Ile de France : Les faillites en agriculture ne font que commencer

Le Ministère de l'Agriculture a confirmé les résultats catastrophiques des comptes de l'agriculture de l'année 2009 : la Chambre d'Agriculture et le syndicalisme l'annonçaient dès le mois de novembre. Dans toutes les filières agricoles, les résultats sont en chute libre.

Un mouvement de fond

En Ile-de-France, la baisse du résultat par actif se situe à 55%. Cela s'explique par la chute des prix dans tous les secteurs et par des coûts de production élevés. 2009 s'est révélée exceptionnelle en terme de production dans la région (records historiques en orge, colza, féverole, betterave), grâce à des conditions météorologiques favorables. Le marché mondial a entraîné les prix vers le bas, d'où une production francilienne en chute de 18% en valeur pour les grandes cultures.

En lait, le revenu diminue de 50% en 2009. Les livraisons se sont maintenues pour les 110 élevages laitiers (leur nombre et l'effectif de vaches laitières continuent à diminuer). A 0,28€/l en 2009, le prix moyen du lait livré à l'industrie chute de 18%... Inacceptable : le prix du litre de lait payé au producteur est inférieur au prix du litre d'eau en hypermarché.

Cette baisse des revenus vient s'ajouter à la chute de 29% l'année dernière dans la région. Comme la profession agricole l'avait prédit à maintes reprises, la rémunération du travail agricole se trouve prise dans une spirale descendante et 2010 ne laisse guère espérer mieux. Car cette dégringolade du résultat courant a lieu avant même l'entrée en vigueur du Bilan de santé de la Politique Agricole Commune, qui aura pour effet de diminuer d'environ 25% les soutiens agricoles en Ile-de-France ! Le monde agricole rêverait qu'à l'instar des autres professions, le débat porte entre 0% et 0,5 % d'augmentation.

Les agriculteurs : des citoyens de seconde zone ?

Par ailleurs, si l'on fait le rapport 2008 / 1991, on constate que les revenus agricoles ont certes augmenté de 3%, mais dans le même temps le rapport équivalent toutes catégories socioprofessionnelles confondues fait apparaître une hausse de 8% en euros constants. De même, à l'échelle de l'Etat, l'agriculture est la grande oubliée des Ministères. Elle fait les frais de la discipline de rigueur : son budget se voit réduit de 5,6% sur la période 2011-2013, ce qui place le Ministère au 2ème rang des réductions : signe supplémentaire du degré de priorité accordé à l'agriculture.

La profession s'engage déjà pour l'échéance de 2013

Face à ce constat pour le moins alarmant, comment peut-on décemment envisager une révision de la Politique Agricole Commune qui mettrait à bas le peu d'outils permettant aux entreprises agricoles franciliennes de se positionner sur le marché mondial ? Rappelons quand même que sur 100 euros de dépenses publiques en Europe, la PAC ne coûte que 0,98 euro et que la part du budget de la PAC dans le PNB européen a diminué de 0,52 % en 1980 à 0,47% en 2008… Qu'attend-on pour éviter le naufrage ?

Source Chambres d'agriculture Ile de France et Seine et Marne

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