Jean-Luc Paris, président de l'ADASEA du Calvados : Il faut imaginer l'avenir ensemble

Thierry Guillemot

Jean-Luc Paris, président de l'ADASEA du Calvados : Il faut imaginer l'avenir ensemble

L'assemblée générale de l'ADASEA du Calvados se tient mercredi prochain (de 14 h à 17 h à Colombelles) dans un contexte particulier. La crise agricole génère une mise en sommeil de projets d'installations classiques alors que ceux qui sortent des sentiers battus s'affirment. Pour l'ADASEA, il faut s'adapter. Entretien avec Jean-Luc Paris, son président.

Comment se porte l'installation en 2010 ?

2010 démarre plus qu'au ralenti. Les six premiers mois ont été très calmes. On espère cependant que le second semestre sera meilleur, voire bon. Il est vrai que certains projets sont en stand-by mais d'autres sont dans l'attente d'une éclaircie par rapport à la conjoncture économique.

Qui s'installe aujourd'hui ?

Ce sont des projets qui sortent des sentiers battus. Des projets atypiques et de diversification : petites niches, nouveaux débouchés, cultures légumières (...). Un phénomène qui a démarré en 2009 et qui a représenté 20 % des installations.

Ce sont des projets durables ?

A court terme oui. Pour le moyen et le long terme, nous n'avons pas de certitudes.

Quelle est la tendance sur le secteur laitier ?

On assiste à un gros coup d'arrêt avec des projets ajournés du fait du prix du lait. Ça tire vraiment très dur mais bizarrement, malgré les mauvais cours des produits agricoles, les niveaux de reprise des exploitations n'ont pas réellement baissé. Alors forcément, dans un certain nombre de cas, les banquiers ne suivent pas.

Quelles conséquences de cette mauvaise passe sur la structure que vous présidez ?

Nous avions anticipé. Quand ça va mal dans le secteur agricole, il faut que les organismes qui gravitent autour sachent aussi se serrer la ceinture. En 2009, le départ en retraite de secrétaires ne s'est pas soldé par des remplacements. Conséquence, nos charges de personnel 2010 seront moins importantes. C'est malheureusement un repli sur soi mais nous n'avons pas le choix d'autant plus que, parallèlement, nous subissons la continuité du désengagement financier de l'Etat dans la politique d'instruction des dossiers à l'installation.
Les deux phénomènes se conjuguant, il faut faire des cabrioles pour équilibrer, voire simplement tenter d'équilibrer, nos budgets.

N'est-ce pas l'occasion de miser sur un rapprochement régional pour faciliter des économies d'échelle ?

Ça fait partie de notre réflexion. Si on veut continuer à être présent demain dans une politique d'installation au service du syndicalisme et plus particulièrement au service des jeunes agriculteurs, une des solutions serait de se rapprocher des ADASEA voisines puisqu'entre la Manche et l'Orne, nous avons les mêmes gabarits, les mêmes activités, le même potentiel... Il faut imaginer l'avenir ensemble.

A quelle échéance ?

La balle est dans le camp de chacun. Pour le Calvados, nous sommes apparemment prêts à y aller. L'ADASEA de la Manche aussi est prête à fédérer les énergies conjointement. On attend l'ADASEA de l'Orne qui poursuit sa réflexion.

Y aura-t-il un thème particulier débattu lors de vos travaux ?

Nous faisons intervenir Roger Le Guen, enseignant et chercheur à l'ESA d'Angers. Il planchera sur “l'installation et la transmission : approche économique et sociologique” pour nous donner un peu de perspectives. Quand ça va mal, on a tendance à broyer du noir mais il faut aussi savoir se projeter en avant. Dans le monde économique, il y a des hauts et des bas et même si le bas dure un peu plus longtemps, on devrait être amené à rebondir dans les années prochaines. Le renouvellement des générations en agriculture a donc encore un bel avenir.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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