Jean-Michel Lemétayer : Le plan Sarkozy « va dans le bon sens, mais... »

Le président de la Fnsea estime que le plan d'urgence pour l'agriculture présenté par Nicolas Sarkozy va dans le bon sens mais qu'il ne peut remplacer une réelle politique de soutien des prix.

« Ce plan va dans le bon sens mais jamais un plan aussi important soit-il ne remplacera une politique des prix pour assurer un bon revenu à nos paysans », a déclaré M. Lemétayer.

« Nous disons au président +chiche+. Mettez-le rapidement en oeuvre, de manière simple et efficace, de façon à ce que nos producteurs puissent bénéficier du soutien à leur profession », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe avec les Jeunes agriculteurs (JA).

S'il a salué l'annonce d'une dotation pour les aléas écologiques « très attendue » par les agriculteurs, M. Lemétayer a rappelé que les agriculteurs espéraient un effort plus important notamment sur les charges patronales. « Là encore l'effort est là, mais il ne va pas compenser les énormes distorsions du coût du travail par rapport à nos voisins européens ».

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé un plan de 650 millions d'euros d'aide et d'un milliard d'euros de prêts à taux réduits, prévoyant notamment « d'exonérer de charges patronales les emplois saisonniers » (soit une effort de 170 millions d'euros).

Mieux contrôler « les prix et surtout les marges »

« Nous verrons l'efficacité de la France, du président, du gouvernement, dans leur capacité à entraîner les autres pays européens dans leur sillage » pour une meilleure régulation du marché européen.

Sur ce point, M. Lemétayer estime que Nicoals Sarkozy a « du pain sur la planche », s'inquiétant notamment des « accents très libéraux de la politique allemande et de Mme Merkel ».

Le président de la Fnsea a également estimé que l'État aurait pu faire un « effort plus important » par une prise en charge totale des intérêts du milliard d'euros de prêts accordés par les banques et par un remboursement total (et non de 75%) de la taxe carbone versée par les agriculteurs.

Concernant la contractualisation entre grande distribution et producteurs voulue par le gouvernement, M. Lemétayer a souligné la nécessité de mieux contrôler « les prix et surtout les marges » des producteurs.

Pour sa part, la présidente des Producteurs de légumes de France (branche de la Fnsea), Angélique Delahaye, s'est déclarée sceptique. « Qu'on commence déjà par appliquer les lois existantes avant d'en faire des nouvelles », a-t-elle dit à l'AFP, en marge de la conférence de presse.

Selon elle, l'État devrait « déjà commencer par sanctionner les grandes surfaces » qui forcent les producteurs à baisser les prix sans contrepartie en les menaçant de les rayer de leur liste de fournisseurs.

Source d'après AFP

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