Installation en pisciculture : Poissons élevés en eau fraîche et vive

Bénédicte Boissier

Installation en pisciculture : Poissons élevés en eau fraîche et vive

Sébastien Chabrier a repris, depuis septembre 2009, une pisciculture en Livradois-Forez. Passionné de pêche depuis sa jeune enfance, il raconte pourquoi il a choisi, hors cadre, de se lancer dans cette activité.

Un passionné

« J'ai le souvenir, dès mon enfance, d'être allé pêcher avec mon grand-père et mon père. Entre autre, dans une pisciculture, située juste à côté de chez nous, dans le Cantal. Et j'aimais ça ! »
C'est pourquoi, il a suivi des études « qui se rapprochaient le plus du milieu aquatique », effectué différents stages. Son parcours l'a conduit, en mai 2005, à devenir salarié d'une pisciculture à Marat en Livradois-Forez.
Trois ans après, il a sauté le pas, monté un dossier pour acquérir cette exploitation, mise en vente. Après accord de la CDOA, il s'est s'installé agriculteur, et a bénéficié du prêt JA.

Améliorer l'outil

Sébastien a jusqu'à présent, continué l'exploitation de la pisciculture en l'état. Il souhaite cependant procéder à des aménagements, comme la construction d'un parking, a acheté un véhicule porteur du logo de sa pisciculture : « Les Sources du Forez ».
Mais aussi et surtout, (le projet se trouve dans les starting blocks), il veut construire un nouveau laboratoire. Agnès Pérignon, conseillère d'entreprise à la Chambre d'Agriculture/Pra Livradois-Forez, l'appuie pour mener à bien cette réalisation, en l'aidant à trouver des financements. Grâce à cet aménagement, il pense augmenter la vente directe, qui pour l'instant reste un peu marginale, même si la clientèle s'accroît régulièrement. Son cédant en effet, avait quasiment abandonné ce type de vente.
Il espère également assurer le marché hebdomadaire d'Ambert, « si j'arrive à bien m'organiser, car un métier comme le mien demande une grande disponibilité. »

 

Un métier prenant

En effet, un pisciculteur se trouve constamment sur la brèche. « On peut intervenir à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, dès que sonne l'alarme de niveau d'eau, car les grilles se bouchent. A cause des feuilles notamment. » Conséquence ? Ne pas s'éloigner de plus de 10 km des bassins, car l'eau courante s'avère indispensable. En outre « Les Sources du Forez », ce sont 2 salmonicultures situées sur 2 sites. A Saint-Pierre-La-Bourlhonne, site de production de l'oeuf à la truite (reproduction, nourrissage, tri des poissons…). A Marat, site de stockage et de préparation des commandes.
Sébastien livre des poissons vidés, mis en caisse dans de la glace pars ses soins, tous les jours de la semaine. Son plus gros client : un grossiste puydômois, qui revend à des grandes surfaces et des restaurants. L'autre partie de la production part vers des sociétés de pêche, pour empoissonner étangs et rivières.

 

Un métier passionnant

Ce jeune agriculteur, malgré les contraintes, le fait d'avoir très souvent les mains dans l'eau froide, confie aimer un métier qu'il a toujours voulu faire, exprime la satisfaction « d'être mon propre patron ». Il s'est donné les moyens de la réussite, puisque avant de s'installer, il a poursuivi des études ciblées sur la production aquacole, et a travaillé dans différentes piscicultures, dont une en Ecosse.
Sa famille lui apporte son aide. Céline son épouse « m'a soutenu dans mon projet ». Michel son père, « me donne un coup de main, vraiment appréciable, notamment pour les aménagements. »
Quant à Arthur, 8 mois, son papa attend avec impatience qu'il puisse tenir une canne à pêche !

Salmonidés en eau pure

Sa production de 30 à 35 tonnes par an, de truites, saumons, ombles chevaliers, font des Sources du Forez, une des plus importantes piscicultures du Massif central. Elle se situe dans un environnement exempt d'activité humaine (agriculture, habitations…). Les alevins bénéficient d'une eau de source d'une température constante de 9 °.
Le ruisseau Vertolaye l'alimente d'une eau froide (de 0 à 13 ° selon les saisons), et de qualité. Vétérinaire et technicien de la DSV, effectuent plusieurs fois par an, des analyses des poissons. Sébastien Chabrier exerce une surveillance quotidienne, afin de parer à toute éventualité de maladie. Il emploie un salarié, Charlie (photo), qu'il a formé pendant 2 ans, quand ce dernier est venu l'assister dans le cadre d'un BTS en alternance. « C'est quelqu'un de sérieux qui a toute ma confiance. »

Adhérent à Accueil à la Ferme

« Je connaissais Bienvenue à la Ferme, dans le Cantal. C'est pourquoi j'ai souhaité, dès mon installation, faire partie du réseau d'Accueil à la Ferme et en Tourisme Rural dans le Puy-de-Dôme. » Sébastien Chabrier a contacté cette association. Des membres du comité directeur, sous la conduite de leur présidente Agnès Valleix, lui ont rendu visite, et accepté sa candidature.
C'est ainsi qu'il a tenu fin 2009, avec un autre jeune adhérent Sébastien Sauret (transformation de viande de porc à la ferme), le stand d'Accueil à la Ferme, au salon de la Pêche et des Loisirs, tenu à Clermont-Ferrand. « J'ai apporté des aquariums et des poissons, qui ont beaucoup intéressé les visiteurs. J'ai eu pas mal de contacts, des curieux, mais aussi des grosses sociétés de pêche. Je me suis fais connaître. » Il avait bien eu l'idée de participer, mais il trouvait la location d'un espace trop élevée. « Grâce à l'association, j'ai pu être présent sur une manifestation, vraiment intéressante pour mon activité. »
Il pense suivre quelques unes des formations proposées par Accueil à la Ferme. Pourquoi pas également, celle mise en place par la Pra Livradois-Forez, sur comment mieux vendre ses produits fermiers.

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier