Introduction des bovins : je peux déroger au contrôle IBR tout en restant vigilant

Christophe LE MAUX & Dr Boris BOUBET

Introduction des bovins : je peux déroger au contrôle IBR tout en restant vigilant

Introduction de bovins => La gestion des introductions d’animaux dans mon élevage s’inscrit dans notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! », axe d’action majeur pour éviter l’entrée de nouvelles maladies dans mon cheptel.

Contrôle à l’introduction. Un panel d’analyses à adapter à chaque situation

Introduction des bovins : je peux déroger au contrôle IBR tout en restant vigilant

L’évolution de la réglementation, notre situation épidémiologique très favorable pour la brucellose, la tuberculose et l’IBR permettent, sous certaines conditions, des dérogations aux analyses pour ces maladies. Il est par contre nécessaire d’être vigilant vis à vis d’autres pathologies, qu’elles soient déjà largement dépistées comme les BVD et paratuberculose ou plus nouvelles comme les besnoitiose ou néosporose. Le tableau vous donne les principales indications. Nous vous apportons quelques éléments complémentaires.

IBR : à contrôler 15 à 30 jours après l’arrivée du bovin dans le cheptel

Le risque de contamination le plus important se situe aujourd’hui entre le cheptel de départ et celui d’arrivée, 3 cas creusois 2016 l’ont illustré, d’où l’évolution de la réglementation qui impose de réaliser le contrôle IBR à l’introduction 15 à 30 jours après l’arrivée du bovin dans le cheptel, 15 jours étant le temps minimum pour observer la séroconversion. Une dérogation au contrôle IBR peut intervenir si le bovin est issu d’un « cheptel indemne en IBR » avec un transport direct entre les cheptels d’origine et d’arrivée. Une demande est alors à effectuer auprès de nos services. Lors de dérogation au contrôle IBR, le contrôle à l’introduction pour les autres maladies (BVD, paratuberculose, besnoitiose, néosporose) est à réaliser dans les 10 jours qui suivent l’arrivée du bovin.

BVD : connaître le statut de chaque bovin introduit

L’introduction est une cause de contamination BVD des troupeaux. Depuis 2006, chaque bovin avec contrôle d’introduction est testé pour s’assurer qu’il n’est pas IPI, GDS Creuse prenant en charge à 100 % des frais d’analyse. L’augmentation des dérogations IBR depuis l’automne associée à un relâchement sur le dépistage de la BVD constitue un risque sanitaire global vis-à-vis de cette maladie, des IPI introduits déclenchant la maladie après contamination du cheptel viennent d’être identifiés. Le contrôle BVD à l’introduction de tout bovin sans statut BVD est donc impératif.

Besnoitiose, une vigilance face à l’extension de cette maladie

Comme vous l’a indiqué l’article du 26/05/2017, la besnoitiose est une maladie émergente avec une progression inquiétante. Cette pathologie ne semble actuellement pas présente en Creuse. Face à cette situation, pour limiter l’introduction de cette maladie, un dépistage à l’introduction est à effectuer sur tout bovin provenant d’une autre zone.

Néosporose, un contrôle de toute femelle destinée à la reproduction

La néosporose est une maladie parasitaire, la transmission se faisant par l’ingestion de fourrages contaminés par des déjections de chien, ou verticalement de la mère à la fille. Sur les bovins, cela peut provoquer des avortements, les races laitières semblent plus sensibles mais des cas ont été mis en évidence sur des vaches allaitantes avec le kit d’analyses avortement. Un contrôle néosporose est donc recommandé sur toute femelle destinée à la reproduction.

L’introduction d’un animal est un facteur majeur de risque de contamination. L’animal introduit arrive avec son microbisme ; le stress du transport, le changement d’exploitation et de conditions d’élevage favorisent la réactivation des maladies. Une méthodologie simple, peu onéreuse permet d’avoir des introductions sans conséquences néfastes voire catastrophiques. C’est une composante essentielle de la biosécurité.

Pour toute introduction, je suis la méthodologie en respectant chaque étape…

  • 1 -  JE DEMANDE le statut IBR et paratuberculose du cheptel d’origine

Pour certaines entités, le contrôle individuel est insuffisant voir inopérant. Il demande donc à être complété par des informations sur le cheptel d’origine, c’est le cas pour l’IBR et, surtout, pour la paratuberculose. Pour l’obtention de ces informations, je consulte le site www.gdscreuse.fr, onglet garanties des élevages bovins. Ces éléments sont actualisés en continu et sont également disponibles sur simple demande auprès de nos services.

