituer une diversification et sécuriser une partie du revenu avec des surfaces raisonna-bles». Pour Antoine Raymon, les signes officiels de qualité sont aussi des outils d'aménagement du territoire car ils contribuent à maintenir des exploitations et de la valeur ajoutée dans les territoires. André Valadier s'est appuyé sur une étude de l'Irqualim, institut régional de la qualité alimentaire, qui conclut que les produits sous signes officiels de qualité ont en dix ans, doublé en chiffres d'affaires quand dans le même temps les produits dits génériques avaient vu leur chiffre d'affaires baisser de 15%.

« Fédérer »

Jean Laurens, président du comité IGP et Label rouge à l'INAO, a salué cette «démarche structurante pour le territoire» : «des outils se créent grâce à vos démarches, je pense au projet d'abattoir à Antrenas en Lozère. De plus vous avez su fédérer l'ensemble des acteurs de la filière : producteurs, abatteurs, OP, coopératives, bouchers, consommateurs, c'est une belle performance».
L'objectif est donc de favoriser le développement de cette filière. «Par rapport au potentiel de production, nous nous sommes fixés un objectif de 1500 carcasses par an, un chiffre que nous approchons aujourd'hui avec une légère progression d'environ 150 carcasses et pourquoi pas bientôt les 2 000 carcasses car les volumes commercialisés augmentent». De belles perspectives s'ouvrent donc pour la nouvelle image de la génisse Fleur d'Aubrac marquée du sceau de l'IGP.

Source La Volonté Paysanne

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