Inondations : l’entretien des cours d’eau pointé du doigt

S C avec AFP

Inondations : l’entretien des cours d’eau pointé du doigt
Lors des épisodes de fortes pluies,comme ici en Aveyron, les rivières se déversent dans les terres agricoles et dans les villages (DR)

Certains agriculteurs et maires des communes touchées par les inondations pointent les difficultés d'entretien des cours d'eau, à l'origine, selon eux, des conséquences "dramatiques" des intempéries touchant le sud de la France, sur un plan humain comme économique.

Le gouvernement aidera les agriculteurs touchés

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a assuré dimanche que le gouvernement aidera les agriculteurs et viticulteurs touchés par les inondations notamment dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales.

"On va mobiliser les outils qu'on a (...), financiers. Parce qu'il y a des pertes de récoltes, et parfois ce qu'on appelle de fonds ", a-t-il précisé.  Il s'est toutefois refusé à donner le montant des aides qui seront accordées: "  

Le ministre de l'Agriculture a encore estimé qu'il "faut que les plans de prévention des inondations soient respectés, soient appliqués. Il faut aussi qu'on crée, selon les bassins, des syndicats qui puissent gérer les ouvrages qui sont en amont pour éviter qu'il y ait trop d'eau en aval".

"C'est un cri de désespoir, un cri du cœur des agriculteurs pour éviter des situations qui peuvent être dramatiques. (...) Nous avons l'impression de nous faire promener par le gouvernement et par l'administration", face à la répétition des violentes intempéries, a déclaré Jérôme Despeys, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Il dénonce les effets de la réglementation actuelle sur l'entretien des rivières et ruisseaux par les agriculteurs et les communes.

Var : Les pelles mécaniques interdites

"Dans le Var, il y a depuis quatre ans une demande pour utiliser des pelles mécaniques pour entretenir les cours d'eau. Mais il n'y a toujours pas d'autorisation, car il faut des études d'impact qui durent des années, pour protéger par exemple des espèces comme les grenouilles", a-t-il expliqué.

Sans entretien, arbres et végétaux poussent dans le lit des rivières et différentes espèces d'animaux peuvent fragiliser digues et canalisations, regrette Jérôme Despeys. Et lors des épisodes de fortes pluies, les rivières "se déversent dans les terres agricoles, dans les villages", avec "des conséquences en vies humaines" et de "lourds impacts" pour les agriculteurs, souligne-t-il. "Sans menacer la biodiversité", il "pourrait être fait des choses pour éviter une telle ampleur" des dégâts, estime-t-il, en appelant au "bon sens".

Les maraîchers et horticulteurs des environs de La Londe-les-Maures dans le Var, ont été particulièrement touchés ces dernières semaines et ces dernières années.

François de Canson : « Veut-on préserver les anguilles ou des vies humaines ? »

François de Canson , le maire de La-Londe-les-Maures, commune du var, a également dénoncé les contraintes environnementales ralentissant les travaux sur un cours d'eau qui auraient pu empêcher ces drames selon lui. 

"Les élus locaux connaissent parfaitement leurs rivières. Si on baisse le niveau de la rivière de deux mètres, si on ‘talutte’ les berges et si on fait des enrochements dans les points sensibles, il n'y a pas de raison que la rivière sorte de lit", a expliqué M. de Canson. "Le débat du jour, il est simple : veut-on préserver les anguilles ou des vies humaines?", a-t-il lancé. Les intempéries ont fait quatre morts en 24 heures, dont trois femmes, dans le Var.

La FNSEA demande à être reçue par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, à ce sujet, et souhaite l'organisation d'une table ronde "avec les différents acteurs, pour prendre des décisions pragmatiques et rapides".

 

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Commentaires 29

doucefrance

Oui il faudrait repenser l'habitat et l'occupation des vallées c'est un fait mais en attendant d'avoir repensé tout ça, le bon sens serait de nettoyer un peu les cours d'eau! c'est avec des petites actions du style faucarder les rivières, replanter des haies ça et là, entretenir les fossés au lieu de les combler, etc... qu'on pourra s'épargner quelques déconvenues en attendant que le problème du plan d'occupation des sols ne soit résolu.

