Installation : Quelle politique demain ?

Dossier réalisé par Arnaud Carpon

Installation : Quelle politique demain ?

« Doit-on continuer à installer demain ? » Cette question, qui circule depuis longtemps dans certains couloirs d'organisations professionnelles et dans ceux du ministère de l'Agriculture, est aujourd'hui posée par Jeunes Agriculteurs. Volontairement provocatrice, elle a pour vocation d'en amener d'autres, autant dans les débats internes du syndicat que dans les discussions avec les partenaires à l'installation. «Le côté provocateur de la question est là pour que chacun prenne du recul sur le dossier de l'installation et surtout sur le renouvellement des générations », explique Jean-Michel Schaeffer, vice-président de JA et responsable national du dossier. « Au regard des enjeux de l'agriculture de demain, doit-on changer notre approche de l'installation ? Quelle doit être la politique d'installation de demain ? » En clair, les nombreuses questions sous-jacentes doivent remettre de la prospective dans le débat.

Retour vers le politique

En 2007, JA posait les bases d'un nouveau dispositif à l'installation, avec en pièce maîtresse le plan de professionnalisation personnalisé (PPP) permettant aux porteurs de projet de suivre un parcours de pré-installation mieux adapté à leurs besoins. D'abord expérimenté dans cinq départements, le nouveau dispositif avait fait l'objet d'une signature symbolique et historique, celle de Nicolas Sarkozy lors du salon de l'Agriculture de 2008. Les textes officiels sont sortis un an plus tard, non sans difficultés. « Mettre en place le nouveau dispositif dans tous les départements n'a pas été une mince affaire, précise Jean-Michel Schaeffer. Pendant plus d'un an, nous nous sommes concentrés sur des aspects très techniques. Mais maintenant que le PPP est en place, nous devons en quelque sorte sortir la tête du guidon et regarder au loin. » D'une phase très technique, les jeunes veulent désormais travailler davantage sur la politique d'installation. « La mise en place du nouveau dispositif n'a pas rendu JA plus légitime qu'avant sur le dossier de l'installation. C'est sur le renforcement de cette légitimité qu'il faut travailler ».

 

Plus prospectifs

Cette approche plus politique du dossier installation a déjà commencé. Le rapport d'orientation 2009 a fait l'objet d'un premier travail sur la création et la transmission des exploitations agricoles. « Sur cette base, et au-delà de l'installation, la réflexion permettra d'ouvrir le débat sur la loi de modernisation et surtout sur la Pac post-2013 », ajoute Christophe Chambon, secrétaire général adjoint de JA national. « Pour l'instant, les propositions du rapport n'ont pas trouvé le moindre écho dans la loi de modernisation, souligne Jean-Michel Schaeffer. Mais nous devons nous projeter bien au-delà de cette loi. »

Dans ce contexte, la session sur le renouvellement des générations (RGA), qui se déroule du 9 au 11 février 2010 à Arc-et-Senans, dans le Doubs, promet de riches débats entre jeunes. « Il s'agira d'un approfondissement des travaux de l'université d'hiver sur le dossier installation en particulier », précise Christophe Chambon. Le travail commencera sur la base d'une conférence-débat à laquelle interviendront un économiste, un sociologue et un acteur du monde rural. Vers quel modèle agricole tendons-nous ? Quelles seront les stratégies européennes et internationales ? Quelles sont les attentes de la société envers les agriculteurs ? Quel public n'atteint-on pas avec le dispositif d'installation aidée ?

Autant de questions qui feront ensuite l'objet de travaux de groupes, afin d'amorcer des pistes de réflexion et d'actions. « Nous devrons également adapter la politique d'installation en fonction des territoires, précise Jean-Michel Schaeffer. D'une région à l'autre, les besoins en terme de renouvellement des générations ne sont pas les mêmes. Le profil des candidats à l'installation doit s'y adapter. »

Renforcer les partenariats

Ainsi, la session RGA sera donc un grand brainstorming, sensé définir des pistes d'actions pour que la politique d'installation s'adapte de manière réactive aux orientations qui seront prises pour l'agriculture française. Ce chantier devra évidemment mobiliser tous les partenaires à l'installation. D'où la conclusion de la session par un Conseil national de l'installation et de la transmission (Cnit), le matin du 11 février. Ce conseil auquel seront invités les différents partenaires –GIE des Adasea, APCA, FNSEA…– permettra de rappeler à ces derniers les ambitions politiques de JA sur l'installation et la transmission des exploitations et de les impliquer.

«Nous saisirons cette occasion pour lancer, avec nos partenaires, la semaine du renouvellement des générations en agriculture», annonce Jean-Michel Schaeffer. Cette semaine, du 22 au 26 février 2010, ponctuée par de nombreuses actions en région et dans les départements, permettra de montrer que JA reste l'acteur principal et légitime de l'installation en agriculture.

 

Source Ja Mag

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