Interview : Enveloppe vide pour le Marais Breton

vendée agricole

Interview de Christian Francheteau, délégué cantonal de Beauvoir-sur-Mer, élu chambre d'agriculture

Suite à la Commission régionale agri-environnementale (CRAE) du 7 janvier, vous avez souhaité réagir en envoyant un courrier aux ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie. Pour quelle raison ?

Les besoins pour le marais Breton s'élèvent à 9,8 millions d'euros auxquels on devrait rajouter les 1,78 millions d'euros qui correspondent à la perte de la majoration de 20 % Natura 2000. Le budget disponible à ce jour n'est que de 4,4 millions d'euros (soit une perte de 55 %). Lors de la CRAE, l'administration nous a indiqué que les ajustements se feraient sur les zones humides classées en Natura 2000, tel que le marais Breton. Or cette année, ce sont 9 000 ha en CAD qui arrivent à leur terme.
Par ailleurs, en 2008, les agriculteurs du marais Breton ont travaillé pour différencier les surfaces en prairies de la surface non agricole (partie fossés). Une mesure « fossé » a été proposée. Là aussi, faute de crédits, la CRAE n'a pas souhaité la retenir. Ces surfaces classées en hors culture ne pourront pas être contractualisées.

Existe-t-il un dispositif adapté au marais Breton ?

Dans le nouveau dispositif MAE, il n'existait aucune brique correspondant aux enjeux environnementaux du marais Breton. Depuis l'automne 2007, nous avons oeuvré avec les organismes concernés (DIREN - opérateurs Natura 2000) pour proposer une mesure qui est en cours de validation par les services de l'Etat. Malgré l'attente de l'opérateur Natura 2000 et dans la continuité des contrats en place chez les agriculteurs, cette mesure ne sera toujours pas contractualisable en 2009.

Que se passera-t-il s'il n'y a plus d'argent ?

La protection de l'environnement à travers les pratiques des agriculteurs a largement été démontrée dans le Marais Breton depuis les premières OGAF (Opération Groupée d'Aménagement Foncier). Sans soutiens financiers, la plupart des agriculteurs abandonneront les terres, le territoire se fermera. Pourtant, lors de la mise en place de Natura 2000, l'Etat français s'est engagé à mettre en place la contractualisation. Aujourd'hui, nous posons la question suivante : La répartition des enveloppes financières entre les régions est-elle calculée sur les hectares contractualisés précédemment ?

Quelle réponse attendez-vous des ministères ?

Nous attendons de leur part le rétablissement de l'injustice qui entraînerait une baisse de surfaces en MAE, soit une demande de plus de 7 millions d'euros et la mise en place rapide des mesures travaillées. Nous espérons une réponse le 13 février, lors de la venue du Michel Barnier en Vendée.

Source vendée agricole

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