lachevrevache

c'estvrai, l'eau qui coule sur un terrain nu n'est jamais parfaitement propre, il ya toujours des débris qui traînent, et qui forment des alluvions; mais dans la nature la terre elle-même n'est jamais suffisamment exposée pour former les torrents de boue qui recouvrent les routes comme j'en ai vu au bas des champs, et en voit encore au moindre orage de printemps chez moi sur les semis de maîs notamment. A Common: exprimé comme ça c'est un peu maladroit, d'accord, et un peu irrespectueux vis à vis de ceux qui dans certains cas on perdu beaucoup voire même la vie. Ce que je veux dire, c'est qu'on devrait je pense dés maintenant se mettre dans l'idée que les évènements extrèmes le seront de plus en plus, et que les solutions qui étaient valables jusqu'à maintenant ne sont plus viables. Faudrait repenser l'habitat et l'occupation des vallées, pour ne pas avoir à chaque fois un temps de retard. On commence à le faire pour les villes en aval, pour canaliser... parce qu'on ne peut pas les changer de place, et que les conséquences économiques sont très importantes, mais pour le reste... Je suis désolé d'être pessimiste. Moi, en haut de ma colline, c'est les ouragans que je crains. Déjà deux: 1987 et 1999

doucefrance

@lachevrevache
"La présence de boue dans l'eau n'est JAMAIS naturelle." Faux archi faux, je n ai jamais vu la moindre flaque d'eau sur un terrain aussi plat et couvert soit il qui ne soit limpide, sauf des heures après qu'elle se soit formée quand elle a décanté.
Quand à l'intérêt d'un envasement prononcé pour la vie sauvage, il semble plutôt imaginaire, bien des espèces de poissons, d'insectes et de végétaux m'auraient je pense rejoint sur ce point si........ elles n'avaient pas disparues!!!

@common
Concernant les populations de vers de terre, je n ai pas assez de connaissance pour en dire quoi que ce soit mais je pense que tout ce que l'on rejette et ce retrouve en terre à commencer par les produits phytopharmaceutiques n'y sont pas étrangers et pour ne pas mettre le feu aux poudres je ne nommerais pas de responsable entre le jardinier lambda; la commune et ces employés; les entreprises diverses et variées ou bien l'agriculteur du village.
Concernant l'erosion des sols, elle est de toute evidence bien plus importante maintenant qu'il y a quelques siècles seulement même avec des sols pleins de vers de terre, des hectares et des hectares de bois ou de haies avec des volumes d'eau comme il en a été enregistré et dans le laps de temps retenue les rivières aurait de toute facon été boueuse.
Il me semble que l'on s'accorde à peu près tous sur le fait qu'il faut que l'eau n'arrive pas directement des nuages à la rivière cependant elle finira tôt ou tard par y parvenir (si, si il parait qu'avant qu'on soit là c'etait déjà comme ça!!!) et quand elle y est le mieux est de lui laisser un lit propre pour qu'elle s'évacue sans quoi lors de la prochaine étape de sa longue route elle choisira elle même là ou elle veut aller.... et tout le monde a pu voir qu'elle ne souhaite pas forcément aller là ou on le voudrait!
De plus le coeur du débat ici était si je ne me trompes pas "l'entretien des cours d'eau pointés du doigt" et même si il est interessant de réfléchir à tous les autres sujets évoqués celui là peut déjà occuper un moment et mérite que quelque chose soit fait!

common

@lachevrevache

Tu peux m'expliquer stp ce que tu veux dire avec 'debat sterile - on n'empechera pas...'?

lachevrevache

L'envasement de certaines portions des rivières est dû à la topographie (pente réduite, intérieur des méandres, barrages artificiel ou naturel). La présence de boue dans l'eau n'est JAMAIS naturelle. Elle est due à l'érosion de sols découverts, cultures ou chantiers.dans la nature les sols sont toujours couverts, été comme hiver. Par contre , bien sûr, les déchets végétaux ,feuilles, rameaux et branches, et animaux, peuvent se retrouver dans l'eau en grande quantité, et s'accumuler pour former de la vase, milieu intéressant à plus d'un titre pour la vie sauvage. Maintenant, les rivières se transforment et se refaçonnent au fil du temps, et le climat évolue trop rapidement pour que l'on s'y adapte sans douleur, nous humains, avec nos exigences d'enfants gâtés. Je trouve le débat un peu stérile. On n'empêchera pas qu'un jour le Mont Saint Michel se retrouve loin à l'intérieur des terres, comme la ville de Brouage en Charente-Maritime...

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