  • 2 -  JE SIGNE un Billet de Garantie Conventionnelle (BGC) au moment de la vente

Le BGC est un outil technique et financier (au verso, sont listées les différentes étapes, précautions, obligations et aides en Creuse) par lequel le vendeur et l’acheteur s’entendent sur l’annulation de la vente en cas de résultats positifs vis à vis de maladies non-concernées par la rédhibition (BVD, paratuberculose, besnoitiose, néosporose…). Il est à signer au moment de la vente par les deux parties. Nous envoyons un nouvel exemplaire avec chaque nouvelle ASDA et il est disponible auprès de nos services et des vétérinaires.

  • 3 -  JE SUIS VIGILANT à l’introduction mais aussi pour toute autre entrée

Tout contact avec des animaux ou des moyens de transports extérieurs peut être source de contamination. Donc, tout prêt, mise en pension, participation à un rassemblement, retour de marché, passage d’un élevage à un autre pour un animal en copropriété, transport par un moyen « collectif »… est à considérer comme une introduction et requiert une application systématique de cette méthodologie.

  • 4 -  JE VERIFIE l’identification du bovin et l’adéquation avec ses « papiers »

L’identification des bovins est de ma responsabilité. Je vérifie donc la bonne identification du bovin lors de son entrée dans mon élevage et refuse tout animal mal identifié. L’animal introduit doit être accompagné de son passeport (« carton rose ») avec l’ASDA (ou « carte verte »). Je vérifie l’adéquation entre les informations portées sur ces deux documents et le bovin, la mention de la date de départ, les informations relatives à l’ICA (Information sur la Chaine Alimentaire) et la présence de la signature du précédent détenteur. L’ASDA datée et signée est valable 30 jours. Le bovin ne peut être accepté dans mon exploitation que si ces éléments sont conformes.

  • 5 -  J’ISOLE tout nouveau bovin même face au sentiment « d’urgence »

Tout bovin introduit est en phase de stress, dont l’importance est fonction des conditions de transport. L’animal est alors en déséquilibre immunitaire, avec un microbisme différent du cheptel introducteur. L’isolement se révèle essentiel pour éviter la contamination de mon cheptel par de nouvelles pathologies, notamment en matière de BVD et plus particulièrement les animaux infectés transitoires. J’isole donc tout nouveau bovin pendant 15 jours minimum après son arrivée et jusqu’à l’obtention des résultats d’analyses. L’isolement signifie que ce dernier ne peut être en contact avec les autres animaux de mon troupeau. Cet élément est primordial, de nombreux exemples l’illustrent.

  • 6 -  JE DETERMINE avec mon vétérinaire sanitaire les analyses complémentaires

Pour tout bovin introduit, une réflexion spécifique est à effectuer avec mon vétérinaire sanitaire pour déterminer les éventuelles analyses à effectuer (cf. encadré).

… avec des aides techniques et financières de GDS Creuse

Lors de tout résultat positif, nous prenons contact avec le vétérinaire sanitaire et l’éleveur, pour étudier les actions complémentaires à mettre en place. Nous prenons en charge, avec la participation du Conseil Départemental, le dépistage systématique virologique BVD PCR et 50 % des frais des autres analyses lors de l’utilisation du BGC. Le surcoût analytique se situe ainsi autour d’une quinzaine d’euros à comparer à la valeur du bovin introduit et aux risques sanitaires, donc, notamment économiques, pour mon élevage.

La vigilance à l’introduction, une composante essentielle de la biosécurité

Les règles administratives concernant les différentes maladies n’ont qu’un objectif, assurer une sécurité pour l’élevage introducteur. Ce qui est souvent vécu comme une contrainte n’est en fait que l’application de règles sanitaires visant à protéger les élevages. C’est à chacun de se les approprier, afin de s’assurer de ne pas introduire de pathologie, en n’oubliant jamais la règle de base, l’isolement. Chaque situation a ses particularités. Cela montre la nécessité d’une discussion spécifique avec mon vétérinaire sanitaire lors de chaque introduction. Pour toute information complémentaire, je n’hésite pas à contacter mon vétérinaire sanitaire ou nos services.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier