JA 44 a dit non à la grande braderie de l’installation : la mobilisation a payé !

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JA 44 a dit non à la grande braderie de l’installation : la mobilisation a payé !
« JA 44 refuse de brader l’installation, l’avenir passe par les jeunes ». © FNSEA-JA44

À la lecture du projet de loi de finances pour 2013, JA constatait avec consternation qu’après des mois d’opération séduction à coups de propos rassurants exprimés à maintes occasions, c’était en fait une véritable braderie qu’annonçait l’État sur l’accompagnement aux porteurs de projet.

Les réactions du réseau JA ne se sont pas faites attendre : en deux jours, plus de 70 actions ont dénoncé la mise à mort des installations et du renouvellement des générations en agriculture décidée par le gouvernement.
Mardi 9 octobre dernier, les membres du conseil d’administration de JA 44 s’étaient réunis devant la Direction départementale des territoires et de la mer afin de dénoncer le projet de Loi de Finances 2013 qui dilapidait la politique de soutien aux jeunes installés en agriculture. Sur des bâches tendues contre les grilles de l’administration, ils avaient inscrit, noir sur blanc, les messages d’alerte adressés au gouvernement : « Non à la braderie de l’installation : JA 44 demande le maintien du budget de l’installation », « JA 44 refuse de brader l’installation, l’avenir passe par les jeunes ». Partout en France ces messages ont été relayés, afin de faire fléchir le vote de la Loi de finances 2013 qui doit avoir lieu dans les jours à venir.
Et la mobilisation a payé ! Mercredi dernier, François Thabuis, président de JA national, et Joël Clergue, responsable du dossier RGA, ont rencontré Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et Philippe Manguin, son directeur de cabinet, pour aborder cette problématique du budget de l’installation. La mobilisation générale de JA sur tout le territoire et les plus de 2000 signatures réunies en 48 h sur la pétition « Soutenez l'installation de Jeunes Agriculteurs sur le territoire français ! » ont réussi à faire fléchir le ministre. Il annonçait, à la suite de la rencontre, une conservation du budget sur l’enveloppe du Fonds d’incitation et de communication pour l’installation en agriculture (Ficia) ainsi que 6 000 installation financées pour 2013.

