Jacques Mézard et les chambres d'agriculture en quête de "possibles convergences"

Lise Monteillet

Le ministre de l'Agriculture a engagé le dialogue avec la profession agricole. Il s'est exprimé lors d'une session de l'APCA, à Paris... Puis au micro de Pleinchamp. Il revient sur les conditions de sa nomination, ses rapports avec Nicolas Hulot et ses priorités pour l'agriculture.

“Je sais ce que c'est que la Safer, je sais ce que c'est qu'un broutard, je sais ce que c'est qu'un rat taupier... Cela ne veut pas dire que je sais tout”. Pour sa première rencontre avec la profession agricole, Jacques Mézard s'est présenté comme un élu de la ruralité, proche des agriculteurs. Le nouveau ministre a profité d'une session de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), le 18 mai, pour engager le dialogue.

Il a d'abord salué son “ami” Patrick Escure, le président de la chambre d'agriculture du Cantal. Originaires du même département, tous deux se côtoient depuis longtemps. Patrick Escure décrit Jacques Mézard comme une personne “très à l'écoute, un gros travailleur”. Le représentant du Cantal poursuit : “on ne s'y attendait pas forcément mais nous sommes satisfaits de cette nomination. Jacques Mézard vient d'un territoire très rural, de montagne, d'élevage, il est sensibilisé aux questions agricoles”.

Cette nomination est une surprise de ce gouvernement. Jacques Mézard prétend ne pas l'avoir sollicitée. Mais il n'a pas hésité à accepter la proposition. “ J'ai dit oui parce que je suis un homme de nos territoires (…) Je connais le monde rural, je l'aime”. Il ajoute : “il paraît que j'ai mauvais caractère, vous vous en rendrez compte. Cela n'empêche pas de trouver des solutions consensuelles”.

“Possibles convergences” avec l'APCA

“Soyez le bienvenu” a déclaré Claude Cochonneau, le président de l'APCA. Ce dernier voit “plusieurs possibles convergences” entre les propositions des chambres d'agriculture et le programme du président Macron. Il cite ainsi les états généraux de l'alimentation, la simplification et le plan d'investissement de 5 milliards d'euros. Mais Claude Cochonneau s'inquiète aussi des relations à venir avec d'autres ministères. “Monsieur le ministre, vous avez déclaré vouloir protéger les paysans. Pour ce faire,votre action sera déterminante. Mais vous devrez aussi mobiliser vos collègues du gouvernement : le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, et le ministre d'État de la Transition écologique, Nicolas Hulot”, interpelle-t-il.

Réponse de Jacques Mézard : “une petite porte entre les deux jardins” du ministère de l'Agriculture et de la Cohésion des territoires sera ouverte, afin de travailler ensemble. Il annonce s'être déjà entretenu avec Nicolas Hulot. “Je n'ai pas la réputation d'être extrêmement écologiste”, indique-t-il. Néanmoins, il se veut optimiste : “nous allons pouvoir travailler ensemble, sans a priori (…) C'est un homme intelligent, le travail qu'il a fait avec la fédération nationale bovine en est l'illustration”.

“Besoin de paysans”

“La France a besoin d'une agriculture forte, elle a besoin de paysans”, martèle Jacques Mézard. L'occasion pour Claude Cochonneau de mettre le doigt sur un sujet épineux : “Si les agriculteurs comprennent les attentes des consommateurs, ils déplorent une contradiction : plus et mieux pour moins cher, c'est juste impossible”. “Je serai avec vous dans ce combat”, assure le ministre. Celui-ci entend “lancer rapidement les états généraux de l'alimentation”. Mais il prévient : “il ne faut pas que ce soit une guerre de tranchée”. Il compte s'appuyer sur un message fort pour convaincre : “affaiblir l'agriculture, c'est affaiblir les autres secteurs”.

Parmi les autres chantiers qui vont être amorcés, un droit à l'erreur va être mis en place. L'investissement sera dynamisé grâce à un plan de 5 milliards d'euros sur le quinquennat. “J'ai contribué pour une modeste part au programme d'Emmanuel Macron”, confie-t-il. ”J'ai poussé dans un sens qui m'a paru être celui du réalisme”.

Des limites

Le ministre semble moins à l'aise lorsqu'il s'agit d'évoquer les questions européennes. “C'est un dossier dans lequel je vais me plonger. Ne me demandez pas aujourd'hui de tout savoir sur tout”, explique-t-il.

De même, il rappelle les limites budgétaires à son action : “ne me demandez pas de faire pousser l'argent”. “Nous devons faire des efforts dans le fonctionnement pour concentrer au maximum des marges de manoeuvre sur l'investissement”, précise-t-il. Il adresse ainsi un premier message à l'attention des chambres d'agriculture : “je vous demande de mutualiser au maximum”.

Pour en savoir plus : 

Monsieur le ministre… Au boulot !

Jacques Mézard, nouveau ministre de l’Agriculture et de l'Alimentation

Portrait : Jacques Mézard, élu d'un département rural à l'agriculture

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Commentaires 12

BANANE381

Un nouveau ministre, oui , beaucoup de blabla pour ne rien dire, ni faire de plus que son prédécesseur, le système doit continuer sa route envers et contre tout, Mr MEZARD est promis à une belle retraite sur le dos de ces collègues, devenus une valeur marchande
très lucrative pour nombres de personnes

@bou21

Oui c est la ruine.... Ah je croyais que les ruines étaient en agriculture conventionnelle , les suicides y sont en tout cas, oui tu as raison ne change rien
Et bien sûr il n y a que les francais qui produisent bien , les autres en bio utilisent forcément des pesticides même interdit
Quant à la santé on peut importe la santé des francais s en portera mieux , les lieux à problèmes sont les lieux d épandage pas les faibles résidus sur les legumes

@duracuire

Encor un paysan atteint d cette maladie , croire qu il n y a qu eux qui travaillent et qui servent à quelque chose , je tous qu il te faut sortir un peu , et surtout du vase clos

mouton23220

Les chambres d'agricultures coûtent 780 millions d'euros au budget de l'état et ne sont que des annexes de la FNSEA qui ne servent à rien !
Refondons les ! Dégraissons les !
Pas besoin de tous ces ronds de cuirs payés à faire des réunions stériles et ruineuses !
Pas besoin de ces structures pour inciter à consommer davantage d'intrants. Bayer, Monsanto, John Deer, etc, font déjà ce boulot.
Ceci permettra de retrouver les fonds que l'état retient encore de la PAC 2016 et de nous verser dans les délais normaux la PAC 2017.
On ne demande pas au ministre de l'agriculture de faire pousser de l'argent, mais juste de veiller à ce que les prix soient "justes" et les marges équitablement réparties.

bou21

Produire Bio ,c'est la ruine de l agriculture francaise .Si c'est pour se laisser envahir pas des produits importés qui utilisent des phytos interdits chez nous ,meme qui sont utilisés par le bio européen ,je ne sais pas à quoi ca sert ...Le consommateur sera largement perdant pour sa santé...

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