Jean-Pierre Baucher, agriculteur à Bretteville-l'Orgueilleuse (14) : Féverole : Un premier essai concluant qui sera renouvelé en 2009

Thierry Guillemot

Jean-Pierre Baucher, agriculteur à Bretteville-l'Orgueilleuse (14) : Féverole : Un premier essai concluant qui sera renouvelé en 2009

Agriculteur à Bretteville-l'Orgueilleuse dans la plaine de Caen, Jean-Pierre Baucher n'avait encore jusqu'à l'an dernier jamais tenté la féverole. Mais échaudé par les faibles rendements en pois qu'il a finalement abandonné il y a deux ans et par la baisse du prix du maïs, il a ajouté au menu de son assolement 2007/2008 la féverole. “3 ha 80 pour voir et se faire la main”, confie-t-il, encouragé il est vrai par Alexandre Hemet (technicien à la coopérative de Creully-14).

Un rendement de 75 q/ha

Avec un rendement 2008 de 75 q/ha, Jean-Pierre Baucher se déclare satisfait de sa tentative. Il va d'ailleurs transformer l'essai en 2009 avec 6 ha 50 (sur 60 ha de labour). Dans la rangée des plus, notre agriculteur pointe par rapport à un maïs auquel il faut apporter 120 à 130 u d'N, les “très grosses économies d'engrais avec une culture qui, de plus, permet de refaire un blé de bonne heure avec un bon reliquat d'azote”. Un argument encore plus recevable en 2008/2009 avec l'envolée du prix des engrais.
Autre atout de la féverole, les interventions culturales s'intègrent parfaitement dans le planning de travail de Jean-Pierre Baucher. “Cela permet d'étaler les travaux au moment des semis avec une implantation début février, dès que les conditions météo le permettent”. Complémentarité aussi avec les céréales au moment de la récolte. “La féverole se bat après le blé. En année standard, vers la mi-août même avec des taux d'humidité de 17/17,5 pour éviter les grains tachés”.

Acquérir un savoir-faire

“C'est une culture qui ne paraît pas très exigeante, estime Jean-Pierre Baucher. Mais Alexandre Hemet précise que 2008 a été une année favorable à l'alimentation en eau, avec une pluviométrie régulière. “Ce ne sera pas le cas tous les ans : il est préférable de donner la priorité aux terres profondes. Dans les terres argilo-calcaires ou les limons peu profonds, il faut privilégier la culture d'hiver. En sols filtrants des travaux seront conduits avec Arvalis pour tester des variétés de printemps en semis de décembre – janvier”. Autre préalable pour éviter l'échec : le suivi sanitaire. Le principal ennemi de la féverole, c'est la larve de bruche qui pique et tache le grain. Un vice rédhibitoire qui coûte très cher en fermant les portes de la valorisation sur le marché de l'alimentation humaine. Un sujet qui sera largement débattu lors du colloque féverole organisé par la coopérative en collaboration avec Arvalis - Unip, le 25 novembre prochain à Caen. “Si la pression bruche est bien présente dans notre région, on sait la combattre”, rassure Alexandre Hemet. La lutte passe par une procédure d'alerte basée sur une modélisation des risques, car on ne peut pas traiter sur l'observation du parasite puisqu'il passe quasiment inaperçu. Avec la prise en compte des dates de semis et des variétés utilisées, on prévoit les dates de floraison et les fenêtres de “risque bruche” liées aux conditions climatiques. Pour chacune des fenêtres à risques, l'alerte (par SMS) est déclenchée 48, voire 24 heures avant le seuil optimum d'intervention. Grâce ainsi à la collaboration entre Arvalis – Unip et la coopérative, la féverole est placée sous étroite surveillance. Mais cette lutte, pour être efficiente, doit être collective.
“Il faut que tout le monde traite en même temps”, insiste Alexandre Hemet. Encore un peu de travail de sensibilisation à faire à ce niveau auprès des agriculteurs et des techniciens.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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