Jeunes agriculteurs : Notre travail mérite des prix”

Sophie Giraud

Les Jeunes agriculteurs confirment que les annonces du président Sarkozy ont un air de déjà vu. En aucun cas, ils ne veulent s'en contenter.

Toutes les filières agricoles avaient besoin d'un vrai bol d'air. L'ensemble des professionnels en convient. À ce besoin impérieux, le Président de la République a répondu par un nouvel endettement, pour “consolider la trésorerie des exploitations”. “C'est illusoire et à côté de la plaque”, estime Michel Queille, président des JA Massif central. “Nous demandions l'année blanche, c'est-à-dire donner la possibilité aux paysans de rembourser une année de leur emprunt en différé, dans les dernières années où courait cet emprunt”. La réponse du chef de l'État peut se résumer ainsi, selon Julien Fau, président des JA Cantal : “Travailler plus c'est s'endetter plus !” Ce n'est pas tout à fait comme cela, que ces jeunes, en choisissant ce métier, avaient imaginé leur avenir. Alors, ils vont continuer à se battre, “pour faire en sorte que cette année blanche aboutisse”, mais aussi “pour exiger un meilleur partage de la valeur ajoutée”.

Les beaux discours ont vécu

“Nicolas Sarkozy nous a parlé de régulation des marchés, de meilleure organisation de filière. Si ces déclarations d'intention vont dans le bon sens, force est de constater qu'il nous les ressert à chaque discours, à chaque campagne électorale, et en attendant, rien ne se passe !”, fustige Michel Queille. Le temps de l'action est donc venu, et les JA considèrent que la solution durable est à trouver du côté d'une politique de prix plus encadrée. “Il faut imaginer une nouvelle façon de faire du commerce avec les produits agricoles, dans l'intérêt de tous les maillons de la filière, du producteur au consommateur”, explique Gilles Amat, président des JA Auvergne. Il fait de cette question un enjeu politique, puisqu'elle conditionne la souveraineté alimentaire de la France. L'équation est très simple : “Nous produisons des denrées qui ne couvrent même pas nos charges, donc nous vendons à perte.

Mettre au pas la grande distribution

La grande distribution, sous couvert de la crise, exige des prix d'achats toujours plus bas, et au bout de la chaîne, le consommateur est floué, puisque les produits qu'il achète sont toujours aussi chers”. Ce cercle infernal où les marges ne profitent qu'à un seul maillon de la filière n'a que trop durer. “Neuf milliards de soutiens sont accordés aux agriculteurs dans le cadre de la Pac, par les citoyens européens. Neuf milliards c'est aussi le bénéfice que tirent les GMS sur les produits alimentaires français !” Face à ces chiffres, la politique de prix qu'appellent de leurs voeux les responsables agricoles est loin d'être utopique. “Aujourd'hui, nous allons poursuivre notre travail auprès des députés et des sénateurs, pour que dans le cadre de la LMA (loi de modernisation de l'agriculture) votée prochainement, nous disposions d'une porte de sortie en matière de meilleure répartition de la valeur ajoutée”, conclut Gilles Amat.

Source union du Cantal

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