Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des bases sanitaires

Christophe LE MAUX & Dr Didier GUERIN

Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des bases sanitaires

Entrée de nouveaux animaux => La gestion de vos introductions d’animaux représente un axe d’action essentiel afin d’éviter l’entrée de nouvelles maladies dans votre élevage. Ce point fait partie d’une des quatre étapes de la « sanitaire’ attitude ».

Au-delà des dépistages obligatoires, les risques sanitaires lors d’introduction de bovins, peuvent aussi être occasionnés par d’autres maladies spécifiques ou des syndromes d’élevage (diarrhées, grippes…) d’où l’importance de la maîtrise des points à risque. L’application d’une méthodologie adaptée pour vos bovins introduits constitue une base primordiale. Elle s’appuie sur des mesures simples, peu onéreuses… dont le non-respect peut avoir des conséquences catastrophiques !

Une méthodologie à connaître et à réaliser avec vigilance et constance quelle que soit la saison ou les « pseudo-difficultés »

L’introduction de bovins s’appuie sur différentes étapes à connaître et à réaliser dans leur intégralité afin de ne pas hypothéquer l’avenir de votre élevage par une omission qui peut sembler mineure mais s’avérer lourde de conséquences à court ou moyen terme. Vigilance et constance dans la réalisation du suivi concourent à la réussite de cet axe d’action. Le printemps représente une période où, en matière d’introduction, notamment de vos taureaux, vitesse et précipitation peuvent être confondus avec parfois des déboires dramatiques. Il en est de même lorsque des « pseudo-difficultés » sont avancées (non-isolement, non-consultation statut de cheptel…). Cette méthodologie peut se décliner en sept étapes (cf. illustration) explicitées ci-dessous.

Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des bases sanitaires

1 -  Un statut du cheptel d’origine à investiguer (IBR, paratuberculose)

Pour certaines entités, le contrôle individuel est insuffisant voir inopérant. Il demande donc à être complété par des informations sur le cheptel d’origine, c’est le cas pour l’IBR et, surtout, pour la paratuberculose. Pour l’obtention de ces informations, notre site www.gdscreuse.fr est à votre disposition où vous pouvez consulter l’appellation IBR d’un cheptel et la liste des élevages creusois sous apport de garantie conforme au référentiel national en matière de paratuberculose. Ces éléments sont actualisés en continu et sont également disponibles sur simple demande auprès de nos services.

2 -  Un Billet de Garantie Conventionnelle (BGC) à signer au moment de la vente

Le BGC est un outil technique et financier par lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent sur l’annulation possible de la vente en cas de résultats positifs vis à vis des maladies non-concernées par la rédhibition (maladie des muqueuses, paratuberculose). Il est à signer au moment de la vente par les deux parties. Il est à votre disposition chez votre vétérinaire, à GDS Creuse et dans les GDA. Avec la reprise possible des animaux en cas de résultats défavorables, il permet aussi l’apport d’aides aux analyses par GDS Creuse.

3 -  L’introduction : l’achat mais aussi toute autre entrée dans le cheptel

Tout contact avec des animaux ou des moyens de transports extérieurs peut être source de contamination. Donc, tout prêt, mise en pension, participation à un rassemblement, retour de marché, passage d’un élevage à un autre pour un animal en copropriété, transport par un moyen « collectif »… est à considérer comme une introduction et requiert une application adaptée de la méthodologie.

4 -  Une identification adéquate du bovin et une adéquation entre l’identification du bovin et ses « papiers » à vérifier

L’identification des bovins est de la responsabilité de l’éleveur en charge du cheptel où le bovin est détenu. Il convient donc de vérifier la bonne identification du bovin lors de son entrée dans votre élevage et de refuser tout animal mal identifié. L’animal introduit doit être accompagné de son passeport (« carton rose ») avec l’attestation sanitaire (ASDA ou « carte verte »). Il sera vérifié l’adéquation entre les informations portées sur ces deux documents et le bovin, la mention de la date de départ et des informations relatives à l’ICA (Information sur la Chaine Alimentaire, cf. article du 29/03/2013) et la présence de la signature du précédent détenteur. L’ASDA datée et signée est valable 30 jours. Le bovin ne peut pénétrer dans votre exploitation que si ces éléments sont conformes.

5 -  Un isolement du bovin à assurer… même face au sentiment « d’urgence », notamment pour un taureau en cette période

Tout bovin introduit est en phase de stress dont l’importance est fonction des conditions de transport. Cela implique que l’animal est en déséquilibre immunitaire. De plus, s’il est passé par un transport collectif, il peut être infecté transitoire en BVD. Il est donc nécessaire d’attendre les résultats d’analyses et de l’isoler pendant 15 jours minimum après son arrivée, ce qui signifie que ce dernier ne peut être en contact avec les autres animaux de votre troupeau. Cet élément se révèle essentiel (de nombreux exemples pour l’illustrer) pour limiter la contamination de votre cheptel par de nouvelles pathologies (maladies spécifiques mais aussi germes variés de diarrhées ou de grippes).

Introduction de bovins au printemps. Maîtrise des points à risque et respect des bases sanitaires

6 -  Une notification d’entrée à effectuer rapidement

Vous avez à effectuer la notification d’entrée auprès de l’EDE dans les 7 jours qui suivent l’introduction. Cette obligation administrative sera nécessaire pour l’édition de la nouvelle ASDA du bovin.

7 -  Un contrôle d’introduction à faire réaliser dans les 10 jours par votre vétérinaire sanitaire avec une prescription des analyses adaptée et concertée

Le contrôle à l’introduction est à réaliser dans les 10 jours qui suivent l’introduction. Après relevé de l’identification du bovin et des conditions d’isolement, votre vétérinaire sanitaire, en concertation avec vous, détermine les recherches à effectuer. Sauf cas de dérogation, la recherche IBR est obligatoire. Une attention est portée sur les situations particulières nécessitant le dépistage brucellose et/ou tuberculose avec une mention spécifique pour cette dernière maladie du fait de sa recrudescence dans certains départements. Le dépistage virologique BVD est réalisé systématiquement. Ensuite (cf. tableau), il convient d’investiguer de manière spécifique la paratuberculose en fonction du profil du bovin (race, âge, statut cheptel d’origine…avec nécessité de prélèvements de sang et de fèces) et de la BVD (sérologie complémentaire chez les vaches gestantes).

Des aides techniques et financières de GDS Creuse

Lors de tout résultat d’analyse positif, nous prenons contact auprès de votre vétérinaire sanitaire et de vous-même pour étudier les actions complémentaires à mettre en place. Nous prenons en charge pour nos adhérents, avec la participation du Conseil Général, le dépistage systématique virologique BVD PCR et 50 % des frais des autres analyses lors de l’utilisation du BGC.

Le suivi des échanges d’animaux, une étape essentielle de la « sanitaire’ attitude »

Une gestion adéquate des introductions représente une des bases de la gestion sanitaire de votre troupeau. L’utilisation du BGC est essentielle et le respect des mesures sanitaires permet d’éviter d’importants problèmes. Au-delà des dépistages historiques (tuberculose, brucellose), le dépistage s’oriente aujourd’hui vers des contaminations par de nouvelles pathologies (maladies spécifiques mais aussi germes variés de diarrhées ou de grippes). Chaque entrée nécessite une attention afin de définir les mesures en fonction des cas particuliers. Cela montre la nécessité d’une discussion spécifique avec votre vétérinaire sanitaire lors de chaque introduction. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier