Il y aura de l’eau cet été pour les maïs !

Catherine Perrot

Après des travaux démarrés à l’été 2013, la retenue d’irrigation du Gaec du chêne, alimentée par les eaux de drainages des champs alentours a été mise en eau le 31 décembre 2013. Un mois plus tard, elle est déjà pleine !
Après des travaux démarrés à l’été 2013, la retenue d’irrigation du Gaec du chêne, alimentée par les eaux de drainages des champs alentours a été mise en eau le 31 décembre 2013. Un mois plus tard, elle est déjà pleine !

Producteur de porcs à Legé, le Gaec du Chêne a augmenté ses possibilités d’irrigation en créant une nouvelle retenue d’eau, alimentée par les eaux de drainage des parcelles alentours. Le fait qu’une petite partie de la parcelle choisie ait été en « zone humide » n’a pas constitué un frein à ce projet.

Au Gaec du Chêne, à Legé, la toute nouvelle retenue d’irrigation qui vient d’être mise en service est déjà remplie ! Mise en eau le 31 décembre, elle est pleine le 31 janvier ! « Et dire qu’on avait peur de ne pas la remplir ! », s’étonne Patrice Dugast, l’un des trois associés du Gaec.

Le Gaec du Chêne s’est spécialisé en production porcine depuis quelques années. Il compte aujourd’hui trois associés et trois salariés, et est naisseur-engraisseur sélectionneur (cette dernière activité ayant d’ailleurs vocation à se développer). Le Gaec produit du maïs et des céréales, entièrement autoconsommés par l’élevage.

L’irrigation n’est pas une nouveauté sur le Gaec. « On irrigue depuis toujours ! » Toujours ou presque : l’exploitation possède depuis 1976 une retenue de 30 000 litres qui lui sert à irriguer 25 hectares de maïs. Le bénéfice de l’irrigation, les associés le mesurent très bien : les rendements de maïs grain (récolté en maïs grain humide) vont du simple au double entre les parcelles non irriguées et celles qui le sont : 50-60 quintaux contre 110 quintaux par hectare !

Depuis le départ, l’objectif de l’irrigation est d’augmenter la sécurité alimentaire de l’élevage. Courant 2012, les associés prennent la décision de chercher à pousser au maximum cette logique, pour ne plus acheter de maïs à l’extérieur, et ainsi « s’affranchir de la variabilité des cours ». « On n’a pas assez de terres disponibles, il faut optimiser la production sur celles que l’on a. Produire plus sur les mêmes surfaces. On est vraiment dans la logique de l’Agriculture écologiquement intensive. »

L’étude économique met en évidence l’intérêt de l’autonomie alimentaire et les banques n’hésitent pas à suivre les associés dans leur projet de créer une nouvelle retenue d’eau, leur permettant désormais d’arroser 100 hectares, soit les trois quarts de leurs maïs. Par ailleurs, le Gaec possédant de très nombreuses parcelles drainées et regroupées, l’idée de récupérer les eaux de drainage pour l’irrigation fait vite son chemin.

Toutefois, avant de lancer les travaux, Patrice Dugast et ses associés multiplient les visites dans les installations existantes, pour recueillir le maximum d’informations. Si l’autonomie alimentaire est leur objectif principal, un autre critère est tout aussi important : la quantité de travail, pour eux comme pour leurs trois salariés. « On veut produire plus, mais sans travailler plus ! »

L’irrigation peut en effet engendrer des astreintes importantes, dans des périodes de récoltes et de prises des vacances des salariés ou des associés. « C’est pourquoi nous avons suivi les conseils de travailler avec des pivots ou des rampes. Avec la nouvelle retenue, nous n’aurons pas plus de temps de travail qu’avant ».

Pour créer cette nouvelle retenue, le Gaec du chêne a fait appel à Caroline Doublet, chargée de mission eau à la chambre d’agriculture, pour étudier la faisabilité du projet et réaliser le dossier réglementaire, et au bureau d’études Agéos, pour tous les plans et la conception du projet, et. La retenue d’eau fait 2,90 ha, soit juste en dessous du seuil des 3 hectares, à partir duquel une enquête publique est nécessaire. L’objectif est de stocker 90 000 m3, qui vont donc s’ajouter aux 30 000 m3 initiaux.

Au moment de l’étude préliminaire, les techniciens remarquent qu’une petite partie de la parcelle prévue pour y faire la retenue semble être une zone humide (1). Après quelques échanges avec l’administration, les associés acceptent de décaler au maximum le projet en dehors de la zone humide identifiée. Ils optent pour une compensation et recréent, juste au bord de la retenue, 2 400 m2 de zone humide, en l’occurrence une zone de contact de faible profondeur, entre l’eau et la rive.

Patrice Dugast estime que les échanges se sont « plutôt bien passés avec l’administration ». Caroline Doublet, le confirme et explique que c’est aussi parce que le dossier a été « bien préparé en amont ». « Ainsi, nous n’avons pas perdu de temps au moment de l’instruction. »

Les travaux ont donc démarré comme prévu à la saison sèche, en juin 2013. Le coût final de ce grand ouvrage est de 3,10 € par m3 stocké (2) et les associés sont désormais assurés de pouvoir bientôt faire tourner à plein régime, et uniquement avec leurs productions (3), leur unité de fabrication d’aliment à la ferme.

(1) La commune n’a pas encore fait son inventaire zone humide. Mais cette zone aurait pu être qualifiée d’humide selon les critères de la Police de l’eau.
(2) Un coût possible sur un sol naturellement imperméable. S’il avait fallu le bâcher, le coût aurait pu monter à 7 à 8 €/m3.
(3) Seul le soja, bien sûr, doit être acheté à l’extérieur.

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Commentaires 1

popey16

bravo c est du bon boulot vous pouvez faire de l ecrevisse si vous n avez pas de clarki ou ecrevisse de louisiane ou du poisson bon courage.

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