Industries laitières : Lactalis attaque Parmalat en justice

Le groupe français Lactalis a entamé une action en justice contre la décision du groupe agroalimentaire italien Parmalat de repousser son assemblée générale afin de donner plus de temps à la formation d'une alliance italienne.

Lactalis a déposé samedi au tribunal de Parme (nord), ville du siège de Parmalat, une requête de suspension de la décision du groupe italien, affirme le quotidien Il Messagero. La première audience a été fixée jeudi.

Parmalat a en effet annoncé vendredi qu'il repoussait son assemblée générale, prévue mi-avril, à la fin du mois de juin, comme le lui permet un décret pris par le gouvernement afin de donner plus de temps à la formation d'une alliance italienne pour contrer Lactalis. Lactalis avait alors exprimé son « trouble » face à cette décision « illégitime et privée de motivations ».

Le quotidien Il Sole 24 Ore affirme de son côté que Lactalis a « entamé une série de réunions-clés pour décider de l'action finale » alors que Rome tente de lui barrer la route et a sorti une nouvelle arme jeudi avec l'annonce de la création d'un fonds d'investissement qui pourra acquérir des parts des groupes jugés stratégiques, dont Parmalat.

Selon Il Sole, le groupe français, qui a déjà déboursé près de 1,5 milliard d'euros pour monter à 29% de Parmalat, pourrait décider de lancer une OPA sur l'ensemble du capital mais cela « serait extrêmement coûteux », souligne le journal. Il pourrait au contraire décider d'entamer une négociation avec le gouvernement et l'éventuelle alliance d'investisseurs italiens, en vue de céder sa part par exemple à la Caisse des dépôts italienne, affirme encore Il Sole. Lactalis s'est refusé à tout commentaire sur ces informations.

Lactalis a annoncé il y a deux semaines être monté à 29% de Parmalat, une part qui pourrait lui permettre de prendre de facto le contrôle du groupe lors de l'élection du conseil d'administration durant l'assemblée, à moins qu'une alliance italienne ne lui barre la route.

Les banques italiennes Intesa Sanpaolo, Mediobanca et UniCredit se sont déclarées disposées à conseiller et financer une alliance italienne. Intesa Sanpaolo, qui détient 2,4% de Parmalat, multiplie les contacts pour rassembler partenaires industriels et financiers.

Source d'après AFP

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