Intoxications par les pesticides : Phyt'attitude met en exergue les pratiques à risque

Christian Gloria

La MSA a tiré un bilan de dix années de fonctionnement de son outil de veille et d'alerte Phyt'attitude recueillant les cas d'intoxications par les pesticides(1).

Entre 1997 et 2007, Phyt'attitude a reçu 1 909 signalements dont 1 067 étaient clairement imputables à l'utilisation de produits phytosanitaires.

« Une centaine de dossiers par an pour 800 000 utilisateurs, cela peut paraître très peu, observe Pierre Lebailly, maître de conférences en santé publique à l'UFR des sciences pharmaceutiques à Caen. Mais c'est du déclaratif et cela ne mesure pas le nombre de cas d'intoxications aiguës pour une population. »

Pierre Lebailly est en charge de l'étude Agrican (Agriculture et cancer) qui devrait donner ses premiers résultats sur les cancers dans le monde agricole à la fin de l'année.
Le bilan Phyt'attitude a le mérite de mettre en exergue les pratiques des applicateurs et la symptomatologie des intoxications.

Insecticides en tête

« 25 % des symptômes sont cutanés et presque autant de type hépato-digestifs, précise Jean-Luc Dupupet, médecin à la CCMSA ; 57,2 % des applicateurs touchés ont consulté un médecin avec 18 % d'hospitalisation parmi les consultations. Les insecticides sont les produits les plus fortement incriminés en proportion de leur faible usage par rapport aux herbicides et fongicides. » Entre les situations agricoles (grandes cultures, arboriculture, plantes sous serre…), les niveaux d'exposition diffèrent notablement.

Des pratiques à améliorer : après le traitement, la douche !

Sur le plan des pratiques, Phyt'attitude montre que les débouchages de buses sont en très forte hausse dans les causes d'incidents. À peine plus de la moitié des utilisateurs déclarent porter des gants lors de la préparation de la bouillie et/ou du remplissage de la cuve du pulvérisateur. Près de la moitié des dossiers indiquent une température de traitement supérieure à 25°C et près d'un tiers une application par vent fort ! La prise de douche immédiate après le traitement est une des règles permettant de se prémunir des risques d'intoxication. Or, moins de 10 % des applicateurs le font et moins de 50 % se douchent en fin de journée.


(1) Appel gratuit : 0 800 887 887.

Source Réussir Grandes Cultures Mai 2010

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