Inra : Réduire de 30% les pesticides, c'est possible !

SC

Si la réduction de l'ordre de 30% du recours aux pesticides semble possible, sans bouleversement majeur des systèmes de production, l'objectif de 50% impliquerait des changements profonds et des baises de production de 12 à 25% selon les cultures, d'après un rapport présenté par l'Inra.

Coordonnée par l'Inra, l'étude Ecophyto R&D a été menée à la demande des ministres de l'Agriculture et de l'Environnement. Objectif : identifier de premières pistes d'actions pour répondre à l'objectif du Grenelle de réduire en moyenne de 50% les quantités de pesticides utilisés, si possible d'ici 2018, rappelle l'Inra.

Les travaux montrent « qu'une réduction de l'ordre de 30% du recours aux pesticides à l'échelle nationale serait possible avec des changements de pratiques substantiels, mais sans bouleversement majeur des systèmes de production, et avec des effets sur les niveaux de production et les marges variables selon les secteurs de production et les niveaux de prix »

En grandes cultures, qui représentent la majorité des surfaces et de l'utilisation des pesticides, les marges seraient peu ou pas touchées dans le contexte de prix de 2006, mais une baisse de production d'environ 6% serait observée.

Réduction de 50% : plus ardu !

Pour la réduction globale de moitié de l'utilisation des pesticides, engagement du Grenelle, l'étude estime que l'objectif est plus « ardu ». Il impliquerait une nouvelle conception des systèmes de production avec des effets significatifs sur le niveau de production et les marges.

« Il faudrait pour cela que toute la production française passe en production intégrée soit une baisse de la pression des pesticides estimée à 50% en grandes cultures, 37% en viticulture, 21% en arboriculture et 100% sur les prairies » explique l'étude. Les baisses de production sont alors estimées à 12% en grandes cultures, 24% pour la viticulture et 19% pour les fruits (sur la base des prix 2006)

En grandes cultures, cet objectif suppose par exemple d'allonger les rotations et donc d'introduire de nouvelles cultures dans les assolements. En arboriculture fruitière, la production intégrée passerait par un renouvellement des vergers pour implanter des variétés résistantes aux maladies. «Ces évolutions ne seraient pas neutres sur la structure de la production française et son commerce extérieur», prévient le rapport.

Le rapport conclut sur la nécessité de mettre en place une organisation coordonnée pour la diffusion des pratiques alternatives et l'acquisition des références technico-économiques sur les systèmes économes en pesticides.

Rapport complet est disponible sur le site de l'Inra : http://www.inra.fr/ecophytoRD

Pièces jointes

Source INRA

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