Candice Barbo

LE MOT DE FRANÇOIS GUYOT, PRÉSIDENT DE JA 44

Lui, candidat, s'était engagé dans une dynamique autour de l'installation des jeunes en agriculture. La Jeunesse au cœur d'un programme dit ambitieux pour la dynamique agricole !
Lui, président, à la rencontre des agriculteurs lors du dernier Space, s'était engagé avec son ministre de l'agriculture à donner « la priorité à la jeunesse agricole », soi-disant conscient de l'impact qu’elle représente sur l'économie, c'est-à-dire 5 à 6 emplois induits de créés pour un agriculteur installé.
Les paroles et les actes ne semblaient pas être en accord au gouvernement. Un mois après cette dernière déclaration, notre structure JA nationale découvrait, sous une présentation trompeuse, que le gouvernement s'apprêtait à sabrer la politique d'installation et de transmission, source même du renouvellement des générations en agriculture. En effet, dans le projet de loi de finances 2013, le budget accusait une baisse de 30 % sur les lignes installations. De cette manière, comment l'agriculture de demain pourrait-elle rester un secteur économique primordial pour l'économie française ? Et surtout, comment réussirait-on à répondre à cet objectif, annoncé par le ministre, de 6 000 installations en 2013 si, dans les faits, les moyens d’y parvenir nous étaient amoindris ?
Notre agriculture forte de sa jeunesse ne peut se résoudre à voir les prêts bonifiés diminuer de 40 %. Car la ligne directrice du ministère était claire : supprimer tout accompagnement pour les porteurs de projet et pour les futurs cédants. Le budget Pidil, lui, était amputé de 4 millions d’euros remettant en question les Points info installation / transmission. Le constat de ces annonces était simple : une telle diminution du budget signait l’abandon de l’accompagnement des futurs agriculteurs, et le naufrage du renouvellement des générations en agriculture.
Le réseau JA a pris cette braderie à l'installation comme une réelle provocation. C'est dans ce cadre que tous les départements français ont vivement réagi, lundi et mardi dernier, afin de montrer au gouvernement que même après des mois d'opérations séduction, JA ne se laissera pas berner. Nous, Jeunes Agriculteurs, avons ainsi rappelé au ministre qu’il est hors de question de laisser ainsi saccager l’installation des futurs agriculteurs, qui constituent les forces vives de l’avenir de nos territoires. Freiner l’installation et la transmission en agriculture, c’est également encourager l’agrandissement et la spécialisation des exploitations agricoles : est-ce là le projet national pour l’agriculture française ?
Mais le gouvernement n'est pas le seul à vouloir enrayer la dynamique autour de l'installation. On peut se demander, en effet, ce que font les soi disant travailleurs de l'ombre, tout juste capables d'éditer un « livre noir à l'installation » remettant en cause tout le travail effectué autour du dossier. Nous ne les avons pas entendus défendre le budget agricole et encore moins celui alloué à l'installation. Il semble plus aisé de piétiner le travail de la profession que d'affronter un gouvernement dont ils ont prôné la grande capacité à engager un vrai programme sur l'installation. Nous, JA, avons l'avantage de ne pas avoir politisé nos discours et avons donc pu faire reculer le gouvernement. La rencontre des responsables nationaux avec le ministre a été fructueuse grâce à la mobilisation de tout le terrain. Ce travail va permettre à tous les futurs installés de pouvoir continuer à bénéficier d'un parcours à l'installation solide et efficace. Ce parcours dédié aux jeunes est à l'image de la vision de JA, c’est-à-dire ouvert à tous, pour tout type de productions, d'élevage, de culture, de bio, de conventionnel... et tous modes de transformation et de commercialisation. Le réseau JA peut être fier de son travail sur l'installation et fier des avancés obtenues ce mercredi.

Propos recueillis par
Candice Barbo

LE MOT DE TONY LUAIS, RESPONSABLE INSTALLATION DE JA 44

Le ministère nous annonçait un objectif ambitieux de 6 000 installations, alors que cela correspondait aux chiffres de 2008… De plus, dans son budget global, il intégrait la taxe sur le changement de destination des terres : 27 millions selon lui, alors que ce montant n’était que de 3 millions fin 2011. Cette taxe ne doit pas financer les installations, mais des projets innovants durant les 5 premières années d’installation ou des mesures en faveur de l’accès au foncier. La taxe permettait en fait au ministre de l’Agriculture de gonfler artificiellement le budget en faveur de l’installation, d’où notre désaccord sur les chiffres annoncés dans un premier temps.
Ensuite, à la lecture du projet de Loi, nous constations une baisse globale de 10 % du budget agricole, et surtout, une diminution de 30 % sur les lignes installation ! Dans la ligne de mire de ces fortes réductions de budget : la Dotation jeune agriculteur (DJA), les prêts MTS-JA, les Fonds du programme pour l’installation et le développement d’initiatives locales (Pidil) et les stages à l’installation.
Compte tenu de ces propositions inadmissibles, nous avons demandé à ce que le gouvernement maintienne au minimum le budget pour financer les 6 000 installations demandées par le ministère. Nous l’avons obtenu ! Nous demandions également à ce que l’État maintienne l’enveloppe du Ficia qui finance le Pidil, seule ligne restant pour financer les Points info installation et les Répertoires départ installation, gages de réussite du renouvellement des générations en agriculture. Là encore, nous avons obtenu gain de cause ! Ces engagements positifs sont le fruit de la mobilisation de tout notre réseau, et de la qualité de notre expertise.

Propos recueillis par
Candice Barbo

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