Jeunes agriculteurs . : Les jeunes sous pression

Augmentation des charges, dépression sur les prix, intérêts d'emprunts à rembourser, pression foncière, les jeunes agriculteurs s'arrachent les cheveux

«Le foncier, les matières premières, les prix de nos produits, la protection de l'environnement, les contrôles de l'administration, le rouleau compresseur des GMS : il y a peu de domaines aujourd'hui où ne subissons pas une pression ». Cette formule énoncée en début d'après-midi par Mathieu Couthouis, représentant les cantons de La Mothe et des Sables reflète bien le sentiment des jeunes agriculteurs sur la perception de leur métier. Le tableau dressé par les 19 responsables qui se sont succédés à la tribune de l'amphithéâtre des Etablières vendredi dernier, est teinté d'amertume, d'inquiétude et de ressentiments. L'année 2010 ne laissera pas de bons souvenirs. La perspective du remboursement du plan d'aide à l'élevage initié par le gouvernement en novembre 2009 est perçue comme une épée de Damoclès. «Aujourd'hui en élevage, nous ne gagnons pas notre vie et les jeunes n'ont aucune perspective À ce train là, on n'installera plus de jeunes» déplore David Lalonnier, de Ste-Radegonde-des-Noyers. La Vendée, reconnue pour installer en nombre est descendue sous le seuil de 100 installations en 2010. Le département ne compte plus que 90 installations aidées l'an dernier contre 200 il y a 15 ans. « Peu d'installation à venir, et pour ceux qui sont en place, combien vont résister à l'augmentation des charges et des matières premières ? Si rien n'est décidé, certains vont devoir déposer le bilan » prévient Sébastien Perrin du Poiré-sur-Vie.

Trop de zonages et de contrôles

Lorsque le revenu n'est pas au rendez vous, tout devient plus difficile, voire insupportable. L'amplification des zonages et l'inflation des contrôles ne font que mettre de l'huile sur le feu. «Les contrôles Pac, sur la conditionnalité, sur les pulvérisateurs et les normes phosphore, on en a marre » déplore Damien Morisset, de La Garnache. Autour de St-Fulgent ce sont les zonages qui ne « passent plus ». «Avec les ZPS, les zones humides, les Zes, les Zre, la carte de la Vendée va devenir trop petite » observe Guénaël Brousseau. Également dans le collimateur des jeunes, les GMS, les abattoirs et les coopératives qui «ne payent pas le juste prix aux producteurs, s'engraissent sur notre dos et se gavent de nos marges »

Le juste prix

Le rapport de Pierre Chalmain sur l'évolution des prix et des marges en viande bovine a été ouvertement dénoncé. «Des chercheurs qui trouvent, on en cherche toujours » proteste Mickael Petorin. La spéculation sur les matières premières est perçue comme un véritable danger pour le métier. « Ce sont encore les entreprises et les multinationales qui vont profiter de ce système» s'inquiète Philippe Rochereau, pour le canton de Talmont.
Les jeunes cherchent des éclaircies. «Nous avons la matière première, le savoir faire, il faut le faire savoir » plaide Hélène Pagenaud, pour le canton de l'Hermenault. «Pour que notre métier soit toujours agréable à vivre, il faut limiter les risques et sécuriser nos systèmes avec la contractualisation » propose David Baudoin, responsable du canton de St-Hilaire-des-Loges.
Défendre le métier et en faire sa promotion reste la priorité des jeunes agriculteurs une nouvelle fois affirmée à cette assemblée générale.

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