Influenza aviaire : deux mois critiques

Raphaël Lecocq

Influenza aviaire : deux mois critiques

La période courant entre le 15 novembre et le 15 janvier est assimilée à une période à risque du fait des vols migratoires d’oiseaux sauvages. L’arrêté du 14 novembre 2017 modifie certaines dispositions en matière de biosécurité, qui reste l’unique seule parade. Il instaure notamment des tests de dépistage avant le transfert de palmipèdes.

En ce 17 novembre 2017, la France est officiellement indemne d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Un statut récupéré le 27 octobre dernier grâce à l'assainissement de tous les foyers H5N8 identifiés entre fin 2016 et juin 2017 et à l'absence de nouveau foyer IAHP détecté sur le territoire français depuis plus de trois mois. Dans l’échelle des risques (négligeable – modéré - élevé), la France est donc en situation de risque négligeable depuis le 4 mai 2017, à l’exception de communes situées dans les départements de l’Ain, de la Haute-Savoie et de la Savoie, en situation de risque modéré vis-à-vis de l’avifaune depuis le 25 octobre 2017, du fait de la détection du virus H5N8 en Suisse et en Italie, impliquant des mesures particulières ( ici).

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Confinement des élevages de plus 3200 palmipèdes gras

Si le risque est actuellement officiellement négligeable, la période courant du 15 décembre au 15 janvier est assimilée à une période à risque modéré à élevé, du fait des vols migratoires d’oiseaux sauvages. Ceux-ci sont potentiellement porteurs du virus de la grippe aviaire, qu’ils peuvent inoculer aux élevages via les dispositifs d’alimentation et d’abreuvement. En conséquence, entre le 15 novembre et le 15 janvier, les élevages comptant plus de 3200 palmipèdes doivent être confinés pour la part d’effectif dépassant les 3200 animaux. Les élevages détenant moins de 3200 palmipèdes doivent couvrir d’un toit leurs dispositifs d’alimentation et d’abreuvement.

Arrêté du 14 novembre 2017 modifiant l’arrêté du 8 février 2016

Le ministère de l’Agriculture vient par ailleurs de procéder à une modification de l’arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité destinées à prévenir les risques d’IAHP ( ici). Il instaure un contrôle des mesures de biosécurité dans les élevages reproducteurs, la déclaration sous sept jours à la Direction départementale en charge de la protection des populations de chaque mise en place et sortie de bande spécifiant l’origine / destination des oiseaux d’un jour et des volailles. De nouvelles modalités encadrent la gestion des lisiers. Le nouvel arrêté instaure par ailleurs un dépistage virologique préalable au mouvement de palmipèdes d'un site d'exploitation vers un autre site d'exploitation entre le 1er décembre 2017 et le 15 janvier 2018, et, par la suite, entre le 15 novembre et le 15 janvier de chaque année, ou lorsque tout ou partie du territoire national est en risque modéré ou élevé. Ces prélèvements réalisés sur 20 oiseaux représentatifs du lot doivent avoir été réalisés moins de dix jours avant le déplacement des palmipèdes.

Influenza aviaire : deux mois critiques

Détecter et alerter

En l’absence de vaccin et de toute autre solution thérapeutique, la prévention de l’influenza aviaire via l’application des mesures de biosécurité ( ici) constitue la seule parade. Et toute l’année car l’avifaune n’est pas seule porteuse du risque d’introduction du virus, susceptible de se maintenir dans les élevages à bas bruit dans les élevages, c’est à dire sous forme faiblement pathogène et donc asymptomatique. L’apparition de symptômes est annonciatrice de la mutation du virus sous forme hautement pathogène. La détection des symptômes est capitale pour juguler les risques de propagation. Outre un taux de mortalité fulminant, proche de 100 %, l’influenza aviaire se manifeste par des symptômes respiratoires (râles, toux, jetage, sinusite), digestifs et nerveux (tremblements de la tête et du cou, manque de coordination des mouvements). Des baisses d’activité et de bruit, de consommation et de ponte constituent autant d’alertes. En cas de suspicion, il faut contacter au plus vite son vétérinaire ou la Direction départementale en charge de la protection des populations.

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