Jeunes agriculteurs : L'ultimatum au préfet de Région

P. OLIVIERI

S'estimant tenus à l'écart des dernières discussions entre les entreprises et le représentant de l'État, les JA somment le préfet Stéfanini de leur apporter des réponses.

C'est de loin le pire des scénarios auxquels ils auraient pu s'attendre il y a un an au lendemain de la signature du premier accord de l'histoire des AOP d'Auvergne portant sur leur valorisation. Excédés par l'attitude des entreprises, mais aussi par l'absence d'information en provenance du préfet de Région, chargé d'un rôle de médiation, les Jeunes agriculteurs ont de nouveau décidé de faire entendre leur colère ce lundi lors d'une conférence de presse. Il faut dire que l'espoir avait refleuri fin avril, malgré un statu quo côté transformateurs, lorsque l'État, par la voix du préfet de Région, avait appelé les transformateurs “à ne pas rater la première marche” en direction des 70 euros / 1 000 litres prévus d'ici 2015. Un mois plus tard, l'espoir a laissé place à l'incompréhension et à la critique. “Le 30 avril lors de l'assemblée générale du syndicat saint-nectaire, le préfet de Région s'était engagé à faire évoluer le dossier, expose Jean-François Navarro, membre du bureau du syndicat jeune. Le 19 mai, il a réuni les entreprises, sans qu'on sache aujourd'hui quelle a été la conclusion de cette rencontre”.

“Nous ne lâcherons rien”

Et le producteur de lait de la vallée de la Cère de fulminer contre un négociateur qui “ne nous dit pas où il en est avec les entreprises”. “C'est de mauvaise augure à l'heure où l'État est censé encadrer la future politique de contractualisation”, analyse de son côté Damien Mazeyrat, responsable du dossier AOP aux JA. “Que fait l'État ? Soit il se laisse endormir par deux entreprises soit il accepte de revenir vers nous et d'apporter des réponses aux milliers de producteurs concernés”, poursuivent les Jeunes agriculteurs, exigeant du préfet Stéfanini une réponse d'ici vendredi soir, faute de quoi “nous pourrions changer de cible”. Car à l'image de leur secrétaire général, les jeunes producteurs n'entendent “rien lâcher” et au contraire “harceler les entreprises le temps qu'il faudra”. “À 30 e on ne sera jamais d'accord”, renchérit Cédric Viallemonteil qui n'a toujours pas digéré l'allusion de certains à des “petits syndicalistes grincheux”. “D'après les entreprises, les producteurs du Cantal seraient satisfaits d'une plus-value à 30 e, je les invite à venir sur une exploitation pour voir s'ils tiendront le même discours”, tempête le jeune syndicaliste ajoutant qu'en l'absence d'avancées, la tentation pourrait être grande chez les producteurs de retirer leur déclaration d'identification, et de peser ainsi sur les volumes de lait destiné aux AOP.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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